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[TRIBUNE] Macky Sall : l’échappée new-yorkaise ou le paradoxe d’une ambition sans patrie ?
Bravo aux ndogous partagés aux automobilistes retardataires : quand la rue devient une grande marmite du coeur !
Tract hebdo – C’est l’heure où le soleil commence sa lente révérence sur l’Atlantique. À Dakar, Saint-Louis ou Thiès, une joyeuse effervescence s’empare des carrefours. Ce n’est pas le stress des embouteillages, mais celui de la générosité ! Bienvenue dans l’univers magique des Ndogous de quartier.
La magie du ‘système D’ et du cœur
Oubliez les protocoles et les diners guindés. Ici, le luxe, c’est le sourire. Tout commence souvent par une poignée de voisins qui décident que personne ne doit rompre le jeûne seul ou avec une simple datte au volant.
La logistique ? Elle ferait pâlir d’envie les plus grands chefs de projet ! d’abord, il y a la quête improvisée : On cotise ce qu’on peut. Quelques pièces, un sac de sucre, ou une brique de lait. Ensuite, vient le ballet des marmites : d’énormes marmites fument fièrement sur le trottoir, surveillées par des « mamans » du quartier ou des jeunes bénévoles transformés en cordons bleus d’un soir. Enfin, arrive le dressage ‘minute’ : Les gobelets s’alignent, le café Touba embaume l’air, et les sandwichs au chocolat ou à la mayonnaise se préparent à la chaîne.
Les carrefours de la fraternité
Quand le muezzin lance l’appel, la magie opère. Le taximan coincé dans le bouchon, le gardien qui ne peut quitter son poste, l’étudiant pressé ou le passant étourdi… Tous se retrouvent autour d’une même table de fortune.
« Ici, on ne demande pas ton nom, on te tend un bol. C’est ça, la Teranga en mode Ramadan ! » s’exclame un jeune organisateur, une louche à la main et le sourire aux lèvres.
C’est ce mélange unique de solidarité spontanée et de bonne humeur communicative qui fait battre le cœur de nos quartiers. On y échange des nouvelles, on se souhaite la paix, et on repart le ventre plein et l’âme légère.
Pourquoi on adore ? Parce que ces Ndogou collectifs nous rappellent que malgré la vie qui va vite, le Sénégal sait s’arrêter pour l’essentiel : l’autre. C’est une véritable cure de vitamines sociales ! Ces habitants qui offrent leur temps et leur énergie ne font pas que distribuer du pain et du café ; ils distribuent de l’espoir et de la cohésion. Alors, un immense bravo à tous ces ‘héros du quotidien’ qui font briller nos rues chaque soir !
Néné Sow, journaliste
Tract Hebdo, www.tract.sn
[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] 1er Sommet Afrique -France anglophone à Naïrobi : voici pourquoi ‘l’AFrance’ ne ‘garantira’ plus le Franc CFA en 2027 (Par Ousseynou Nar Gueye)
[L’ET DIT TÔT D’O.NG] ‘La cohabitation… d’Ouss’ au sommet : PM Sonko contre PR Diomaye (Par Ousseynou Nar Gueye)
Le cœur à gauche, l’œil aux aguets
D’emblée, levons toute équivoque : notre soutien au régime Pastef reste entier. Pourquoi ? Parce que l’échec n’est pas une option. Les attentes de la majorité des Sénégalais, et surtout de cette jeunesse qui a porté ce projet comme un bouclier contre l’injustice, sont immenses. On veut que ça marche, on veut que le « PROJET » devienne réalité, pour le bien de la Nation. Mais aimer, c’est aussi savoir dire quand le costume semble un peu serré aux entournures.L’ombre du ‘Tuteur’
Dès le début, le malaise était là, tapi sous l’euphorie de la victoire. Rappelez-vous cette phrase, presque paternelle, lancée par Sonko au Président élu : « PR Diomaye, reste à l’écart, nous allons nous battre pour toi, je vais me battre pour toi ». Un aveu de force qui, avec le recul, ressemblait à une mise sous tutelle.À mon humble avis, l’erreur de casting a commencé là. Ousmane Sonko n’aurait jamais dû s’installer à la Primature dès le jour 1. Sa place ? Super-ministre des Affaires présidentielles. Un poste au cœur du Palais pour protéger le « Projet », tout en laissant Diomaye Faye imprimer seul sa marque de Chef de l’État. Après la dissolution de juillet 2024 et ce raz-de-marée historique aux législatives du 17 novembre (130 députés sur 165, quand même !), Sonko aurait dû sagement migrer vers le perchoir. En devenant Président de l’Assemblée nationale (PAN), il aurait verrouillé le législatif, fait passer les lois comme une lettre à la poste, et laissé l’exécutif respirer.L’ombre portée du ‘Grand Frère’
