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[TRIBUNE] ‘Le régime Diomaye-Sonko ne satisfait pas la jeunesse, pourtant acquise à sa cause’ (Youssou Diallo, club politique)

Tract Hebdo – LA CRISE DE LA JEUNESSE,LA VÉRITABLE CRISE AU SÉNÉGAL !  Depuis 1968, le malaise de la jeunesse est un concept très récurrent dans le monde, et particulièrement au Sénégal.Les premières secousses telluriques de la jeunesse sénégalaise sont survenues après l’indépendance, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, en 1968, puis en 1971 et 1973. Elles concernaient alors essentiellement les jeunesses urbaines, notamment les élèves et les étudiants, parce qu’ils constituaient les couches sociales les plus réceptives et les plus sensibles aux révoltes.Cette crise de la jeunesse au Sénégal s’est, au fil des années, approfondie, élargie et aggravée.Elle s’est accentuée avec l’avènement du Président Abdou Diouf, au début des années 1980, une période marquée par près de 19 ans de sécheresse et par la mise en œuvre de programmes d’ajustement structurel très stricts, dont les conséquences sociales ont été particulièrement lourdes pour les populations, notamment : • la pauvreté de masse ; • les licenciements dans les entreprises et les départs dits « volontaires » dans l’administration publique ; • le chômage des jeunes, en particulier des diplômés de l’enseignement supérieur ; • le malaise paysan, avec des famines et des disettes récurrentes.À cela se sont ajoutés des facteurs aggravants tels que : • une démographie galopante (plus de 3 % par an) ; • une faible diversification économique ; • une stagnation économique persistante ; • l’exode rural et la bidonvillisation, avec l’extension de quartiers spontanés dans les banlieues ; • l’émergence d’un secteur informel massif et dominant ; • l’aggravation des inégalités sociales ; • la mauvaise gouvernance ; • la corruption, etc.Parce qu’elle représente l’écrasante majorité de la population sénégalaise, la jeunesse est naturellement la couche sociale la plus impactée par l’ensemble de ces crises.C’est pour cette raison que nous parlons de crise de la jeunesse, afin d’éviter de perdre notre analyse dans des considérations trop technocratiques, qui nous éloignent bien souvent des véritables solutions.Cette crise de la jeunesse se manifeste de manière récurrente, à des fréquences de plus en plus rapprochées et avec des intensités de plus en plus fortes, y compris ces derniers jours, à travers : • les violences dans les stades, • les affrontements dans et hors des arènes de lutte, • les violences urbaines, marquées par la multiplication des vols et agressions, parfois tragiques, • mais aussi les tensions dans les universités et les écoles.Cette même jeunesse, qui avait porté Abdoulaye Wade au pouvoir en 2000, puis Macky Sall en 2012, et enfin PASTEF au pouvoir en 2024, n’a malheureusement pas encore trouvé de solutions efficaces et durables à ses problèmes fondamentaux, qui se résument notamment à : • l’emploi ; • l’entrepreneuriat ; • l’éducation ; • la formation ; • la santé ; • le logement ; • la culture ; • le sport et les loisirs.La cause profonde et véritable du malaise que vit notre pays depuis près de 50 ans demeure l’absence de réponses crédibles, cohérentes et structurantes aux problèmes de la jeunesse.Il est aujourd’hui manifeste que l’actuel régime, en dépit de la forte adhésion de la jeunesse à sa cause, n’est pas encore engagé sur la voie des solutions justes et appropriées.Or, ces solutions, du fait de leurs déterminants complexes, ne seront ni simples, ni immédiates, ni définitives, ce qui complique davantage la tâche face à une jeunesse impatiente par nature, à qui l’on avait parfois promis « la lune », ici et maintenant.C’est pourquoi l’humilité, la vérité, le courage, le pragmatisme et la pédagogie ne seront pas de trop parmi les armes indispensables pour vaincre, ou à tout le moins atténuer, la crise de la jeunesse au Sénégal.Youssou Diallo Président du Club Sénégal Émergent

[TRIBUNE] ’Starlink au Sénégal : Autorités, attention ! Elon Musk lu ko nèèx rék lë xam’ (Abdou Khadre Lô, expert Télécoms)

Tract Hebdo – Travaillant depuis une dizaine d’années dans le secteur des communications par satellite, j’ai exprimé dans les milieux appropriés (au Sénégal et à l’international) mon inquiétude quant à ce qu’on appelle les mega-constellations NGSO telles que (Starlink de SpaceX et Amazon LEO d’Amazon).Starlink a 9.600 satellites en orbite tandis qu’Amazon planifie d’en lancer 3.236 d’ici juillet 2029. Ces mega-constellations soulèvent aujourd’hui un problème de réglementation internationale et nationale notamment en ce qui concerne les limites de puissance surfacique équivalente (epfd), telles que définies à l’Article 22 du Règlement des Radiocommunications (RR) de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). Ces limites correspondent au calcul de la puissance que devrait avoir un signal radio lorsqu’il atteint une zone à la surface de la Terre, en fonction de la distance par rapport à un émetteur. Les satellites émettent des signaux radio et lorsqu’ils sont trop proches d’un autre satellite, ces signaux peuvent interférer entre eux et affecter les performances. L’objectif des limites epfd est donc de contrôler la puissance des signaux et les techniques de mitigation que les systèmes non-géostationnaires (NGSO) tels que Starlink (qui sont à 450 km d’altitude) doivent implémenter afin de ne pas causer d’interférences inacceptables aux satellites géostationnaires (GSO) tels que Viasat (qui sont à 35.786 km d’altitude). Dans leur utilité, les GSO permettent entre autres, la retransmission TV, la connectivité Internet, la navigation aérienne, la météorologie, l’observation de la terre, la défense, etc. tandis que les NGSO offrent des possibilités de connexion avec moins de latence – parce que plus proches de la terre. Les NGSO sont une formidable technologie mais viennent avec de vraies problématiques à prendre en compte pour une bonne coexistence avec les systèmes GSO qui étaient là avant. Dans le cas du Sénégal, le Président de la République a annoncé dans son discours du 31 décembre dernier vouloir connecter 1 million de personnes gratuitement en cette année 2026. C’est en comptant sur 5000 terminaux (les antennes de connexion/paraboles) Starlink. C’est une excellente initiative mais qui soulève quelques interrogations légitimes: 1- La Senelec n’offre pas d’électricité gratuite, Sonatel n’offre pas de connexion gratuite et la station essence du coin ne remplit pas nos voitures gratuitement 2- Si c’est gratuit, ils y gagnent forcément en retour. A moins que ce ne soit l’Etat qui achète les terminaux et pait l’abonnement. 3- Elon Musk (comme Trump) ne croit pas à la réglementation internationale. Ils veulent imposer leur loi aux autres. Lou lene neekh rekk laniou xam. 4- Sur le plan de la souveraineté et de la sécurité, l’Etat peut couper l’internet des operateurs établis au Sénégal. Qu’en sera t-il de Starlink qui opère depuis l’étranger et à partir du ciel? 5- Starlink est un moyen de communication idéale dans le Sahel. Nous devons donc être extrêmement vigilants. 6- Tout individu qui a une puce de telephone au Sénégal est en théorie répertorié et donc identifiable. Normalement il devrait en être de même pour les revendeurs de terminaux Starlink et les utilisateurs. Par le passé, des kits Starlink ont été introduits illégalement au Sénégal et dans d’autres pays. Un contrôle stricte devra être de mise afin d’éviter que n’importe qui se connecte au nez et à la barbe des autorités compétentes. 7- Enfin, l’Etat doit communiquer sur les conditions d’autorisation de Starlink en tant que FAI (fournisseur d’accès à Internet). Prix, durée (voir le cahier des charges). Comme cela a été le cas pour tous les autres opérateurs (MNO, MVNO et FAI).Abdou Khadre LôExpert Télécoms Tract Hebdo – www.tract.sn

