MOTION DE CENSURE DE YAW: la réponse du Pm Amadou Ba à la «motion de défiance» de l’opposition

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Tract – La motion de censure déposée par le Groupe parlementaire Yewwi Askan Wi lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Amadou Ba a été examinée hier à l’Assemblée nationale. Le Chef du gouvernement, venu apporté sa réponse face à cette requête qu’il qualifie de « motion de défiance », a tenu un discours pour défendre l’état d’esprit qui anime l’action de ce Gouvernement afin de le maintenir et de travailler pour le compte des sénégalais, conformément à la vision du Président de la République M. Macky Sall.

Très ferme lors de son discours, Amadou Ba n’a pas manqué de tirer sur l’opposition avant de les inviter à se ressaisir et à répondre aux attentes des sénégalais.

Dès l’entame de son grand oral, le Chef du gouvernement a laissé entendre :

« Le 12 décembre 2022, je me suis présenté devant cette auguste assemblée pour exposer à la Nation, à travers ses honorables représentants que vous êtes, la déclaration de politique gouvernementale. Ce rituel républicain que j’ai eu le privilège d’accomplir devant vous m’a permis de vous partager, avec humilité et respect, l’état d’esprit qui
anime l’action de ce Gouvernement d’action et de combat pour la satisfaction des besoins de nos compatriotes à travers trois orientations primordiales qui font de notre gouvernement ; un gouvernement de consolidation, en
résonance avec les réalisations majeures déjà enregistrées ; un gouvernement en synergie avec les populations, à l’écoute de leurs besoins ; un gouvernement résolument engagé, qui trace un sillon vers l’émergence. Aujourd’hui, je reviens avec le même état d’esprit, en compagnie de l’ensemble des membres du Gouvernement, pour sacrifier à un autre rituel démocratique, celui prévu à l’article 86 de notre Constitution qui encadre la motion de censure
spontanée introduite par les honorables députés du Groupe parlementaire Yewwi Askan Wi », a prononcé Amadou Ba en guise d’introduction.

Restant toujours sur cette motion de censure, le Premier ministre martèle :

« Cette motion de censure a été qualifiée par ses honorables auteurs de (je cite) « motion de défiance à l’égard du Premier Ministre qui n’a pas voulu se soumettre à un vote de confiance des députés » (fin de citation). Cette qualification inadéquate se fonde d’emblée sur la volonté de transformer en obligation ce que l’article 55 de notre Constitution considère comme une faculté laissée à l’appréciation du Premier Ministre : (je cite) « Après sa nomination, le Premier Ministre fait sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Cette déclaration est suivie d’un débat qui PEUT, à la demande du Premier Ministre, donner lieu à un vote de confiance (fin de citation). Cette prérogative qui consiste pourle Premier Ministre à provoquer le vote de confiance est différent de la motion de censure qui nous réunit aujourd’hui », a-t-il rappelé.

Avant de souligner que les auteurs de cette motion ont une mauvaise compréhension de l’article 55 de la Constitution :

« Les rédacteurs de ce texte ont transformé une faculté en obligation, ce qui révèle leur niveau de compréhension de l’article 55 de la Constitution, mais au-delà, ils procèdent à une lecture de pensée en ce qu’ils expriment eux, ce que le Premier Ministre a décidé de faire, interprétation qui est bien évidemment totalement erronée. Les honorables auteurs de cette « motion de défiance » (comme ils l’appellent eux-mêmes) auraient pu se passer d’établir un lien inexistant entre ces deux dispositions et se satisfaire de celles de l’article 86 qui leur confère un fondement autonome et suffisant. Cette motion paraît avoir été rédigée avant ladite déclaration et rattachée artificiellement non à son contenu, mais à leur attente déçue », a jugé le Premier Ministre.

Le 14e Chef de gouvernement dans l’histoire politique du Sénégal, comme qui s’en prend aux députés de la Coalition Yewwi Askan Wi, signataires de la motion de censure, hausse le ton :

« Il n’est inconnu d’aucun de nos concitoyens que vous, rédacteurs de cette motion, et vos partisans, avez pris l’engagement de rendre le pays ingouvernable. Vous projetez sur le Premier Ministre les intentions qui sont les vôtres, vous cherchez (comme vous dites vous-mêmes) à bloquer la démocratie par une attitude de défiance à la
légitimité du suffrage universel…Tous nos compatriotes savent que nous ne sommes pas en cohabitation structurellement impossible dans notre régime politique qui n’est pas un régime parlementaire, mais plutôt un régime dont la clef de voûte est le Président de la République élu du peuple dans son indivisibilité…Votre auguste assemblée, à travers une forte majorité a adopté le budget que notre Gouvernement lui avait soumis, il y a moins d’une semaine. Cette adoption du budget, à une majorité aussi confortable, constitue en soi, une marque de
confiance à l’égard de notre Gouvernement», a rappelé l’ancien Ministre de l’Economie et des Finances à l’égard des députés de la Coalition Yewwi Askan Wi.

