Covid : Seul sur 162 pays, Madagascar et son président TGV refusent tous les vaccins, au profit de leur tisane

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Pas pressé de vacciner sa population, le président malgache Andry Rajoelina a redit samedi soir préférer son remède à base de plantes pour lutter contre la pandémie de coronavirus dans l’île de l’océan Indien.

«Personnellement, je ne suis pas encore vacciné et je n’ai pas l’intention de me faire vacciner», a-t-il dit lors d’une adresse télévisée.

C’est la COVID Organics, connue sous l’abréviation CVO, cette tisane «miracle» à base d’artemisia qui est désormais également produite sous forme de gélule, «qui va me protéger et protéger ma famille», a-t-il affirmé.

Il a cependant assuré ne pas être absolument opposé à la vaccination: «Moi et l’État malgache ne sommes pas contre le vaccin». Madagascar se trouve dans «une phase d’observation du vaccin, mais il y a trop d’effets secondaires» pour l’instant, a-t-il estimé, sans détailler lesquels.

Amnesty International a critiqué cette position dans la journée en dénonçant une atteinte aux droits des Malgaches de bénéficier des meilleurs soins possible.

Alors que la plupart des pays se démènent pour obtenir des vaccins «validés par l’OMS», le gouvernement malgache «recommande un traitement à base de plantes qu’il qualifie de « remède miracle »», dénonce l’ONG dans un communiqué, alors qu’«aucun élément ne permet de penser» que le CVO «est efficace dans la prévention des infections à la COVID-19».

Amnesty affirme encore que l’absence de perspective sur l’obtention de vaccins plonge de nombreux Malgaches «dans le désespoir», même si peu l’expriment «en raison du climat de peur instillé depuis un an, marqué par un durcissement de la répression des voix critiques».

Le président Rajoelina a annoncé que son pays entrait dans une deuxième vague d’infections, en raison notamment de la présence du variant sud-africain.

Le dernier mois, 2483 nouveaux cas de contamination et 45 décès ont été recensés, a dit le président, estimant que ces chiffres n’avaient «rien d’inquiétant».

Madagascar avait procédé, dès avril 2020, à une distribution gratuite en grande pompe de la tisane anti-COVID, interrompue à la levée du confinement en octobre.

Le président a promis de nouvelles distributions gratuites lundi dans les quartiers les plus touchés par la pandémie.

En un an, le pays a enregistré plus de 22 000 cas et 340 décès.

En octobre, le président avait affirmé, lors d’une visite d’usine: «On va faire connaître au monde entier les gélules produites à partir d’artemisia et de ravintsara, des plantes locales malgaches, dont les vertus sont reconnues mondialement».

Au moins sept millions de Malgaches avaient alors déjà testé la tisane, selon lui, alors qu’à ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé son efficacité.

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