‘Ramadan’ anticipé : grève de la faim entamée par les 18 supporters des Lions de la Téranga kidnappés par la justice du Maroc

Tract Hebdo – Ces supporters ont indiqué attendre « depuis le 18 janvier de savoir ce qui leur est reproché », se plaignant d’avoir été interrogés par la police « en français et en arabe » alors qu’ils ne comprennent « que le wolof », d’après ce texte envoyé à leur avocat Patrick Kabou. Ils demandent qu’« au moins », on « écoute (leur) version des faits ».Selon le procureur, un interprète a traduit « l’intégralité des échanges » en français, « une langue comprise et parlée par l’ensemble des détenus sans exception ». Contactées, les autorités sénégalaises ne se sont pas exprimées dans l’immédiat.« Étant donné qu’ils nous refusent notre droit à la justice, nous avons décidé à partir d’aujourd’hui (vendredi 6 février) de commencer un jeûne continu dans la prière et le recueillement, jusqu’au jour où la justice marocaine nous donnera la chance de nous exprimer », ont-ils précisé.

« Un jeûne »

Pour « protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice », ils ont décidé de ne prendre que « le petit-déjeuner » et « le reste du temps, ils sont dans la prière et le recueillement », assure ce samedi 7 février leur avocat Me Patrick Kabou, évoquant « un jeûne » plutôt qu’« une grève de la faim ».Le procureur du tribunal de première instance de Rabat a affirmé ce samedi dans un communiqué que les détenus bénéficient « de manière normale et régulière des repas fournis » par la prison. Selon une source proche du parquet, le directeur de l’établissement a informé le procureur que « sept d’entre deux » ne s’étaient pas présentés au déjeuner vendredi mais avaient « acheté de quoi se nourrir ». Les supporters ont ensuite « pris le dîner » à la cantine de la prison, d’après cette même source.

Poursuivis pour « hooliganisme »

Ces supporters sont poursuivis pour « hooliganisme », une accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs ainsi que des jets de projectiles.Une première audience de leur procès fin janvier avait été reportée à la demande de la défense et de la partie civile pour avoir plus de temps pour préparer les dossiers. Une autre s’est brièvement tenue le 5 février au cours de laquelle leurs demandes de liberté conditionnelle ont été rejetées. La suite du procès a été reportée au 12 février en raison d’une grève des avocats au Maroc.Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 après prolongation au terme d’un match chaotique et émaillé d’incidents.
Un pénalty accordé au pays hôte dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, après consultation de l’arbitrage vidéo, juste après un but refusé au Sénégal, avait entraîné le départ du terrain d’une partie des joueurs sénégalais encouragés par leur sélectionneur, Pape Thiaw. Ils étaient revenus à la demande de la star de l’équipe Sadio Mané.Les tensions avaient gagné les tribunes où des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain pendant près de 15 minutes, même lorsque le joueur marocain Brahim Diaz s’apprêtait à tirer son pénalty, qu’il a raté.Fin janvier, la CAF a infligé une série de sanctions disciplinaires aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.La Rédaction de Tract Hebdo

[TRIBUNE] Sénégal : le FMI, ce banquier qui nous veut du bien… ou pas ? (Par Ousseynou Nar Gueye)

Tract Hebdo – Le gouvernement Sonko 2 nous explique qu’on peut vivre sans le FMI. C’est comme dire qu’on peut vivre sans oxygène : c’est possible, mais pas très longtemps. On nous parle de « souveraineté budgétaire » tout en vérifiant si le voisin ivoirien a 100 balles à prêter. La clarification économique promise ressemble de plus en plus à un brouillard londonien sur la corniche des Almadies. Depuis quelques semaines, les couloirs feutrés de l’administration sénégalaise résonnent d’une étrange mélodie. Une mélodie de défi, d’indépendance retrouvée, un peu comme un adolescent qui clame haut et fort qu’il n’a plus besoin de l’argent de poche de ses parents. Le refrain ? « Le Sénégal peut vivre sans le FMI. » Nous, l’idée d’une souveraineté économique est un doux rêve que nous caressons avec ferveur. Mais nous, on se dit que l’autonomie, c’est bien, mais l’autarcie, c’est le chemin le plus court vers les cacahuètes au pain et les bougies pour s’éclairer.

Le gouvernement nous assure que le pays est sur la bonne voie, celle de la « souveraineté budgétaire ». Fini le diktat des institutions de Bretton Woods, ces banquiers lointains qui nous dictent comment gérer notre argent, comme si nous étions des élèves dissipés et non une nation souveraine et responsable. Sur le papier, c’est magnifique. On s’imagine déjà des budgets votés au rythme du sabar, des dépenses qui répondent aux besoins réels de la population sans passer par le tamis puritain des « réformes structurelles » et des « ajustements nécessaires » qui finissent toujours par taper sur les plus fragiles.

La vérité du « sans oxygène »

Mais entre le discours enflammé et la réalité des caisses de l’État, il y a un océan de questions. Dire qu’on peut vivre sans le FMI, c’est un peu comme déclarer qu’on peut vivre sans oxygène. Théoriquement, c’est possible, on peut retenir sa respiration un certain temps. Mais la réalité nous rattrape vite, et le visage prend une couleur un peu… grise. Le Sénégal, comme beaucoup de pays en développement, a une relation de longue date avec le FMI, une relation parfois tumultueuse, souvent contrainte, mais toujours là, comme cette vieille tante un peu envahissante qui vous prête de l’argent mais se permet des commentaires sur votre régime alimentaire.

Historiquement, le FMI n’est pas qu’un simple prêteur. C’est un label, un tampon de « bonne conduite » pour les marchés financiers internationaux. Quand le FMI vous soutient, les investisseurs privés vous regardent avec un œil plus bienveillant, les taux d’intérêt sont moins voraces. S’en passer, c’est prendre le risque de se retrouver seul sur le marché, à mendier des crédits à des conditions bien moins favorables. C’est là que le « voisin qui a 100 balles à prêter » prend tout son sens. Car, en économie comme dans la vie, quand on clame son indépendance, on s’assure d’abord d’avoir les moyens de la financer.