Hier, dimanche 1er mars, Ousmane Sonko a encore une fois occupé l’espace. Et c’est là que le bât blesse légèrement dans ma lecture du jeu institutionnel. Depuis la victoire éclatante de mars 2024, une impression persiste : une fois encore, répétons-le, Sonko a voulu, d’emblée, s’imposer comme l’homme fort, le garant, le tuteur du régime. C’était beau, c’était loyal, mais c’était aussi le signal d’une dyarchie qui ne disait pas son nom et qui a fini par accoucher de deux béliers dans le même enclos . En politique, le silence du Président est d’or, mais la parole du Premier Ministre ne doit pas devenir du plomb qui pèse sur l’autorité du Palais.L’erreur de casting stratégique ?
Je persiste et je signe : Sonko Premier Ministre, c’est peut-être le court-circuit de trop. À mon humble avis, la place naturelle du leader du Pastef aurait dû être, je le répète, celle de Super-Ministre des Affaires Présidentielles. Pourquoi ? Pour rester au cœur du Palais, coordonner la vision, et laisser Diomaye Faye imprimer seul sa marque de Chef de l’État. Il y a là comme une chronologie ratée : Il aurait dû rester dans cette tour de contrôle jusqu’à la dissolution de l’Assemblée en juillet 2024, puis, fort de sa victoire aux législatives (remportées haut la main, rappelons-le) en novembre 2024, envisager la suite.En s’installant à la Primature dès le premier jour, il s’est exposé aux tirs de barrage quotidiens et, surtout, il a créé ce sentiment de « cohabitation interne » qui a fini de cristalliser entre le Palais de l’Avenue Roume et le Petit Palais de la corniche de l’Anse Bernard dans lequel réside le locataire de la Primature .Le risque de l’usure
Vouloir être au four et au moulin, être à la fois le bouclier du Président et le glaive du Gouvernement, c’est un exercice d’équilibriste épuisant. Pour que le Sénégal gagne, il faut que l’institution présidentielle respire. Sonko est un moteur exceptionnel, mais attention : le moteur fait vibrer la carrosserie au point de desserrer les boulons de l’État. On soutient, on espère, mais on surveille la jauge. Parce qu’à la fin, c’est le peuple qui compte.L’impasse et la ‘Cohabitation Douce’
Car voilà, la réalité économique est une maîtresse cruelle. Entre l’histoire de la « dette cachée » du régime précédent (le Salltennat de Macky) et la rupture brutale de l’accompagnement financier du FMI, le pays est dans une impasse depuis bientôt deux ans, soit à mi-mandat du PR Dimaye dans les faits. Sonko le sait. Il sent le souffle de la crise et l’impatience des foyers. Hier, dans son discours, on a senti un homme qui cherche la porte de sortie. En parlant soudainement de « cohabitation douce » avec le PR Diomaye, Sonko semble préparer son propre limogeage. C’est la stratégie du retrait tactique : laisser Diomaye seul face au bilan d’un premier mandat qui risque d’être maigre en infrastructures, en usines et en avancées agricoles.Le scénario du pire pour 2029
Le calcul est transparent : se refaire une virginité politique, se poser en recours et se présenter à la présidentielle de 2029. Pour cela, il compte sur sa majorité mécanique à l’Assemblée pour lui tailler une loi sur mesure. Mais attention ! Le Conseil constitutionnel n’est pas une chambre d’enregistrement et pourrait fort bien retoquer ce plan. La crise pastéfienn est aussi une affaire d’égos au sommet de l’État.La ‘part du Boss’ : Diomaye, l’apprenti sorcier ?
