ANALYSE POLITIQUE DE L’ANNEE 2022 : Abdoulaye Sow, spécialisé en science politique, fait le total des évènements

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Tract – Les faits de nature politiques qui se sont déroulés durant l’année 2022 ont été suivi avec beaucoup d’intérêts par des universitaires. 

 

C’est le cas d’Abdoulaye SOW, étudiant en Master II en Science Politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Le politologue en herbe, dans une analyse politique de l’année 2022, évoque d’emblée :

« L’année 2022 a été une année électoraliste. Les élections locales et les élections législatives ont ponctué l’année 2022. Ces dernières ont été marquées par une percée constante de l’opposition notamment de la Coalition Yewwi Askan Wi. Toutefois, la majorité présidentielle reste toujours aux commandes malgré qu’elle essuie un recul en perdant les grandes villes et la majorité absolue entrainant un coude à coude à l’hémicycle sénégalais et une nouvelle configuration de l’Assemblée nationale qui laisse apparaitre une tension permanente. Ce quasi équilibre des forces politiques à l’Assemblée Nationale a eu comme effet une installation musclée du bureau de l’Assemblée nationale qui s’est faite au forceps et qui donne une image pas du tout reluisante de notre jeune démocratie. L’idée d’une quatorzième législature de rupture garde son souffle eu égard aux nombreuses tensions qui rythment l’hémicycle sénégalais. Les résultats issus des élections législatives sont une suite normale des scores des élections locales. Les grandes villes comme Thiès, Ziguinchor, Dakar, Guédiawaye, Kaolack entre autres tombent sous les méandres de l’opposition entrainant ainsi une fragilité de la grande Coalition Benno Bokk Yakaar », a noté Abdoulaye SOW.

Avant de rajouter :

« La percée historique de l’opposition notamment de l’inter-coalition Yewwi-Wallu a redessiné le landerneau politique sénégalais avec au total 80 sièges à l’Assemblée nationale (Yewwi 56 et Wallu 24) contre 82 sièges de la Coalition Benno Bokk Yakaar. La création du REELS (Réseau des Elus Locaux du Sénégal) traduit cette démonstration de force de la Coalition Yewwi Askan Wi à sa tête Ousmane SONKO et entre en lice pour ne pas dire se démarquer de l’Association des Maires du Sénégal (AMS). A cet effet, il faut saluer la révélation de nouveaux arrivés sur la scène politique comme Pape Djibril Fall, élu député sous la bannière de la Coalition Les Serviteurs-MPR et occupe le quatrième rang avec 56.303 voix, derrière les Coalitions de BBY de Yewwi et de Wallu », a-t-il jugé.

Le spécialisé en Science Politique a également noté :

« L’année 2022 est aussi marquée sur le plan politique par des emprisonnements répétitifs d’activistes, de journalistes, des voix autorisées et dissidentes. Cela traduit la fragilité de notre démocratie avec une violation des libertés et droits fondamentaux des citoyens. Au chapitre des arrestations, des détenus comme François Mancabou a perdu sa vie dans les lieux de la détention remettant en cause le respect des droits humains. S’en suivent les disparitions de deux personnalités Didier Badji et Fulbert Sambou qui sont respectivement en service à l’inspection générale d’Etat et à la direction des renseignements militaires », rappelle-t-il.

L’étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis s’est aussi prononcé sur la nomination récente d’un nouveau Premier ministre :

« Après la restauration du poste de premier ministre en décembre 2021 en procédure d’urgence, Amadou Ba se verra nommer le 17 Septembre 2022 après l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Le choix porté sur de Amadou Mame Diop au poste du Président de l’Assemblée Nationale a suscité une réaction imminente et fâcheuse de Aminata Touré ; tête de liste de Benno Bokk Yakaar, ancien Premier Ministre du Sénégal qui, se sentant trahie, s’offusque et se retire du groupe parlementaire de BBY pour être dans la ligne des non-alignés », a-t-il rappelé.

Puis d’évoquer un autre point :

« Un autre fait marquant c’est l’Affaire Amy Ndiaye Gniby qui a fait couler beaucoup d’encre et finit par occasionner une arrestation de deux députés de Yewwi Askan Wi. C’est une scène regrettable et qui nous amène à repenser notre contrat social sénégalais », a-t-il dit.
M. Abdoulaye Sow, retient :

« Toutes ces questions liées aux restrictions des libertés individuelles sur fond d’une mauvaise gouvernance comme le montre le rapport de la cour des comptes ont été les motifs, (selon les initiateurs de ce projet de dissolution du gouvernement), d’enclenchement d’une motion de censure demandant le départ du gouvernement d’Amadou BA. La motion a été « censurée » et rompant ainsi le mariage fraternel entre Yewwi et Wallu ».

Dans sa conclusion, notre analyste du jour souligne :

« La fin de l’année 2022 a été clôturée par une sortie macabre et désolante du rapport de la Cour des comptes qui fait mal au point toute cette gouvernance « sobre » et « vertueuse » de la Covid 19. Toutefois, nous pouvons nous contenter de toute cette liesse populaire intervenue en Janvier 2022 où le Sénégal est champion d’Afrique », a-t-il conclut.
Hadj Ludovic