« Gonfler ce pneu-là, c’est dur dèh…! »

La « clarification économique » : un brouillard épais sur la corniche

Le gouvernement, dans sa grande sagesse, nous a promis une « clarification économique ». On attendait une carte routière détaillée, avec des chiffres, des projections, des plans B. On a eu droit à un brouillard londonien sur la corniche. Une brume épaisse où les discours se perdent, où les chiffres se contredisent, et où l’on finit par ne plus savoir si on avance ou si on recule.

On nous parle de « ressources internes », de « maîtrise des dépenses », de « priorisation des projets ». Autant de concepts nobles, mais dont la traduction concrète reste floue. Comment va-t-on combler le déficit si le FMI n’est plus là pour faire la béquille ? Quelles sont les nouvelles sources de revenus « souveraines » qui vont remplacer les milliards que nous coûte l’État providence à la sénégalaise ? Est-ce que le pétrole et le gaz, dont l’exploitation tarde toujours à nous rendre riches, vont magiquement jaillir pour nous sauver ? Ou allons-nous inventer une taxe sur les selfies ou les « likes » sur Facebook ? À gauche, on demande de la transparence ; à droite, on s’inquiète des conséquences des effets d’annonce.

L’illusion du régime sans effort

L’idée de « faire régime » sans le FMI est séduisante. C’est comme promettre de perdre 10 kilos sans changer ses habitudes alimentaires, juste en répétant « Je suis mince » devant le miroir. La réalité, c’est que « faire régime », c’est faire des choix douloureux : réduire les dépenses publiques (ce qui signifie souvent moins de subventions, moins d’emplois dans la fonction publique, moins d’investissements sociaux), optimiser la collecte des impôts (ce qui ne ravit jamais personne), et diversifier l’économie (un défi de taille qui demande des années).

Le FMI, malgré ses travers et sa réputation de « méchant banquier », est aussi un miroir. Il nous renvoie l’image de nos déséquilibres, de nos inefficacités. S’en passer, c’est refuser de regarder ce miroir, au risque de répéter les mêmes erreurs, mais cette fois sans filet de sécurité. Et pour un pays qui a des ambitions de développement et une population jeune et exigeante, c’est un pari risqué.

Le peuple en première ligne

Au final, qui paiera le prix de cette « souveraineté budgétaire » autoproclamée ? Le peuple, bien sûr. Si les caisses de l’État se vident, ce sont les services publics qui en pâtiront : la santé, l’éducation, les infrastructures. C’est l’emploi des jeunes qui sera encore plus précaire, le pouvoir d’achat qui s’effritera. À gauche, on n’a que faire des guerres d’ego politiques ; ce qui nous importe, c’est le bien-être des populations. Et si cette indépendance affichée se traduit par un resserrement de la ceinture pour les ménages, alors elle sera amère.

L’histoire économique du Sénégal est jalonnée de programmes FMI, de réformes avortées et de promesses non tenues. Peut-être que cette fois-ci, le gouvernement a un plan génial, une baguette magique qui nous permettra de nous affranchir des contraintes sans en subir les conséquences. Mais nous, on a appris à être méfiants. Quand un politique nous parle d’indépendance sans nous donner les moyens, on a tendance à vérifier si nos poches sont toujours pleines.

La béquille ou le déambulateur ?

Le FMI est une béquille. Une béquille parfois douloureuse, qui vous force à marcher d’une certaine manière. Mais sans elle, on risque de tomber. Le gouvernement sénégalais nous dit qu’il peut courir sans béquille. On demande à voir. En attendant, les regards sont tournés vers les annonces, les chiffres, et surtout, vers le quotidien des Sénégalais. Car la « souveraineté budgétaire » ne vaut que si elle se traduit par une amélioration concrète des conditions de vie de la population.

Ou est-ce que, dans sa quête d’indépendance, le Sénégal va simplement remplacer la béquille par un déambulateur, en cherchant d’autres prêteurs, peut-être moins regardants sur la gouvernance, mais tout aussi voraces sur les taux d’intérêt ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : nous, on continuera de regarder avec notre œil gauche critique et de frapper avec notre droite impertinente, pour que le brouillard sur la corniche se dissipe et que la vérité économique éclaire enfin le chemin du Sénégal.

Serigne Dawakh Ousseynou Nar Gueye

Fondateur de Tract Hebdo, Président d’Option Nouvelles Générations – Woorna Niu Dokhal

P.S : il m’importe de souligner que je soutiens ce ‘Diomayat’, régime politique du duo PR Diomaye et PM Sonko. Cette tribune est donc écrite au nom du principe qui veut que « qui aime bien, châtie bien ».

[L’ET DIT TÔT] Ces traîtres de Ngoné Ndour, SODAV et compagnie : dossier vingtenaire de la ‘redevance pour copie privée’