Car rendons à César ce qui appartient à Bassirou. Si nous en sommes là, c’est aussi parce que le Président Diomaye Faye a lui-même tressé les cordes pour se faire lier. Souvenez-vous de sa première sortie télévisée après le 4 avril. Face aux journalistes, il avait presque invité son Premier ministre à « regarder le fauteuil présidentiel ». Une maladresse ? Non, une théorie : celle du « Premier ministre super fort ». Eh bien, Monsieur le Président, avec ce 1er mars 2026, vous êtes servi ! Le plat est épicé, peut-être même un peu trop relevé pour l’estomac de la République.Car entre-temps, la magie du Palais a opéré. On connaît l’adage : la fonction crée l’organe. Et ici, l’organe est devenu un ego présidentiel qui a gonflé jusqu’à occuper tout l’espace sous les ors du Palais de l’Avenue Roume. Diomaye a pris goût à la stature. Son esprit s’est transformé, frôlant le messianisme : « C’est moi que le peuple attendait, c’est moi qu’il a élu. Je ne dois plus rien à personne. « Une posture de défi qui semble dire à son mentor : « Si tu penses que je te suis redevable, allons devant le peuple souverain et voyons qui il choisit entre toi et moi. » L’exemple le plus frappant de cette dérive égocentrée ? Ce fameux plan pour la Casamance, baptisé très officiellement « Plan Diomaye ». On connaissait les plans quinquennaux, les plans d’urgence, mais donner son propre prénom à un programme de développement national, c’est signer un acte de propriété sur l’espoir des Sénégalais. C’est l’affirmation d’un homme qui ne veut plus être l’ombre de personne, mais qui veut imprimer sa propre légende, quitte à ce que le « Projet » initial s’efface derrière le « Prénom ».Le risque final ? C’est le syndrome du sabordage. Si Pastef arrive en 2029 avec deux capitaines pour un seul fauteuil (Diomaye sortant et Sonko revenant), ils finiront par se couler mutuellement. Et dans ce naufrage, c’est un « troisième larron », encore inconnu au bataillon, qui ramassera la mise sur les décombres de l’espoir patriotique.On soutient le régime Pastef, oui. Mais on n’a pas signé pour un suicide politique en direct. Souriez, vous êtes gouvernés …et prévenus.Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdo (www.tract.sn) et Président d’ « Option Nouvelles Générations – Wornë Niu Dokhal », mouvement citoyen et d’engagement civiquewww.tract.snLa réforme Guirassy de l’Éducation nationale : des tablettes (aux alouettes ?) pour tous, des profs pour personne ? Un peu rassis tout ça…
Tract Hebdo – Nous disons, tout de go, au gouvernement Sonko 2, que Tract Hebdo soutient pourtant, que lui et son ministre ‘Mouss’ Guirassy font fausse route. C’est le mirage du tout-numérique. Tous les pays qui s’y étaient lancés font marche arrière vers les bons vieux livres pour lire et les cahiers pour écrire. Au Sénégal, en revanche, l’annonce fait l’effet d’un triomphe médiatique : des milliers de tablettes (10.000) vont être déversées dans nos lycées. Le narratif officiel est bien rodé : ‘réduire la fracture numérique’, ‘entrer de plain-pied dans le deuxième quart en 21ème siècle’. On nous dépeint un futur radieux où l’élève du Saloum, tablette en main, accède à la bibliothèque universelle. Pourtant, la réalité est plus prosaïque. Dans des zones où le réseau électrique relève du miracle quotidien, on se demande bien comment ces bijoux technologiques survivront à leur première décharge. À moins que le ministère n’ait prévu de fournir un groupe électrogène avec chaque étui de protection ?
Le choc des idéologies : gadget contre humain
Le débat s’enflamme et les lignes de fracture habituelles se dessinent : à gauche, l’indignation. On dénonce une ‘politique du paraître’. À quoi bon offrir un écran de tablette numérique à un enfant qui étudie dans une classe dont le toit menace de s’effondrer au prochain hivernage ou qui étudie déjà sous un abris improvisé ? L’humain est le grand oublié : des enseignants démotivés, aux indemnités de logement qui s’évaporent dans les méandres de l’administration, font face à des classes de 80 élèves avec, pour seule arme, un stylo bille sec. À droite, ce serait l’enthousiasme libéral. On salue le ‘saut technologique’. L’important, nous dit-on, c’est l’employabilité. Qu’importe si l’accord du participe passé devient une relique du passé, tant que l’élève maîtrise l’interface utilisateur. On prépare de futurs ‘consommateurs connectés’ pour le marché mondial, quitte à sacrifier la profondeur de la pensée critique au profit de la rapidité du clic.
