CONCOURS PANAFRICAIN DE CRITIQUE DE CINÉMA : «Un air de kora» d’Angèle Diabang passé au crible des critiques

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Le prix du concours panafricain du critique de cinéma a été célébré, hier. Un concours au cours duquel le film «Un air de kora» d’Angèle Diabang a été passé au crible des critiques africains de cinéma.

La Direction de la cinématographique (DCI) a accueilli, hier, la cérémonie de remise du prix du concours Panafricain de critique de cinéma, initié dans le cadre la 1ere édition de la «Semaine panafricaine de la critique d’art». Reporter au quotidien national «Le Soleil», Mamadou Oumar Kamara alias Moka a remporté le 3e prix. Hormis le diplôme d’attestation, l’Association des critiques de cinéma l’a choisi d’office pour participer au prochain atelier de la FAC, au FESPACO.

Initié par l’Agence panafricaine d’ingénierie culturelle (APIC), en partenariat avec la Fédération africaine de la critique cinématographique (FAAC) et la société SUDU Connexion, ce programme vise à valoriser le métier de critique d’art en Afrique. Cette 1ere édition, consacrée au cinéma, a connu la participation de 12 critiques de 9 pays africains. Ils ont proposé une critique du court métrage : «Un Air de Kora» d’Angèle Diabang (Fiction, 24′, 2019, Sénégal), soumis anonymement à l’appréciation du jury composé de Fatou Kiné Sène (Sénégal, journaliste, critique de cinéma, présidente de la Fédération africaine de critique cinématographique), Claire Diao (Burkina Faso/France, journaliste, critique de cinéma, gérante de la société SUDU Connexion) et Ahmed Boughaba (Maroc, journaliste et critique de cinéma).

C’est un film de la réalisatrice sénégalaise, dont la trame dérange, car c’est l’histoire d’un amour impossible entre Salma, jeune femme musulmane, voilée, et Frère Emmanuel, un moine catholique. Et c’est à cause  des pressions énormes, voire la censure, que son film n’est  pas projeté dans les salles de cinéma à Dakar. Certes il a été projeté à l’Institut culturel français, «mais c’était  dans un cadre presque protégé»

Le lauréat, Moka, visiblement ému, de dire qu’il n’est «pas satisfait du résultat, je souhaitais être à la 1ere place pour honorer davantage mon pays et ainsi que encourager les jeunes critiques. Mais ce n’est que partie remise. Il est l’heure de lever la censure, afin de permettre à tout un chacun de voir cette belle œuvre qui interroge beaucoup nos sociétés : l’amour, la condition féminine, les religions, etc».

«Je voudrais féliciter Roger (l’acteur principal), ici présent. Car, en parlant aussi de critique, on critique la grammaire cinématographie. Et dans ce film, il y a peu de dialogue. Et si ça a pu être aussi extraordinaire, c’est parce qu’il y a un incroyable jeu d’acteurs», félicite-t-il.

Justement l’acteur, Roger souligne que ce film qui a suscité beaucoup de polémique et de débat «a été fait avec le cœur, mais pas pour blesser quelqu’un ou poser un débat de divergence. Il pose plus quelque chose qui est réel et présent dans notre société».

Absente du Sénégal, la réalisatrice Angèle Diabang, a réagi via la magie de la technologie. «C’est très encourageant, car on a vu des articles, une vrai critique, pas pour sortir le côté sensationnel de notre travail. Mais ils ont étudié le film sur tous les plans : artistiquement, sur la thématique, la technicité, le jeu des acteurs. Cela nous a marqués vraiment», se réjouit-elle dans les colonnes de Voxpop

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