Tract Hebdo – La « redevance pour copie privée », évoquée le mercredi 21 janvier 2026 par le Président Bassirou Diomaye FAYE, en Conseil des ministres, et pour laquelle il enjoint le Gouvernement Ousmane Sonko 2 et les ministres concernés, « d’accélérer le mouvement », la rémunération pour copie privée donc, est une disposition de la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins de …janvier 2008 (!), votée il y a 18 ans au Sénégal, qui stipule que sur tout appareil pouvant copier une oeuvre artistique, une oeuvre de l’esprit (clés USB, téléphones, ordis, laptops, etc) on se doit légalement d’appliquer une redevance à l’entrée sur le territoire, redevance reversée à la Sodav qui gère au Sénégal le droit d’auteur puis reversée pour partie aux auteurs, aux interprètes (danseurs, acteurs, musiciens) et aux producteurs; et pour l’autre partie au soutien de festivals culturels et à l’éducation populaire aux arts.Cette redevance est la principale ressource de TOUTES les sociétés de gestion du droit d’auteur dans le monde.Le Burkina qui l’applique depuis 10 ans, collecte ainsi plus d’argent que la SODAV sénégalaise (ce qui est un paradoxe, tout de même! Car, personne ne vous persuadera que le Burkina est plus fort culturellement et artistiquement que le Sénégal…! ). Le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, l’Algerie, le Kenya, l’Afrique du Sud : en tout une quinzaine de pays africains l’appliquent.La Commission de l’ UEMOA a sorti depuis plus d’un an une directive (de portée obligatoire, donc) enjoignant ses 8 États membres de tous la mettre en application. Sans succès pour ce qui du Sénégal. D’évidence.Une commission paritaire sur cette redevance existe depuis plus de 4 ans au Sénégal, composée des créateurs, des Douanes et des associations de consommateurs, commission qui a fixé les barèmes à appliquer sur les appareils et autres « devices » de copie .Tout est prêt, mais depuis 18 ans, ce n’est pas effectif au Sénégal. Ce qui est un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de FCFA depuis 2008, pour les créateurs, artistes interprètes et producteurs de la chaîne de valeur des industries créatives et culturelles. Je remercie et félicite mon frère Idrissa Diabira, qui, alors Directeur Général de l’ ADEPME, a porté le plaidoyer public pour l’adoption plus « rapide » et l’entrée en effectivité de la « copie privée ».Je blâme la SODAV, sa PCA à triple mandat Ngoné Ndour et son Directeur Général Aly Bathily, pour inaction, léthargie, traîtrise et hypocrisie : la défense des ayants-droits de cette « copie privée » leur est exclusivement confiée (ce qui déja est une faute : d’autres sociétes civiles de gestion du droit d’auteur, autres que la Sodav, devraient avoir été librement crééés depuis 2021).Aussi, la Team Sodav et compagnie ne peuvent trépigner comme des cabris sur la question, devant les caméras et micros des journalistes, comme s’il s’agissait d’une obole ou d’une faveur qu’on accorderait aux créateurs.Il s’agit d’un droit, à haute portée financière pour les créateurs et leurs descendants après leur décès, pour 70 ans.Droit…exigible de droit.Comme j’aime à le dire et comme je l’ai souligné en mai 2023 au Forum Forafricc (Forum Africain des Industries culturelles et créatives), dans le panel sur le droit d’auteur et les droits voisins auquel m’a invité la Fondation Youssou Ndour pour les Industries Culturelles et Créatives, panel que j’ai partagé avec Ngoné Ndour, le docteur en droit Sylvain Sankalé auquel me lient cinq longues lustres d’amitié fraternelle et un Français de la Sacem (équivalent de la Sodav), modéré par l’avocate Mme Tine de Legilex Bruxelles (fille du lanceur d’alerte et droits-de-lhommiste Alioune Tine)  : « Quand vous confiez votre immeuble à une agence immobilière (ce qu’est la Sodav), si les locataires ne paient pas le loyer pendant 3 mois, c’est leur faute. Mais, s’ils ne versent pas de loyer durant… 18 ans, c’est bien sûr la faute, l’irresponsabilité et l’incurie de l’agence immobilière (ce qu’est la Sodav, en tant que société civile, ce qui est son statut juridique). » A ces mots, Youssou Ndour, assis au premier rang, et Alioune Tine d’AfrikaJom Center, avaient fortement applaudi.La Sodav devrait avoir esté en justice devant le tribunal administratif et autres cours et tribunaux depuis longtemps; et avoir saisi la Cour Suprême du Sénégal, et les cours africaines. Depuis très longtemps. Le président de l’AMS (Association des metiers de la musique), le chanteur Daniel Gomez, tel un tigre en papier, menace depuis trois ans de porter l’affaire en justice. Balivernes, car Daniel Gomez est aussi au Conseil d’administration de la Sodav et il n’y pipe mot dans ce sens. Hypocrisie, quand tu nous tiens…Traîtrise, quand tu nous viens.  Si naturellement.Ousseynou Nar Gueye•Éditorialiste, Écrivain (membre de la Sodav, dont je n’ai reçu aucun franc depuis janvier 2020), Ingénieur de Projets et Journaliste.• Diplômé d’un D.E.S.S Mastère de l’ Université Sorbonne Nouvelle -Paris III en Relations interculturelles et Gestion des Arts option politiques culturelles internationales (Promotion 1999).• Certifié en Contentieux de la Propriété Intellectuelle par le Centre de Formation Judiciaire de Dakar (École Nationale d’Administration et de la Magistrature) et de l’International Development Law Organization de Rome (IDLO – International Development Law Organization) – (Promotion 2004).• Certifié en formulation de projets, formation de formateurs et gestion d’industries culturelles et créatives par HEC Montréal (2004 et 2006)• Consultant Senior depuis 2021 de l’AMAA du Sénégal (Association des Managers et Agents d’Artistes, dans laquelle sont membres les managers de Youssou Ndour, Baba Maal, Wally Seck, Carlou D, Viviane Chidid, Yoro Ndiaye, Adam Sène, etc.)• Ancien Directeur de l’ Alliance Française de Saint- Louis.

Starlink va connecter le Sénégal : Elon Musk débarque et va faire trembler Sonatel Orange et autre Yas ex-Free ?

Tract Hebdo – Le Sénégal, pays de la Teranga, est connu pour son accueil chaleureux, ses plages ensoleillées, sa lutte sénégalaise. Soyons honnêtes, la connectivité, chez nous, en dehors de Dakar, c’est un peu comme le bus Tata à Dakar : on sait qu’il va arriver, mais des fois, elle fait des siennes et on ne sait plus quand elle va revenir, ni dans quel état. Alors, quand l’homme le plus riche (et le plus excentrique) de la planète, Elon Musk, jette son dévolu sur le ciel sénégalais avec ses satellites Starlink, on a d’abord cru à une blague de mauvais goût, ou peut-être à une application futuriste pour gérer les embouteillages de Dakar.

Nous,  on rêve d’un accès internet universel, rapide et abordable pour tous. On veut que le jeune étudiant de Tambacounda puisse suivre ses cours en ligne sans que sa connexion ne le lâche au moment crucial d’un examen. Mais notre très bonne droite nous dit que quand un milliardaire californien veut débarquer dans notre bled, il y a toujours une petite ligne cachée dans les CGV, et une grande ligne budgétaire dans les caisses de l’État.

De la 4G à la 4G de « Gorgui » : Le chemin de croix de la licence

Les négociations entre le gouvernement sénégalais et Starlink, la filiale de SpaceX, traînent en longueur. On nous explique que c’est une affaire de « réglementation », de « cadre légal » et de « souveraineté numérique ». Traduction : Musk veut déployer ses paraboles et vendre ses services sans passer par la case « autorisation et taxe », et l’État sénégalais veut sa part du gâteau (et un gros gâteau, s’il vous plaît).

C’est là que l’on se rend compte que coloniser Mars semble plus simple que d’obtenir une simple licence de télécommunications au Sénégal. Elon Musk, qui a quand même réussi à envoyer des fusées réutilisables dans l’espace, est confronté à un défi de taille : notre bureaucratie nationale. On imagine déjà les réunions : d’un côté, un ingénieur de SpaceX expliquant les débits en gigabits par seconde et la faible latence ; de l’autre, un fonctionnaire de l’ARTP (Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes) demandant poliment où se trouve le formulaire A38 en triple exemplaire, et s’il est possible de payer la redevance annuelle en arachides de bouche.