Le naufrage du sens
L’Éducation Nationale ressemble aujourd’hui à un paquebot en dérive. On s’affaire à repeindre la coque avec les couleurs vives du modernisme pendant que, dans la salle des machines, le moteur prend l’eau de toutes parts.
La question de la pérennité de cet investissement est sur toutes les lèvres. Dans un pays où la débrouille est une institution, combien de ces tablettes finiront par alimenter les étals du marché noir de Colobane ? Vendues sous le manteau pour payer, ironie suprême, les frais d’inscription ou les fournitures de base que l’État ne garantit plus. Nous le demandons à Mouss Guirassy, qui aime tant à utiliser l’expression ‘donner du sens au sens’.
La dictature de l’image
Mais qu’importe le fond, pourvu qu’on ait l’image. Sur les pages Facebook et Instagram du ministère, les clichés sont léchés : des élèves souriants, une lumière parfaite, et le reflet bleuâtre de l’écran sur les visages. La communication a remplacé la pédagogie. On ne réforme plus pour instruire, on réforme pour ‘poster’.
Pendant que le numérique brille sous les projecteurs, l’école de la République, celle qui forge les citoyens et non des profils LinkedIn, s’éteint doucement dans l’indifférence technologique.
Dibor Faye, Journaliste
Avec Ousseynou Nar Gueye, Fondateur
Tract Hebdo
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[Le biais de Néné] Opération ‘Dakar Ville Propre’ : les balais sortent, les pauvres aussi
Tract Hebdo – C’est le grand nettoyage d’hivernage (en février). Les bulldozers sont de sortie pour libérer les trottoirs encombrés par les marchands ambulants. La consigne est claire : Dakar doit briller pour les investisseurs étrangers. On veut des avenues larges, des fleurs en plastique et surtout, ne plus voir cette économie informelle qui fait tache sur les photos satellite. Pour nous, c’est une attaque frontale contre la survie des plus démunis. On dégage le petit vendeur de café pour que le touriste puisse marcher sans encombre vers son hôtel cinq étoiles. C’est l’esthétique contre l’éthique. Notre très bonne droite, elle, savoure : l’ordre, enfin ! Une ville propre est une ville qui rassure les marchés. Tant pis si les « encombrements humains » n’ont nulle part où aller. Le maire nous promet des sites de recasement qui ne verront probablement jamais le jour, ou alors à 40 km du centre-ville. C’est la stratégie de la poussière : on la pousse sous le tapis en espérant que personne ne soulèvera le bord. Dakar sera propre, certes, mais elle risque de perdre son âme au profit d’un vernis de métropole aseptisée. Rangez vos étals, la patrouille passe !
Néné Sow, Journaliste
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[L’ET DIT TÔT HEBDO] Lois anti-homosexualité bientôt ‘durcies’ : le gouvernement Sonko 2 se trompe de cible et de siècle
Tract Hebdo – On croyait avoir beaucoup vu en matière de diversion politique, mais là, le gouvernement Sonko 2 , que nous Tract Hebdo soutenons, vient de placer la barre très haut. Dans un élan de pudibonderie législative qui confine au ridicule, nos dirigeants s’apprêtent à durcir les peines pour faits d’homosexualité. Nous sommes obligés de le dire, même si le régime Pastef a tout le soutien de ‘Tract Hebdo’. Et le clou du spectacle, c’est l’inclusion, parmi les nouvelles infractions, de ‘l’apologie’ et de la ‘promotion’ de l’homosexualité. C’est l’art de criminaliser non seulement l’être, mais aussi le dire, le penser, et même le soupçonner. Un coup de génie répressif qui ferait pâlir d’envie n’importe quel régime autoritaire des années 50.
