[Note de lecture] ‘Fleurie Neige et la Panthère’* de Fleurie LECLERCQ : un livre nitescent !

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Tract – L’histoire repose sur la merveilleuse découverte de Fleurie Neige, jeune et adorable petite fille, vivant avec sa bienveillante grand-mère, qui  va chercher de l’eau avec son ami Rémi. Et qui, en marchant dans la forêt, font la découverte d’une petite panthère que la petite fille apprivoise. Ce, bienveillance et humanisme aidant, à la manière du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupery apprivoisant le renard. 

 

Humaniste, cette histoire dispose de tant de niveaux de lecture qu’elle ne s’oublie jamais, après lecture. De fait, l’auteure présente, par temps de violences généralisées, crises sanitaires et sécuritaires à travers le monde, aux Hommes les valeurs humanistes et universelles dans une histoire plutôt que de faire un traité sur la morale. Pour cela, elle choisit une panthère comme simili pour traduire la valeur principale que le personnage Fleurie Neige reflète : la bienveillance. Cette rencontre signifie pour  Fleurie Neige le dépassement de la solitude, de l’égoïsme dans un monde où les Hommes sont intéressés plus que jamais.

L’apprivoisement comme simili d’initiation

La rencontre avec la petite panthère dévoile l’enseignement de l’apprivoisement : il faut être patient (Fleurie Neige), et pour rendre l’autre moins farouche (la petite panthère), il faut laisser à l’autre le temps de se préparer à la rencontre.

L’expérience de l’apprivoisement de la petite panthère traduit la générosité de la bienveillante Fleurie. Cette expérience lui redonne une autre vision de la vie, en faisant éclore son désir de protection pour la petite panthère. Cette rencontre semble se faire hors de l’espace et du temps. Une panthère, généralement connue pour sa férocité, qui sympathise et se familiarise avec des enfants en pleine forêt ? Soit !

Un vrai dialogue s’instaure entre la petite fille et la petite panthère. Ils se comprennent intuitivement. Tout comme Fleurie Neige, la panthère  n’est pas égoïste. Elle s’exprime elle aussi dans sa propre logique, qui reflète une bienveillante sagesse spontanée. De toute évidence, les deux êtres sont, l’un comme l’autre, à la recherche espérée et rêvée d’un ami pour égayer leur vie, marquée par la quête de soi et la solitude :

« Ma famille a été capturée dans la forêt par des chasseurs. Maintenant, je n’ai nulle part où aller”, dit Nzui en regardant tristement vers la fenêtre. Fleurie Neige prit la petite panthère dans ses bras : “Ne t’inquiète pas, Nzui. Je peux peut-être t’aider à les retrouver. Ma grand-mère connaît beaucoup de gens dans le village et elle pourra demander de l’aide. » p.38

À travers cette histoire, Fleurie LECLERCQ insiste sur le fait que l’Homme n’accède à de telles valeurs -bienveillance, générosité, partage, don de soi- que par le biais de l’expérience. Et que, partant de l’encouragement des uns et des autres à adopter, en ce début de siècle « brutaliste », l’approche « one health » qui suggère, entre autres, de penser le bien-être  des êtres vivants à l’interface entre celle des animaux, de l’Homme et de leur environnement. Ce n’est donc point l’intellect qui  ouvre à Fleurie  Neige la voie d’une telle initiation, mais bien le cœur et l’intuition dans une dimension d’acceptation de l’Autre et de sa vision du monde.

Fleurie Neige et la Panthère se révèle donc, au-delà de quelques lapsi scripturae d’inattention à améliorer, comme une fine pépite, certainement. Pour la littérature jeunesse francophone.

Baltazar Noah

noahatango@yahoo.ca 

*C’est une œuvre publiée en 2018 aux éditions Ndé Media groupe par Fleurie LECLERCQ.