L’internet pour tous, mais pas à n’importe quel prix (pour l’État)

L’argument de Starlink est séduisant : offrir une connexion internet haut débit, même dans les zones les plus reculées, là où les opérateurs traditionnels n’ont jamais posé un câble (ou une antenne 4G digne de ce nom). Pour les populations rurales, les pêcheurs en haute mer, les agriculteurs isolés, c’est une promesse de désenclavement numérique. C’est la révolution, la vraie ! Finis les « J’ai pas de réseau » pour éviter de répondre à sa belle-mère, finies les coupures en plein « live » TikTok.

Mais l’État sénégalais, avec sa vigilance actuelle (et son pragmatisme fiscal devenu légendaire en deux ans), voit les choses différemment. Un opérateur étranger qui arrive sans passer par la case « partenariat public-privé » ou, du moins, sans une bonne ponction sur les revenus, c’est une hérésie. C’est comme vouloir vendre du bissap au marché Kermel sans payer sa place : impensable ! L’accès à l’internet est un droit, certes, mais le droit de taxer l’internet est sacré.

Le mythe de la « compétition loyale »

Les opérateurs de téléphonie mobile déjà présents sur le territoire (Sonatel, Yas ex Free, Expresso) sont bien évidemment sur le qui-vive. L’arrivée de Starlink, c’est un peu comme si un géant du supermarché ouvrait juste à côté de l’épicier du coin qui vend à crédit depuis 20 ans. Ils dénoncent une « concurrence déloyale » si Musk ne paie pas les mêmes licences, les mêmes taxes, les mêmes « frais de facilitation » que tout le monde.

La concurrence, c’est bien beau, mais quand elle protège des monopoles de fait ou des situations oligopolistiques qui ont maintenu des prix élevés et des services médiocres pendant des années, on a le droit de se poser des questions. Si Starlink peut offrir mieux et moins cher, alors peut-être que l’État devrait se soucier plus du consommateur final que du portefeuille des opérateurs historiques.

Quand la souveraineté numérique rime avec la souveraineté fiscale

Le gouvernement invoque également la « souveraineté numérique ». L’idée est de s’assurer que les données des Sénégalais restent sous contrôle national, et que l’infrastructure ne devienne pas une dépendance totale à une entité étrangère. C’est un argument louable. Mais, encore une fois, est-ce une vraie préoccupation géopolitique, ou juste une manière polie de dire : « Monsieur Musk, nous apprécions votre vision futuriste, mais avant de coloniser Mars, pourriez-vous coloniser notre budget avec quelques millions de dollars, histoire de montrer votre bonne volonté ? »

On imagine bien le ministre des Finances expliquant à Elon Musk que « le ataya, ici, c’est sacré, et il se partage e tout le monde cotise ». Et que le partage, au Sénégal, ça commence par un chèque substantiel à la République. Après tout, les mêmes ministres qui s’étonnent des coupures d’électricité et des routes défoncées ne sont pas les derniers à vouloir une belle enveloppe pour laisser passer un projet, aussi révolutionnaire soit-il.

Entre innovation et tradition fiscale

Au final, l’affaire Starlink au Sénégal est une parfaite illustration de la complexité des défis du développement en Afrique. D’un côté, une innovation technologique disruptive qui pourrait réellement changer la vie de millions de personnes. De l’autre, un État qui, légitimement, cherche à protéger ses intérêts, à réguler son marché, et surtout, à remplir ses caisses.

Nous espérons sincèrement qu’un terrain d’entente sera trouvé. Que l’accès à un internet de qualité ne soit plus un privilège, mais une réalité pour tous. Et que si Elon Musk doit payer le thé au ministère, il le fasse avec le sourire, sachant qu’il contribue à désenclaver des millions de Sénégalais. Quant à la colonisation de Mars, elle pourra attendre. La connexion du « bled » est une priorité bien plus terre-à-terre, mais tout aussi essentielle.

En attendant, on continue de guetter les cieux, non pas pour l’arrivée des fusées de SpaceX, mais pour l’arrivée hypothétique d’une connexion internet stable. Et on se dit qu’il est peut-être temps de proposer un « Starlink spécial Afrique » à Elon Musk : un abonnement gratuit… contre un pourcentage de ses bénéfices martiens.

Damel Gueye, Tract Hebdo

Karim Wade, fantôme de luxe de Doha et curiosité politique du PDS, réapparait… dans les archives du prédateur sexuel, suicidé en prison, Jeffrey Epstein

Tract Hebdo – On le pensait définitivement archivé dans le rayon des curiosités politiques du Sénégal post-alternance, quelque part entre un contrat de concession d’autoroute et un souvenir embrumé du Monument de la Renaissance. Et pourtant, Karim Wade, notre « Ministre du Ciel, de la Terre, et de tout ce qu’il y a entre les deux », vient de réussir un come-back médiatique dont il a le secret. Sauf que cette fois, ce n’est pas pour un projet de centrale solaire ou un retour triomphal à l’Aéroport Blaise Diagne, mais pour une mention supposée dans les archives déclassifiées de l’affaire Epstein.

Nous, on croit fondamentalement à la justice sociale et à la transparence. Mais là, on avoue que notre crochet du poing droit est tentant : passer du jet privé de la République aux listes de passagers du « Lolita Express », c’est ce qu’on appelle une trajectoire en chute libre, même pour un expert en aviation civile.

L’art de l’ubiquité (ou comment être partout sauf là où on nous attend)

La rumeur a enflammé les réseaux sociaux ce week-end, entre deux débats passionnés sur le prix du riz et les dernières frasques des Tiktokeurs. Des documents venus d’outre-Atlantique mentionneraient le nom de notre ex-super-ministre national. Bien sûr, il faut rester prudent. Aux États-Unis, « Wade » peut aussi désigner une star de la NBA ou un juge du Texas. Mais au Sénégal, dès qu’on prononce ce nom, les oreilles se dressent plus vite que les prix à la pompe.

Après avoir été l’homme le plus puissant du pays, celui qui gérait les infrastructures, l’énergie, les transports et probablement la météo (si son père le lui avait demandé), Karim s’est mué en fantôme de luxe du côté de Doha. Un exil doré, loin des nids-de-poule de Dakar et des convocations de la CREI. Le voir réapparaître dans les « Epstein Files », c’est un peu comme voir un fantôme sortir d’un placard de Manhattan : c’est inattendu, c’est gênant, et ça sent le vieux parfum de la jet-set mondiale qui se pensait au-dessus des lois.

Cette affaire souligne une fois de plus la porosité des élites mondiales. Qu’un fils de président africain puisse côtoyer le gotha de la finance et de la débauche internationale à New York n’est pas une surprise, c’est une statistique. Pendant que le peuple luttait pour l’accès à l’eau potable dans les années 2000, certains semblaient plus occupés à peaufiner leur carnet d’adresses dans des cercles où la morale est une option payante.

Si ces allégations s’avèrent être de simples homonymies ou des fake news de salon, quel beau gâchis de salive ! Karim Wade est devenu le « Bigfoot » de la politique sénégalaise : on dit qu’il va revenir, on voit des traces de lui partout, mais il reste désespérément invisible. S’il n’est pas sur les listes d’Epstein, il est au moins sur la liste des personnalités les plus « fantasmées » par l’opposition et le pouvoir réunis.