C’est une obsession qui devient malsaine. Alors que le pays se débat avec une stagflation morose, un chômage des jeunes endémique et des infrastructures restant à construire , nos députés et ministres semblent obsédés par ce qui se passe sous les draps des Sénégalais. C’est l’arme de distraction massive par excellence. Quand le peuple a faim, donnez-lui une loi morale ! À défaut de remplir les assiettes, on prétend remplir les prisons d’un péril imaginaire.
Nous défendons les libertés individuelles et le droit de chacun à vivre sa vie comme il l’entend, sans que l’État ne s’érige en vigile des mœurs. Cette loi n’est pas seulement liberticide, elle est socialement injuste. Elle frappera, comme toujours, les plus démunis, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer la discrétion. C’est la démocratisation de la répression. L’État doit s’occuper de ce qui le regarde. Et ce qui le regarde, c’est l’économie, l’éducation, la santé. Pas la chambre à coucher des Goorgorlous et autres plus nantis, d’un capital culturel ou financier, comme dirait un fameux sociologue.
Mais l’inclusion de l’apologie et de la promotion comme infractions franchit une nouvelle frontière dans l’absurde. Qu’est-ce que l’apologie ? Écrire un article qui ne condamne pas assez fermement ? Inviter un artiste soupçonné ? Et la promotion ? Laisser un drapeau arc-en-ciel visible ? La notion est si floue qu’elle devient une arme de censure totale, utilisable contre n’importe quel opposant, journaliste ou simple citoyen jugé trop progressiste. C’est l’introduction du délit d’intention et du délit de parole dans notre code pénal.
Le gouvernement joue avec le feu sociétal pour masquer ce qui commence à ressembler à de l’incompétence économique. C’est une tactique réactionnaire : désigner un bouc émissaire facile pour détourner l’attention des vrais problèmes. Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que la ‘promotion’ de l’homosexualité est un mythe pour effrayer les masses. La vraie ‘promotion’ dont nous avons besoin est celle de l’emploi, de la justice sociale et de l’égalité des chances.
Cette surenchère répressive est un aveu de faiblesse. Un pouvoir sûr de lui et de sa vision pour le pays n’aurait pas besoin de ces lois de diversion pour exister. En focalisant le débat sur la moralité privée, le gouvernement tente de faire oublier son échec à garantir la reddition des comptes par les acteurs du régime passé et à remplir aussi les caisses du Trésor public autrement qu’avec de l’argent destiné à payer des salaires mais pas à construire des infrastructures . C’est la bonne vieille méthode : quand on ne sait pas trop bien et assez vite gérer le présent, on préfère fustiger ce qu’on fantasme comme l’immoralité du présent subjectivé et subjonctivé, et du futur proche.
Alors, chers lecteurs, préparez-vous. Bientôt, il faudra un permis de conversation et un certificat de conformité morale pour discuter politique ou société. À moins que… à moins que nous ne décidions que la vraie morale, c’est de lutter contre la pauvreté et l’injustice, et non contre nos voisins. On sera là pour le rappeler, avec le sourire de ceux qui savent que la raison finit toujours par l’emporter. Mais d’ici là, surveillez vos paroles, car on ne sait jamais quelle ‘apologie’ vous pourriez commettre sans le savoir. Quand à la sapologie, n’en parlons pas….
Néné Sow, JournalisteTract Hebdowww.tract.snCombat de lutte Reug Reug – Boy Niang 2, l’arène se réveille le 7 juin : nos poches devront le faire aussi
Tract Hebdo – Enfin la délivrance… ! Après une série de blessures imaginaires, de reports diplomatiques et de négociations de coulisses dignes de l’ONU, le combat Reug Reug – Boy Niang 2 a été officialisé pour le 7 juin 2026. L’arène nationale va vibrer, les tympans vont exploser, et les promoteurs vont se frotter les mains. C’est le retour des gladiateurs modernes, prêts à se massacrer pour le plaisir des foules et le plus grand bien de leurs comptes bancaires.
Ce duel explosif est présenté comme le choc des titans de la banlieue. D’un côté, la force brute de Reug Reug, le foudre de guerre qui semble avoir été sculpté dans le granit. De l’autre, la technique raffinée de Boy Niang 2, le génie de Pikine, capable d’esquiver une pluie de coups. C’est le yin et le yang de la lutte sénégalaise, mais avec des muscles gonflés à l’anabolisant naturel.