Défendant à fond le gouvernement dont il coordonne l’action, le 4e Premier ministre sous l’ère M. Macky Sall, enfonce le clou :

«Contrairement à vos allégations, le Gouvernement dont j’ai, par la confiance du Président Macky Sall, l’honneur et la responsabilité de coordonner l’action, est au service exclusif de nos concitoyens. Vous, comme nous, savez que les Sénégalaises et Sénégalais veulent la rupture : la rupture avec cette manière de faire la politique, fondée sur le blocage systématique des institutions, ce qui rend les populations peu fières ; la rupture pour aller vers une démocratie apaisée dans laquelle les politiciens ont de la hauteur, et traitent avec respect et bienveillance leurs collègues, les institutions, leurs concitoyens et les pays partenaires du Sénégal ; la rupture en mettant l’intérêt supérieur du Sénégal au-delà de toute considération partisane, avec intelligence, organisation et
méthode et non en cultivant la haine et l’adversité, la colère et les calomnies, les invectives et les médisances, les subversions et les transgressions ; la rupture en consolidant l’État de droit avec
une justice qui protège les plus faibles, garantit sans complaisance la sécurité et l’intégrité du
territoire ; la rupture pour construire avec conscience et bienveillance une nation prospère et en paix », a-t-il également lancé aux camarades de Barthélémy Dias.

Puis de les sermonner :

« Le peuple attend de nous tous une attitude plus patriotique, plus républicaine, plus démocratique, une attitude plus intelligente. Le peuple vous observe, nous observe mais vous préférez peut-être rester sourds à ses alertes
incessantes face aux nouvelles pratiques que vous avez introduites dans le champ politique et dans lesquelles le peuple ne se retrouve point. Libérez le peuple, « Yewwi lène askan-wi », de la désinformation, de la manipulation et de l’arrogance comme mode de communication politicienne. Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, de la
violence verbale, morale et physique comme moyen de pression politique. Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, de
l’impertinence, de l’intempérance et de la communication nébuleuse. Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, du discours de haine et de xénophobie à l’endroit des pays frères et amis partenaires du Sénégal qui contribuent à notre effort de développement ».

Sur la même dynamique, Amadou Ba maintien le ton :

« En levant le filtre sur vos observations, vous constaterez que les préoccupations des populations sont largement prises en compte par notre gouvernement, en matière de lutte contre la faim et la pauvreté, d’amélioration de la performance de l’Administration, de gouvernance transparente, d’éducation et de formation, de santé et de bien- être, de satisfaction des préoccupations des Sénégalais de l’extérieur, de gestion concertée de nos ressources naturelles. En définitive, il s’agit bien d’un gouvernement à l’écoute des besoins des populations et résolument engagé vers l’émergence. La relecture de la déclaration de politique générale vous permettra en effet de vous apercevoir du décalage qui existe entre votre texte et la réalité du discours qui vous a été proposé ».

Dans un ton de recadrage, l’ancien agent des impôts et domaines poursuit :

« Vous êtes interpellés dans votre conscience pour laisser le Gouvernement continuer son travail sous votre contrôle vigilant et l’évaluer sur la base de ses promesses, comme vous y invite la Constitution. Notre pays est à la croisée des chemins. Le temps est celui de l’engagement et de l’action intelligente au regard des enjeux économiques, environnementaux, socioculturels qui défient tous les États du monde. Le peuple attend de nous plus
de clairvoyance et de responsabilité pour consacrer notre temps à faire œuvre utile pour le bien de
l’ensemble des populations. Nous devons démontrer, encore une fois, que nous sommes un grand peuple ; que nous sommes capables de mobiliser nos énergies, de rassembler nos forces pour servir les intérêts de notre cher pays. Quelles que soient nos opinions et nos divergences politiques, nous devons pouvoir nous rassembler autour de l’essentiel. Il nous faut marcher ensemble, la main dans la main, pour maintenir et consolider la cohésion sociale de notre cher pays et redonner à la jeunesse sénégalaise espoir et confiance en son avenir » a-t-il fait savoir comme étant son souhait.

Ainsi, avant de finir son allocution, le Chef du gouvernement lance un message à l’ensemble des députés particulièrement à ceux de l’opposition:

« J’en appelle à la conscience et à l’engagement responsable des honorables représentants du peuple pour rejeter purement et simplement cette motion de défiance inopportune. Ce serait la meilleure façon de confirmer la confiance que le peuple avait déjà manifestée à l’endroit de la déclaration de politique gouvernementale. Je remercie également les députés de l’opposition républicaine qui ne voteront pas cette motion de censure. Dans cet hémicycle, il y a des députés, qui, bien qu’étant de l’opposition, sont des démocrates conscients et responsables ; qui critiquent objectivement les actes du Gouvernement, mais qui contribuent à la construction de notre cher pays; des députés qui savent mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de l’intérêt partisan », a sollicité le Premier ministre Amadou Ba dans sa conclusion.

Hadj Ludovic