Un écran de fumée  ?

Au Sénégal, on a une passion pour les feuilletons internationaux. Ça nous permet d’oublier que le TER est parfois en retard et que l’oignon coûte le prix d’un gramme de caviar. Le « retour de Karim » est une rengaine qu’on nous ressort à chaque fois que l’actualité nationale devient trop pesante. Est-ce une manœuvre pour détourner le regard des récents scandales de détournements à La Poste ? Ou pour masquer l’incapacité de certains à stabiliser le prix du panier de la ménagère ?

À Tract Hebdo, nous ne sommes pas des juges, mais des observateurs impertinents. Si Karim a voyagé dans les avions d’Epstein, il devra expliquer s’il y cherchait des investisseurs pour nos routes ou s’il s’agissait d’un simple « voyage d’études » sur les mœurs de l’oligarchie financière. En attendant, il reste le « Fils du Vent », porté par les courants de la rumeur, insaisissable et étrangement présent dans nos cauchemars politiques.

La transparence n’est pas un luxe

Que ce soit à New York ou à Dakar, le peuple réclame la vérité. Si le nom de Wade apparaît, que ce soit pour une simple poignée de main ou pour des dossiers plus sombres, le Sénégal mérite de savoir comment ses anciens dirigeants occupaient leur temps libre. En attendant, on conseillera à Karim de rester à Doha : le climat y est plus stable que celui des tribunaux américains, et on y trouve moins de journalistes impertinents prêts à lui décocher une droite textuelle.

Note de la rédaction : Le journal rappelle que toute personne mentionnée dans des documents de justice bénéficie de la présomption d’innocence, sauf si elle a déjà été condamnée par le tribunal du bon sens populaire.

[FOI] ‘Ces théories théologiques mises en place entre le 8è siecle et le 9è siecle qui ont figé l’islam’ (islamologue, écrivaine et philosophe)