Nous nous interrogeons sur le sens de cette passion nationale pour des hommes qui se tapent dessus pour de l’argent. Est-ce un simple divertissement, ou une diversion massive pour nous faire oublier la précarité de nos vies ? La lutte est le miroir de notre société : violente, inégale, mais ô combien passionnante. Si seulement nos politiciens avaient le courage de ces lutteurs de s’affronter à la loyale, sans coups fourrés ni trahisons !
Le 7 juin, Dakar sera à l’arrêt. Les salons des maisons (et des bars aussi, astafourllah) seront pleins, les rues désertes, et les prières monteront vers le ciel pour que le gris-gris et le saafara de leur champion soient les plus puissants. Car la lutte au Sénégal, c’est 50% de technique, 50% de force, et 50% de mystique. Oui, 150%, car on ne lésine pas sur les moyens. Les promoteurs, eux, calculeront les profits avec une précision de changeur de monnaie de la rue de Thiong, pendant que les supporters s’écharperont sur les réseaux sociaux.
Il faut dire que la lutte est aussi un ascenseur social pour des milliers de jeunes issus de quartiers défavorisés. Devenir champion, c’est sortir de la misère, s’acheter une villa et devenir le héros d’une nation. C’est le rêve sénégalais à portée de poing. Mais pour un champion, combien de carrières brisées, de corps meurtris, de rêves évanouis ? La face cachée du sport n’est pas aussi glorieuse que les images des combats.
Vivement le 7 juin ! Que le meilleur gagne, et que le spectacle soit à la hauteur des millions investis. De toute façon, quel que soit le résultat, le vrai vainqueur sera le système qui fait de la lutte le principal exutoire d’une jeunesse en manque de perspectives. Et si Boy Niang 2 et Reug Reug ne se blessent pas d’ici là, bien sûr. Avec eux, tout est possible. Surtout l’impossible.
Néné Sow, JournalisteTract Hebdowww.tract.snDalifort-Foirail : trois ans pour construire un commissariat de police… ! Enfin sécurisés ?
Tract Hebdo – C’est la fête au village à Dalifort-Foirail ! Après trois ans d’attente, trois longues années de promesses et de chantiers en pointillés, le commissariat de police d’arrondissement a enfin été inauguré ce jeudi 26 février. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, arborant un sourire de circonstance (probablement sponsorisé par une marque de dentifrice nationale), a coupé le ruban inaugural. Il était temps. Trois ans pour construire un commissariat, c’est à peu près le temps qu’il faut pour bâtir une cathédrale au Moyen Âge. L’efficacité sénégalaise, messieurs dames !
Désormais, les voleurs de bétail et les pickpockets n’auront qu’à bien se tenir. À moins qu’ils ne s’inscrivent au nouveau club de sport du commissariat, qui sait ? Cette inauguration est présentée comme une victoire majeure contre l’insécurité galopante dans cette zone. On imagine déjà les patrouilles zélées, prêtes à coffrer le premier passant venu pour vagabondage ou troubles à l’ordre public (traduction : ne pas avoir la bonne tête). C’est le retour de l’ordre, ou du moins, de son architecture.
Nous nous réjouissons de voir les forces de l’ordre se rapprocher des populations. Mais nous nous posons aussi une question : cette proximité servira-t-elle à protéger les citoyens des criminels, ou à protéger le pouvoir en place depuis deux ans (déja !) de certains citoyens déja mécontents ? Le doute est permis, surtout quand on sait que dans certains de nos quartiers, la police est perçue plus comme une force d’occupation que comme une force de protection. La sécurité est un droit, pas une faveur qu’on nous octroie après trois ans de négociations budgétaires obscures.
Le ministre a prononcé un discours vibrant sur la tolérance zéro. C’est un concept intéressant, surtout quand on voit le niveau de tolérance des autorités face aux magistrats qui n’arrivent pas à faire rendre gorge aux voleurs de deniers publics emprisonnées, au point de décourager le PM Sonko selon ses dires devant les députés ? Mais bon, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes de fonction. L’important, c’est que Dalifort a son commissariat. On espère qu’il sera équipé de laptops qui fonctionnent et de véhicules avec de l’essence, sinon ce sera juste un joli décor pour des photos d’inauguration.
