CHERTÉ DU PRIX DE L’ARACHIDE: Le Président de l’Organisation des Paysans du Sénégal, en fin de tournée nationale, donne les raisons.

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Sen’tract – La cherté du prix de l’arachide s’est fait sentie au niveau de toutes les couches sociales du Sénégal. Tous les acteurs au tour de ce produit devenu non seulement cher mais rare, ont vu le prix de ce grains monter en flèche, surtout en ces temps.

Entre plainte des détaillants et explications des distributeurs, nous nous sommes ici, intéressés au producteurs pour qu’ils nous disent ce qui a rendu l’arachide chère présentement.

En ce sens, le Secrétaire Général de l’Organisation des Paysans du Sénégal (OPS), interpellé à ce sujet, nous donne les raisons.

Badara Sall, tout juste de retour d’une tournée agricole nationale, explique :

« La cherté de l’arachide s’explique de par sa provenance. La majeure partie de l’arachide que nous consommons actuellement, qu’il soit celui décortiqué ou celui avec coque, nous vient du Mali. Cet arachide passe par la voie terrestre pour rentrer au Sénégal. Maintenant je sais pas si ça vient jusqu’à Dakar ou pas. Mais au niveau de Tambacounda, le prix du sac de 50kg de l’arachide déjà décortiqué varie entre 60.000f à 65.000f et les 2kg de 750f à 800f. Quant à l’arachide avec coque, le sac de 50kg est fixé à 50.000f. Tels sont les prix trouvés dans le marché hebdomadaire de Kotiari, situé dans le département de Tambacounda, où les villages environnants se réunissent pour faire du commerce. Voilà ce qui explique la cherté du prix de l’arachide », nous a-t-il rapporté.

Dans la même dynamique, le Président de l’Organisation des Paysans du Sénégal, sur la base des constats de sa tournée nationale, renseigne :

« Concernant l’arachide que nous cultivons ici au Sénégal, les paysans sont en phase de récolte mais n’ont pas encore commencé de tirer les grains des plantes. Ils sont en phase d’entasser les plantes en un grand tas et cela connait un problème avec les pluies qui ont des conséquences néfastes sur ces tas. Cela est le cas à Tambacounda, à Taïba Niassenne et à Matam où il pleut nuit et jour ».

Espérant que la situation va bientôt changer au niveau du marché et que la situation des paysans va s’améliorer, M. Sall martèle:

« Les gens sont en train de défricher les champs, maintenant attendons de voir. On ne sait pas exacte mais je pense que d’ici fin novembre – début décembre, l’arachide local doit être dans le marché. Parce qu’à cause de la pluviométrie, les paysans s’empressent pour défricher les champs et enlever les grains d’arachide. Parce que s’ils le font pas maintenant, le foin risque de se gâter à cause de la pluie. Donc ils sont obligés de tirer les graines d’arachide et de les vendre le plus tôt possible, sinon ils vont tout perdre. Et dans ces conditions, le prix de l’arachide local peut être moins cher que celui de l’arachide qui vienne du Mali ».

S’agissant de la campagne agricole qui pourrait définitivement résoudre la cherté de l’arachide, le Secrétaire Général de l’OPS souligne:

« Maintenant le prix de l’arachide local une fois disponible, dépendra d’une discussion entre l’État et les producteurs. Déjà, ces derniers demandent qu’on augmente le prix local du kilogramme d’arachide et le fixe à 500f au lieu des 250f annoncés. Maintenant c’est à l’État du Sénégal de négocier avec les producteurs. Mais moi je pense que le minimum est qu’on fixe le prix du kilogramme à 325f où à 300f, cela me semble raisonnable. Maintenant, si les Sénégalais veulent que le prix de l’arachide soit moins cher sur le marché, il faudra que l’État fasse une subvention là-dessus, sinon personne ne pourra s’attendre à une baisse de prix ».

Hadj Ludovic