Vous dites dans votre livre Sortir de l’islamisme que la réforme de l’islam n’est pas seulement une nécessité, mais aussi un acte de responsabilité. Pensez-vous donc qu’il est possible de réformer l’islam ? Razika Adnani : Il faut savoir que l’islam que les musulmans pratiquent, ils l’ont construit après la mort du prophète. D’ailleurs, ils ont construit plusieurs islams, c’est la preuve de la part des religieux, dans de la part humaine, dans ce que l’islam est devenu après la mort du prophète. Pensez-vous qu’il est interdit de refaire un travail fait par les êtres humains ? Évidement que non à moins que leur travail soit sacré et absolu, ce qui serait contraire aux principes fondateurs de l’islam comme religion monothéiste. J’explique cela avec beaucoup plus de détails dans mon ouvrage Islam : quel problème ? Les défis de la réforme. Rien n’interdit donc, ni sur le plan pratique ni sur le plan théologique, aux musulmans d’aujourd’hui de construire un autre islam plus compatible avec l’époque actuelle. Et comme je l’ai toujours expliqué, l’histoire de l’islam est une histoire de réforme et de contre-réforme et la première réforme de l’islam a eu lieu à l’intérieur même de message coranique. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme, j’ai travaillé sur les textes pour démontrer que cette réforme est possible. Je ne me suis pas arrêtée à la théorie. La réforme à laquelle j’appelle, et il est très important de le préciser, est celle qui est orientée vers l’avenir et non celle des salafistes qui est tournée vers le passé pour retrouver l’islam pur des premiers musulmans. Cette réforme salafiste ne produit rien de nouveau. Il y a deux positions qui considèrent que l’islam ne peut pas se réformer, il s’agit évidemment de la réforme qui libère l’islam de l’emprise des anciens. Celles des fondamentalistes et celle des non-musulmans qui pour eux, il est préférable de quitter l’islam. Les deux positions s’accordent sur une même idée : toutes les deux considèrent que l’islam fondamentaliste, politique et patriarcal est une fatalité. C’est une manière de dire aux musulmans, qui ne veulent pas quitter l’islam, et ils sont nombreux, « restez comme vous êtes » de toute manière vous n’êtes pas responsables, c’est l’islam qui ne peut pas se réformer. L’Église catholique s’est bien réformée. Pourquoi ce qui est possible pour une religion serait-il impossible pour une autre ? Quelle forme pourrait prendre cette réforme de l’islam ? Comment l’imaginer concrètement ? R.A. : Elle doit commencer par démontrer que le discours religieux ne détient pas la vérité absolue ou divine et ensuite démontrer qu’un autre discours religieux est possible, donc un autre islam. Dans mes ouvrages précédents, j’ai mené une réflexion philosophique, théologique et sociologique pour affirmer la nécessité de réformer tout en n’interrogeant sur les obstacles qui ont empêché cette réforme et comment les dépasser pour la concrétiser. Dans ce dernier livre « Sortir de l’islamisme » publié en décembre 2024, j’ai fait un travail de pratique au sein des textes pour démontrer qu’elle est possible. Comment l’imaginer concrètement ? Il faut d’abord réformer la représentation de la pensée créatrice et rationnelle. Enfin interroger les textes et les aborder avec une pensée qui s’est libérée de cette théologie mise en place il y a des siècles dans l’objectif de bloquer la pensée créatrice et rationnelle comme je l’explique dans mon ouvrage Islam : quel problème ? Les défis de la réforme. Ensuite, il faut réformer la théologie musulmane, ou ce qu’on appelle la pensée musulmane, qui entoure le Coran et qui a fait ce qu’est l’islam aujourd’hui. Dans mon ouvrage, j’ai surtout insisté sur les trois théories principales : la théorie du Coran incréé, la théorie du naql et la théorie des salafs. À lire aussiLassés de ne pourrir la vie qu’aux femmes, les Talibans rétablissent l’esclavage Pouvez-vous dire un peu plus sur ces trois théories théologiques ? R.A: La théorie du naql, est une théorie littéraliste. Le terme naql est un terme arabe qui signifie prendre une chose d’un endroit et la déposer dans un autre endroit. Les littéralistes l’ont utilisé pour prétendre que le sens qu’ils donnent aux versets est exactement celui qui existe dans le Coran. Dans mon ouvrage, j’ai critiqué cette équivalence prétendue entre le texte coranique et le commentaire. Le naql est philosophiquement faux. On ne peut pas déplacer le sens d’un texte à un autre à moins qu’on écrive le même texte, mais dans ce cas, il ne s’agit plus d’un commentaire. Dans mon ouvrage, je donne davantage d’arguments qui montrent que la méthode du naql est une illusion sur le plan philosophique et épistémologique. La deuxième est la théorie du Coran incréé qui signifie que Dieu n’a pas créé le Coran, car il fait partie de lui, de ses attributs. De ce fait le Coran existe comme Dieu en dehors du temps. Il ne change donc pas avec le changement du temps ni du lieu et ses règles sont par conséquent valables en tout temps et tout lieu. La pensée n’a pas à réfléchir à d’autres lois. La troisième grande théorie qui bloque la pensée et la raison dans la pensée musulmane et par conséquent en islam est celle des salafs. Elle est fondée sur l’idée que les anciens sont ceux qui détiennent la vérité islamique parce que Dieu les aurait dotés de qualités exceptionnelles. Ainsi toutes les générations de musulmans qui veulent connaître la vérité doivent se tourner vers le passé. Ces théories se sont mises en place entre le VIIIᵉ et le IXᵉ siècle et ont figé l’islam. Est-ce qu’il n’y a pas aussi, notamment dans le sunnisme, une difficulté liée à l’absence de clergé structuré, qui rendrait la réforme plus compliquée ? R.A. : Je comprends cet argument, mais il n’est pas convaincant. Les chiites ont un clergé structuré et l’islam chiite n’est pas pour autant mieux que l’islam sunnite. Le vrai blocage ne vient pas de l’organisation institutionnelle, de la théologie et de ses théories et concepts qui empêchent toute remise en question de la pensée et de l’islam des anciens. Cependant, les musulmans ont déjà réalisé des réformes juridiques majeures : ils ont aboli l’esclavage, la dhimmitude, le califat. C’était une réforme juridique qui avait ses limites, mais elle était immense et extraordinaire pour l’époque et pour les musulmans. Cependant, ils n’ont jamais réforme théologie, ce qui fait qu’ils n’ont pas pu réformer l’islam. Ces théories, elles-mêmes présentées comme divines, sacralisent le travail interprétatif et juridique des anciens, ce qui bloquent la pensée. Il faut qu’on arrive à expliquer aux musulmans qu’elles sont le produit de la pensée humaine pour expliquer que toute interprétation est un travail humain qui ne peut pas être sacré. Un autre verrou fondamental, c’est l’imbrication entre religion et politique. Les politiques ont toujours instrumentalisé la religion pour imposer leur pouvoir. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme j’explique comment les califes avaient besoin d’affirmer que les lois qu’ils imposaient étaient celles de Dieu, afin d’exercer leur domination. Justement, cette réforme pourrait-elle commencer à des échelles nationales, par des expériences locales ou étatiques plutôt que de vouloir tout transformer d’un seul coup ?R.A. : Bien sûr. Une réforme ne se fait jamais d’un seul coup. Elle ne pourra être que progressive. Dans les pays musulmans, les autorités politiques ont un rôle fondamental à jouer. Ils doivent encourager les voix qui appellent à cette « véritable réforme » comme je l’appelle dans mon ouvrage, les protéger en abolissant les lois qui les menace de prison parce qu’ils ont contredit le discours religieux hérité des premiers siècles de l’islam. Les religions se figent seules, ce sont les êtres humains qui les figent. Ils peuvent aussi les transformer, c’est-à-dire les faire évoluer, s‘ils ont pour cela la volonté nécessaire. Aujourd’hui, un autre obstacle majeur est celui du concept d’islamisme, tel qu’il est forgé en France au XXe siècle, désigné comme la cause de tous les problèmes. On a décidé qu’il s’agissait de l’islam politique qui serait un mouvement contemporain, né avec la création des Frères musulmans, qui n’arait rien à voir avec l’islam. Un tel concept revient à dire qu’il n’a pas aucune raison à mener un travail au sein de l’islam, c’est-à-dire de la réformer. Aujourd’hui, on va un peu plus loin en voulant limiter l’islam politique ( ou l’islamisme) à l’idéologie des Frères musulmans. Cette vision se diffuse autant en France que dans le monde musulman.Razika Adnani, membre du Conseil d’orientation de la Fondation de l’Islam de France, écrivaine, philosophe et islamologue, débute sa carrière en tant que professeur de philosophie. Elle publie en 2001 et 2003 deux précis de philosophie, El Kafi fi el Falsafa, sur l’art de disserter en philosophie suivis chacun d’un dictionnaire de philosophie. Ces ouvrages destinés aux lycéens sont des bestsellers.<span;>En 2005, elle quitte l’enseignement pour se consacrer définitivement à la réflexion et à la recherche.En 2011, elle publie un ouvrage en arabe intitulé Le blocage de la raison dans la pensée musulmane est-il bénéfique ou maléfique à l’islam. Paru chez Afrique Orient (Maroc), le livre connaît un vif succès dans tout le monde arabe et arabophone. Razika Adnani publie en 2013 La nécessaire réconciliation (Dalimen, Alger), brillant essai sur la question de la violence, la relation à l’autre, à soi et la relation avec l’histoire. À partir de l’étude de la société algérienne, elle forge sa propre théorie de « la moralisation de la violence ». Cette œuvre décisive paraît à nouveau en 2014 chez UPblisher, sous forme numérique et imprimée, afin de la rendre accessible au plus grand nombre. Elle est désormais disponible dans le monde entier.À partir de 2014, elle est appelée comme expert sur des sujets relatifs à l’Islam. Elle anime de 2014 à 2016 un cycle de conférences à l’Université Populaire de Caen sur le thème « Penser l’islam » ; de 2015 à 2017, elle intervient lors du séminaire « Les nouveaux fondamentalistes » du Collège des Bernardins ; elle collabore avec le Ministère de la Justice dans le cadre de la formation des cadres qui prennent en charge des jeunes radicalisés ». En 2017, elle intègre la Fondation de l’islam de France. En 2015, elle fonde, organise et anime les Journées Internationales de Philosophie d’Alger, évènement dont le succès est confirmé par une deuxième édition en 2017.Elle est l’auteur de nombreux articles publiés par le journal algérien Liberté, Le Figaro ou L’Obs, et intervient fréquemment lors de conférences ou tables-rondes, tant en France qu’en Algérie.Sa lucidité et son franc-parler font de Razika Adnani une philosophe ancrée dans son époque, un esprit libre, résolu et engagé. Tract Hebdo avec Atlanticowww.tract.sn

[DOSSIER] Le document que tout Dakar s’arrache : le ‘PV de déposition’ de Mouhamed Diagne contre Madiambal D. devant les enquêteurs de la DIC (Par O.N.G)

Tract Hebdo – Voici le document que tout Dakar s’arrache sous le manteau : le procès-verbal d’audition de Mouhamed Diagne, fils de Madiambal, un mélange de tragédie impliquant le Damel Ngoné Latyr Diop et de dossier de recouvrement de créances porté par des Baol-Baol contre des Saloum-Saloum. Le « PV de déposition (imaginaire ? ) » de Mouhamed Diagne devant les enquêteurs de la DIC ? Le voici :

PROCÈS-VERBAL D’AUDITION (APOCRYPHE ?)

