[Interview] Bangui Fait Son Cinéma: «Ensemble et dans notre diversité nous construisons quelque chose» (Sylvianne Gboulou)

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Sylviane Gboulou, déléguée générale du festival " Bangui Fait Son Cinéma ".

Tract – Entretien avec  Sylviane Gboulou, déléguée générale du festival  » Bangui Fait Son Cinéma « , initié en 2020, qui tiendra à Bangui, en Centrafrique, du 19 au 26 novembre 2022. 

 

Quelle est l’histoire derrière ce festival ?

Très belle question, car c’est là toute l’âme du festival, la vie de Bangui Fait Son Cinéma, le pourquoi de son existence.

Ce festival est tout simplement la réponse  à tout ce que l’on a pu penser ou dire de négatif sur le cinéma africain et afro-descendant. Bangui Fait Son Cinéma affirme que le 7ème Art est une réalité et s’enracine concrètement et professionnellement en notre sein. C’est un défi et un pari réussi : nous pouvons tous travailler ensemble pour une plus grande visibilité de ce que nous sommes dans nos racines les plus profondes. Voilà notre âme, voilà notre histoire.

Qu’est-ce qui, selon vous, fera de ce festival une action pérenne dans le paysage culturel africain ?

Nous en sommes à notre 3ème édition, nous avons l’humilité d’apprendre de nos aînés et nous sommes engagés à toujours mieux faire pour encrer rigoureusement et vigoureusement notre festival. Les résultats sont là : chaque année nous montons en qualité, en partenariat et devenons de plus en plus efficace. Les Africains et Afro-descendants disent oui au festival, y participent et attendent impatiemment de nous revoir tous. Les réalisations affluent et les sélections elles aussi sont aux normes internationales ! Le pays tout entier soutien le festival et nous voyons comment les autres nations, festivals s’y intéressent et collaborent avec nous.

Quelles sont les activités qui meubleront ce festival du 19 au 26 novembre 2022 à Bangui ?

La première activité sera bien évidemment le visionnage des films, la sélection ayant été faite en amont ! Nous proposons des échanges et rencontres avec les acteurs présents. Ce sera véritablement une harmonie entre le public, les acteurs et tous les professionnels du cinéma. Et la cerise sur la gâteau sera les master-class. Vous vous rendez compte, cette année ce sera la rencontre entre le Fespaco, Hollywood, Nollywood, l’Afrique de l’Ouest, l’Europe, les Antilles, l’Afrique Centrale et Bangui Fait Son Cinéma !

Existe-t-il des modalités de participation à ce festival ? Si oui, lesquelles ?

Des modalités de participation en tant que telles, je dirai non. Mais bien évidemment tous les membres du jury sont invités ainsi que les invités d’honneurs, parrains et marraines du Festival. Nous avons tant notre équipe de France que celle de Bangui et le public participe à notre Festival sans aucun frais.

Dans votre démarche qui, visiblement, vise à valoriser l’héritage culturel africain en général, spécifiquement d’Afrique Centrale, pensez-vous que Bangui peut être, à long terme, le lien ou le site incontournable de la transversalité de l’art et de la culture en Afrique francophone ?

C’est ce que nous construisant et l’aspect le plus positif pour l’heure c’est que les Centrafricains et nos autorités se sentent concernés et se sont appropriés le festival. Oui, en Centrafrique une plaque tournante de l’art et de la culture prend forme. De part la naissance de ce festival Bangui Fait Son Cinéma, d’autres festivals dans d’autres disciplines de l’art et de la culture ont vu le jour. Ensemble et dans notre diversité nous construisons quelque chose. Bangui Fait Son Cinéma apporte certainement la dimension continentale et internationale pour cette transversalité de l’art et de la culture en Afrique Centrale.

Peut-on espérer voir s’organiser à Bangui, avec le soutien de « Bangui fait son cinéma », des ateliers d’écriture, des résidences cinématographiques ou de soutien créatif destinés aux participants du festival et aux jeunes artistes ?

Mais c’est là tout le contenu dont les Africains et Afro-descendants ont besoin pour faire éclore entièrement, totalement et asseoir notre 7ème Art. C’est ce que Bangui Fait Son Cinéma construit pas à pas, mais sûrement avec tous ses partenaires et participants.

Jusqu’ici, quelles sont les difficultés rencontrées dans l’organisation de ce festival ?

Les difficultés sont toujours d’ordre financier pour une jeune organisation comme la nôtre. Il nous faut fidéliser nos partenaires et comme le festival prend de la notoriété, c’est plus de monde donc plus de ressources financières dont nous avons besoin. Dès que le festival se termine, le lendemain, c’est la préparation du prochain festival qui commence. On n’attend pas, on commence notre travail. L’argent est le nerf de la guerre, dit-on !

Des projections pour 2023 ?

Oui, tout à fait ! La participation aux différentes rencontres internationales du 7ème art, la concrétisation de différents projets mis en route et bien sûr la préparation de notre 4ème Edition. Et pourquoi pas un rôle ou une réalisation !

Pour sortir, quel message adressez-vous aux différents acteurs de la sphère de l’art et de la culture africaine en général ?

Osez et foncez ! Ne doutez jamais de vous, exprimez noblement et dignement votre génie créateur, car il est bien réel. Le continent en est à une nouvelle étape de son évolution et de son histoire. Il compte sur ses filles et ses fils pour dorer et redorer son blason.

 

Propos recueillis par Baltazar Atangana Noah

(noahatango@yahoo.ca )