Il faut dire que Dalifort-Foirail est une zone stratégique, connue pour ses marchés et son activité débordante. Sécuriser cet endroit, c’est sécuriser les flux financiers qui échappent souvent à l’État. C’est donc une opération de rentabilité économique autant que de sécurité publique. Et les populations dans tout ça ? Elles paieront les taxes, comme d’habitude, pour financer un commissariat qui servira peut-être à les réprimer lors des prochaines manifestations.
Bravo à Dalifort pour ce nouveau bâtiment tout beau, tout propre. On lui souhaite une longue vie, pleine de procès-verbaux utiles et de gardes à vue justifiées. Pour le reste, c’est-à-dire la vraie sécurité, celle qui vient de la justice sociale et de l’égalité des chances, on repassera. Trois ans, c’est court pour changer le monde, mais c’est long pour construire quatre murs et un toit pour la police. Allez, circulez, il n’y a plus rien à voir !
Dibor Faye, JournalisteTract Hebdowww.tract.sn[Triomphe de l’économie informelle] Kaolack en sueur, entre Ramadan, Koor, Carême et chaleur de 42 degrés à l’ombre
Tract Hebdo – À Kaolack, ville carrefour où le thermomètre semble avoir fait un pacte avec le diable, le défi de l’adaptation n’est pas une figure de style, c’est une question de survie quotidienne. En ce moment, la chaleur ne se contente pas de monter ; elle s’installe, elle colonise, elle opprime. Et pour couronner le tout, une bonne partie de la population observe le jeûne. C’est le combo gagnant de la souffrance purificatrice.
Au marché Central, c’est le cœur battant, mais un cœur qui bat la chamade sous le poids d’une atmosphère lourde et moite. Imaginez un peu : vendre des sacs de riz ou réparer une chambre à air par 42 degrés à l’ombre (si vous trouvez de l’ombre), le ventre vide, la gorge sèche. C’est de l’héroïsme au quotidien, mais un héroïsme dont on se passerait bien.
Les commerçants et les chauffeurs de clando, ces forçats du bitume, sont passés maîtres dans l’art de la survie thermique. Ils bougent le moins possible, parlent doucement pour économiser la salive et transforment la moindre bâche en oasis improvisée. Pour eux, l’adaptation n’est pas un concept de conférence de l’ONU, c’est juste essayer de ne pas s’évanouir avant 19 heures.
Cette situation soulève une question cruciale de justice sociale, notre dada à Tract Hebdo. Comment peut-on parler de développement quand des millions de nos concitoyens travaillent dans des conditions dignes du Moyen Âge, sans aucune protection sociale ni sanitaire ? C’est le triomphe de l’économie informelle sur la dignité humaine. C’est là que notre droite intervient : il est inadmissible que l’État ne propose aucune infrastructure adaptée, aucun plan d’aide pour ces travailleurs qui portent l’économie de la région à bout de bras.
L’adaptation, à Kaolack, c’est aussi un business. Le prix de la glace s’envole, les vendeurs d’eau sont les rois du pétrole (ou plutôt de l’eau minérale douteuse, conditionnée en sachets plastiques) et les rares coins climatisés sont pris d’assaut comme des bunkers pendant une guerre nucléaire. Le marché de la misère prospère toujours quand les pouvoirs publics défaillent.
On ne peut s’empêcher de sourire amèrement en pensant aux climatiseurs qui ronronnent dans les bureaux feutrés des ministères, pendant que certains de nos concitoyens cuisent à petit feu. C’est le grand paradoxe sénégalais : on a des milliards pour des trains Express et des autoroutes, mais pas un franc pour assurer des conditions de travail décentes à ceux qui en ont le plus besoin.
Kaolack résiste, car elle n’a pas le choix. Entre la ferveur religieuse et la nécessité économique, la chaleur n’est qu’un obstacle de plus sur le chemin escarpé de la survie. Nous, on aimerait bien que le « développement » rime aussi avec « frais » et « juste ». Un vœu pieux, sans doute. En attendant, que la fraîcheur soit avec eux. S’ils la trouvent.
Damel Gueye
Tract Hebdo
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