UNITÉ : Division des Investigations Criminelles (DIC)

AFFAIRE : SCI Pharaon c/ Le patriarcat madiambalique

SUSPECTS : Madiambal D. (Le Père), Mabintou D. (La Belle-Mère)

PLAIGNANT : Mouhamed D. (Le fils, homme au bracelet)

L’Enquêteur : Monsieur Diagne, expliquez-nous pourquoi vous déposez plainte contre l’auteur de vos jours. N’est-ce pas un peu… radical ?

Mouhamed Diagne : Écoutez, Monsieur l’Officier, il arrive un moment où le « ndiguel » paternel s’arrête là où le Code Pénal commence. J’ai découvert que j’étais administrateur de sociétés, signataire de contrats avec Ellipse Projects et magnat de l’immobilier dans la SCI Pharaon sans même avoir eu besoin de lever le petit doigt. À ce rythme-là, j’allais apprendre par la presse que j’avais racheté la Tour Eiffel avec l’argent de mon soupoukandia du samedi.

L’Enquêteur : Votre père affirme que c’était pour votre bien. Une sorte d’investissement pour votre avenir.

Mouhamed Diagne : Mon avenir ? Parlons-en ! Mon avenir actuel est un bracelet électronique qui bipe dès que je m’approche trop près de la cuisine. On m’a « attribué des qualités » que je n’ai pas. Dans cette famille, on vous nomme « Directeur Général » entre le mathiaat et le ataya , et vous vous réveillez avec une convocation au tribunal. Je ne suis pas un « fils à papa », je suis un « fils à signatures ». Je suis devenu le stylo Bic  de mon père !

L’Enquêteur : Votre belle-mère, Mabintou Diaby, dit que vous faites du « toubabisme » et que vous manquez de Masla et de soutoura.

Mouhamed Diagne : Le Masla, la soutoura, c’est bien beau quand il s’agit de partager une discussions sur le banc diakhlé des vieux du quartier. Mais quand mon nom apparaît sur des documents de la SCI Pharaon pour des transactions dont je ne vois que la poussière, ce n’est pas le « toubab noir » en moi qui se réveille, c’est le boy Diagne qui tient de son père et qui demande un audit. Est-ce ma faute si j’aime que mes paraphes m’appartiennent ? Je veux récupérer mon identité. Pour l’instant, je suis une entité juridique gérée par mon père et un accessoire encombrant pour les procureurs du ministère de la Justice, qui pourraient bien me faire renvoyer à Reubeuss.

L’Enquêteur : Que demandez-vous concrètement ?

Mouhamed Diagne : La vérité. Et peut-être un nouveau nom de famille si celui-ci est trop utilisé pour l’immobilier. Je veux que la DIC vérifie chaque trait, chaque plein et chaque délié de ces documents. Si être un « fils ingrat » signifie ne pas vouloir finir en prison pour des immeubles de 15 étages aux Mamelles  que je n’ai pas bâtis, alors je plaide coupable d’ingratitude. Mais je ne signerai plus rien… sauf ce PV, et encore, laissez-moi relire chaque ligne !

L’Enquêteur : (Note sur son carnet : Cas sévère de paranoïa foncière aiguë.)

Post – scriptum : dans les couloirs de la DIC, on raconte que même les enquêteurs ont demandé des conseils en investissement à Mouhamed avant qu’il ne parte. Après tout, être actionnaire d’une société « Pharaon », ça impose un certain respect, même quand on porte plainte contre l’architecte de la pyramide.
Par O.N.G, Fondateur de Tract Hebdo

[DOSSIER] L’Entretien Exclusif : Mabintou Diaby Diagne, belle-mère tiraillée entre patriarche Madiambal D.et beau-fils Mouhamed D. (Par O.N.G)

Tract Hebdo – C’est dans le salon feutré d’une villa dakaroise où l’odeur de l’encens dispute l’espace à celle des dossiers juridiques que nous reçoit Mabintou Diaby épouse Madiambal Diagne. Éclatante, devenue diègg bou diongguè malgré et après la tempête judiciaire et pénitentiaire, elle semble découvrir que la SCI Pharaon n’était pas une marque de produits de beauté, mais un champ de bataille.

Tract Hebdo : Madame Mabintou Diaby Diagne, vous voilà débarrassée de votre voile et de votre abaaya, et citée dans une plainte à la DIC par votre beau-fils. Est-ce là le nouveau mode de communication chez les Diagne ?

Mabintou Diaby : (Soupir élégant) Écoutez, je suis dévastée. Dans cette famille, j’ai toujours essayé d’être le gloss qui cache les gerçures. Mais là, Mouhamed a décidé de sortir le démaquillant industriel. Porter plainte contre son propre père et sa belle-mère pour des histoires de signatures ? C’est d’un manque de chic absolu. On ne convoque pas ses parents à la police, on les attend au salon avec un thé à la menthe et un avocat… mais un avocat qu’on paye, pas un qui vous interroge !

On l’accuse d’être un « Toubab Noir » ou un fils à maman. Partagez-vous ce diagnostic ?

M.D. : Disons qu’il a un côté très « Code Civil » qui ne va pas du tout avec notre climat. Mouhamed a dû confondre Dakar avec une série de Netflix. Il pense sans doute qu’il est dans Suits, Pod et Marichou, Bètè Bètè ou Better Call Saul. Mais ici, les signatures sur les documents de la SCI Pharaon, c’est de l’art abstrait, c’est de l’affection filiale ! Quand on aime son père, on signe les yeux fermés, non ? Lui, il a ouvert les yeux, et apparemment, il a vu des chiffres qui ne lui plaisaient pas.

Et cette histoire avec Ellipse Projects et la SCI Pharaon ? Mouhamed dit qu’il n’était pas au courant…

M.D. : Mais être au courant de quoi ? De la fortune qu’on lui prépare ? C’est le problème de cette génération : ils veulent le bracelet de luxe au poignet, mais ils râlent quand c’est un bracelet électronique. On lui a donné un nom de roi — Pharaon — et il se comporte comme un inspecteur du fisc. C’est un contresens historique !

Comment comptez-vous réconcilier le père et le fils ?

M.D. : Je vais tenter une médiation cosmétique. Je propose qu’on transforme la SCI Pharaon en « SCI Paix Sociale ». Et pour Mouhamed, je vais lui offrir un nouveau stylo, un vrai, pour qu’il s’entraîne à signer des messages de réconciliation plutôt que des procès-verbaux. Mais entre nous, si chaque fois qu’on utilise le nom d’un fils dans une transaction immobilière au Sénégal il fallait finir à la DIC, on devrait transformer le Stade Abdoulaye Wade en tribunal géant !

Un dernier mot pour Mouhamed ?

M.D. : « Mon chéri, dama doom, la prison est une mauvaise cure de détox. Reviens à la maison, on va s’arranger. Et par pitié, enlève ce bracelet, ça jure terriblement avec tes chaussures. »

Interview menée par O.N.G , Fondateur de Tract Hebdo