Coronavirus : l’Italie place en quarantaine Milan, Venise et d’autres zones

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Selon le projet de décret du gouvernement, les déplacements pour entrer et sortir de ces zones seront strictement limités durant la quarantaine, qui restera en vigueur jusqu’au 3 avril.

L’Italie, pays le plus touché d’Europe par le coronavirus, devrait rapidement augmenter son niveau d’alerte. Le pays envisage de placer en quarantaine « dans les prochaines heures » toute la Lombardie, dont la capitale économique du pays Milan, ainsi que la région de Venise, le nord de l’Emilie-Romagne et l’est du Piémont, ont annoncé samedi 7 mars dans la soirée plusieurs médias italiens.

Le décret gouvernemental prévoit aussi une quarantaine pour une partie de la Vénétie, la région de Venise, et de l’Emilie-Romagne, notamment les villes de Parme et Rimini, soit environ 540 000 personnes dans les zones urbaines. Milan, elle, compte un peu moins de 1,4 million d’habitants, et la Lombardie totalise 10 millions de personnes.

Les déplacements pour entrer et sortir de ces zones seront strictement limités durant la quarantaine, qui restera en vigueur jusqu’au 3 avril, selon le projet de décret du gouvernement cité par les médias, au nombre desquels l’agence Ansa ainsi que les quotidiens Il Corriere della Sera et La Repubblica. La date d’entrée en vigueur du décret n’était pas précisée par les médias. Le Corriere Della Sera l’annonçait « imminent ».

Avec ce projet, publié par plusieurs médias, le gouvernement espère « combattre et contenir la propagation du coronavirus », en « évitant absolument tout mouvement d’entrée et de sortie » dans onze provinces du nord du pays. Une exception est faite pour « les travaux ou les urgences qui ne peuvent être reportés », précise le document, qui n’a pas encore été signé par le siège du gouvernement du Palazzo Chigi, à Rome. Les établissements qui ne respecteraient pas ce décret seront soumis à des sanctions, précise le document.

233 morts

Avec près de 6 000 cas et 233 morts, l’Italie est le troisième pays le plus durement touché au niveau mondial. Les vingt et une régions italiennes sont toutes concernées, mais l’essentiel des cas est concentré dans le Nord, en Lombardie, en Emilie-Romagne et en Vénétie. L’Italie a enregistré 36 nouveaux morts liés au coronavirus en vingt-quatre heures, tandis que le nombre de cas est monté à 5 883 (+ 1 247), selon le bilan officiel publié samedi.

Un homme politique de premier plan, Nicola Zingaretti, chef du Parti démocrate, qui participe à la coalition au pouvoir, a annoncé samedi sur Facebook qu’il était positif : « Je vais bien mais je vais devoir rester chez moi dans les prochains jours. » Dans la cité du Vatican, qui a déclaré son premier cas vendredi, le pape François a annulé ses principales apparitions publiques et annoncé qu’il ferait sa prière dominicale par vidéo pour « éviter les risques de diffusion » du coronavirus.

Le gouvernement italien a décidé samedi d’envoyer 20 000 renforts dans ses hôpitaux pour affronter l’épidémie qui frappe la péninsule. Cette mesure devrait permettre de porter de 5 000 à 7 500 le nombre de lits en soins intensifs, soit une hausse de 50 %, et de doubler le nombre de places dans les services de pneumologie et maladies infectieuses. Face à l’urgence de la situation, le décret du gouvernement prévoit la possibilité de recruter des médecins à la retraite. Le taux de létalité du virus en Italie s’élève à 4,25 %, contre 3,8 % en Chine et 0,68 % en Corée du Sud.

Toutes ces mesures représentent un budget d’un milliard d’euros à prélever sur les 7,5 milliards débloqués « pour faire face aux exigences extraordinaires et urgentes dues à la diffusion du Covid-19 (…) », selon le communiqué du gouvernement. Les préfets se voient en outre attribuer la possibilité de réquisitionner des hôtels pour loger les personnes en quarantaine.

Cette quarantaine géante pourra-t-elle être respectée, alors que les mesures de confinement déjà prises ont manifestement échoué ? Samedi soir, plusieurs journaux italiens racontaient l’histoire d’un couple de résidents de Codogno (Lombardie), habitant donc en plein cœur de la zone confinée, qui était partis quelques jours plus tôt de leur domicile, malgré l’interdiction, pour rejoindre le Trentin, où ils ont une résidence secondaire. Se sentant mal, les deux retraités se sont rendus aux urgences les plus proches, où ils ont été diagnostiqués positifs au test du coronavirus. Le président de la province, Maurizio Fugatti, a qualifié leur attitude de « comportement irresponsable ».

Tract / Le monde