édition établie, présentée et annotée par Sophie Doudet, Gallimard, 2016, 152 pages

Littér’ataya : Correspondance 1941-1959 et autres textes, Albert Camus André Malraux

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La correspondance est mince : 36 lettres, courtes, souvent plus des billets que des missives, en quinze années. Elle tient dans cet ouvrage à peine quarante pages. Mais elle est émouvante, et dense. Elle retrace le parcours de Camus,  depuis l’écrivain de 25 ans qui envoie son texte, L’étranger, à un aîné qu’il admire profondément, jusqu’au prix Nobel de littérature qui regrette que ce prix n’ait pas été attribué à Malraux plutôt qu’à lui. Pour son premier roman Camus a donc suivi à la lettre les propositions de réécriture de Malraux et ce dernier, recommandant le manuscrit à Gallimard écrit: «attention, ce sera un écrivain important.» L’ouvrage comporte, en annexe, des textes passionnants: un extrait de l’adaptation du Temps du mépris, par Camus, un article « à propos d’André Malraux, Orient et Occident », dans lequel Camus marque sa différence d’avec la pensée de Malraux, la pensée et la sensibilité coexistant, pour lui, dans l’homme occidental; d’autres articles de Camus pour la revue Combat faisant référence à Malraux; et divers écrits de celui-ci à la fois sur l’œuvre de Camus et sur la possibilité de lui confier la direction d’un théâtre parisien. Enfin, une chronologie, se déroulant de 1920, date à laquelle Malraux rencontre Pia, le rédacteur en chef dAlger républicain,  qui lui fera plus tard rencontrer Camus, jusqu’en 1984. Elle aide à contextualiser la relation, toujours distante mais faite d’estime profonde, entre les deux hommes. Le travail de Sophie Doudet nous aide à approcher de ces échanges, à entrer, un peu, dans leur intimité et cela est précieux.

Véronique Petetin ©Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

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