AliouTimisGate – Cette tribune de Mimi Touré dans Jeune Afrique est la ligne de défense la plus sereine du camp présidentiel

« L’arbre de l’affaire Petro-Tim ne doit pas cacher la forêt de la bonne gouvernance », écrit  Aminata Touré, présidente du CESE, dans une tribune publiée par JeuneAfrique.com

Elle y poursuit : « La diffusion du documentaire tendancieux de la chaîne britannique BBC traitant de la gestion des ressources naturelles au Sénégal a déclenché un tel intérêt médiatique qu’il m’a paru important de rappeler notre longue tradition de démocratie, de participation citoyenne et de transparence. Cela, le monde ne doit point l’oublier à l’heure des stéréotypes qui continuent à présenter le continent africain comme la terre de tous les malheurs.

Le Sénégal, petit pays de 16 millions d’habitants n’a jamais connu ni coup d’État ni guerre civile (nous prions Dieu pour qu’il continue d’en être ainsi). Notre premier président, de confession catholique dans un pays à 95 % musulman, le poète Léopold Sédar Senghor, a volontairement démissionné en 1981 pour céder la place au président Abdou Diouf, qui lui-même a été remplacé par  le président Abdoulaye Wade à l’issue de l’élection de 2000.

Le 24 mars 2012, le président Macky Sall inaugurait l’ère de la seconde alternance politique en remportant l’élection présidentielle avec 65 % des suffrages. Il a été réélu en février 2019, avec 58 %, dans un scrutin jugé libre et transparent par tous les observateurs nationaux et internationaux.

Des mesures hardies

Cette vitalité démocratique sénégalaise  se nourrit d’une culture solidement ancrée de dialogue entre les forces vives de la nation. Elle s’est aussi accompagnée d’un renforcement progressif de notre système de gouvernance. Sur 52 pays étudiés en Afrique en 2018, l’ONG Transparency International classe le Sénégal à la huitième place pour l’Indice de perception de la corruption.  Depuis 2012, des mesures hardies ont été prises pour lutter activement contre la corruption et l’impunité, parmi lesquelles on peut citer l’institutionnalisation de la déclaration de patrimoine, la création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), le Code de transparence dans la gestion des finances publiques ou l’adhésion volontaire à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Dans le domaine de la gestion à venir des ressources naturelles, il s’est agi d’instituer une approche participative qui s’inscrit dans notre belle tradition de l’arbre à palabres. À cette fin, le Conseil d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (COS-Pétrogaz) a été créé. Et, fait suffisamment rare sur notre continent pour être souligné, il est désormais ouvert aux représentants de la Société civile et de… l’opposition.

Afin qu’aucun citoyen sénégalais n’en ignore, tous les contrats pétroliers sont rendus publics et peuvent être consultés sur le site du gouvernement sénégalais et celui de l’ITIE. Le Sénégal s’est aussi récemment doté d’un nouveau code pétrolier visant à mieux protéger nos intérêts nationaux. Il stipule expressément la mise en place d’une commission d’évaluation et de négociation des contrats, le recours systématique à l’appel d’offre pour l’octroi des permis et licences ainsi que la divulgation des bénéficiaires effectifs.

Dans un élan de solidarité intergénérationnel, il est prévu la mise en place un Fonds d’investissement pour les générations futures qui répondra aux normes de transparence et de contrôle afin d’assurer la traçabilité des ressources. Ce fonds, qui s’inspire des expériences les plus réussies dans le monde, sera régi par la loi en cours de préparation sur « la répartition des futurs revenus tirés du pétrole et du gaz ». La loi sur le contenu local va quant à elle déterminer les niches de partenariat et d’investissement en faveur de nos entreprises nationales.

Souci de transparence

Cette batterie de mesures progressistes  est incontestablement l’expression de la volonté du président Macky Sall de conjurer la malédiction des ressources naturelles qui a longtemps frappé notre continent. C’est ce même souci de transparence qui fonde la décision du ministre de la Justice du Sénégal d’ouvrir auprès du Parquet de Dakar une enquête judiciaire sur ce que la presse a eu vite fait d’appeler « l’affaire Petro-Tim ». Afin que les Sénégalais et l’opinion publique soient définitivement édifiés, la justice sénégalaise est appelée à faire son travail de manière libre et indépendante.

Il est important de rappeler que le Sénégal a l’ambition ferme de continuer à écrire de nombreuses pages dans le registre de la bonne gouvernance et de la démocratie. Ses efforts avant-gardistes méritent d’être reconnus et encouragés. Entre-temps, veillons à ne point céder à l’afro-pessimisme ou aux stéréotypes à la peau dure qui voudraient que toutes nos belles aventures finissent mal.

Nous prenons le pari que le pétrole et le gaz  seront une bénédiction pour notre pays, qui saura s’appuyer sur la vitalité de notre démocratie, la solidité de nos institutions et la participation dynamique de notre société civile. » conclue Mimi Touré dans Jeune Afrique, qui signe de son état-civil officiel : « Aminata Touré »