DEGATS COLLATERAUX DES VIOLENCES DANS LA CAPIATLE L’insécurité sur l’autoroute bloque des voyageurs à Dakar, ils ratent leurs vols

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Comme le dit l’adage Wolof : «aye dou yem sous boppou borom». Les manifestations qui ont jalonné la journée du vendredi à Dakar ont causé beaucoup de dégâts et n’ont pas sans conséquence. Ainsi, en début de soirée, bons nombres de voyageurs qui devaient rallier l’aéroport Blaise Diagne de Diass n’ont pas pu le faire. Ils ont dû rebrousser chemin à cause des violences, car s’étant retrouver en face d’une horde de jeunes qui avaient barrés l’autoroute et qui détroussaient et agressaient tous ceux qui s’y aventurer.

Cette situation d’insécurité, accentué par la caillassage des véhicules qui emprunter l’autoroute entre Thiaroye et Keur Massar, avec des jeunes qui avaient sauté le mur de protection et qui occupaient la chaussée, ont obligé les éléments de la gendarmerie de l’autoroute, en nombre très limité, à demander aux voyageurs de faire demi-tour pour ne pas mettre leur vie en danger.

Par les victimes de cette situation qui ont accepté de témoigner, il y a deux frères : F. K. et A. K., qui étaient venu de Paris la semaine dernière pour assister à l’enterrement de leur mère décédée à Dakar. Ils devaient rentrer en France dans la nuit du vendredi au samedi, vers 23 heures, par vol Air France. Ayant quitté le domicile familial sise à la cité Keur Khadim, vers les coups de 18 heures 30, vendredi, pour rallier l’Aéroport Blaise Blaise, ils n’ont pas pu y parvenir. En effet, ayant pris l’autoroute, arrivé au niveau du péage de Thiaroye, la police avait barré la route car de l’autre côté du péage les émeutiers jetaient des pierres sur des voitures qui passent. Les voitures étaient à contre sens et nous nous ont sommé de faire demi-tour. Le véhicule qui les transportait, comme tous les autres du reste, a été attaqué à coups de pierres par un groupe d’individus armés aussi de   de bâtons, de barres de fer.

Ces assaillants cassaient les voitures et dépouillaient leurs occupants de tous leurs biens. Les frères K. expliquent n’avoir du leur salut qu’à la prompte réaction du chauffeur qui, au prix d’une manouvre extraordinaire, a fait demi-tour sur les routes secondaires pour rejoindre le point de péage où étaient posté quelques gendarmes du peloton de circulation de l’autoroute à péage. Leur véhicule endommage, au même titre que d’autres, les gendarmes ont conseillé à tous les automobilistes de rebroussé chemin.

L’air dépité, ces jeunes n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Car, ils ont raté leur vol du jour, alors même qu’ils doivent rejoindre leur poste de travail ce samedi soir. Hélas, les voilà bloqués à Dakar à cause de ces violences dont ils sont les victimes innocentes, eux qui peuvent désormais craindre pour leur boulot.

«Comment je vais faire moi. Je dois rentrer, car je reprends le boulot ce samedi. C’est le même cas pour mon petit frère qui doit reprendre le travail le lundi. Là, on ne sait pas quand on va pouvoir voyager, après avoir raté notre vol qui était prévu à 23 heures. On vient d’appeler l’agence d’Air France pour les informer et voir les possibilités. Mais ils nous ont dit qu’il y a que deux possibilités. Notamment un vol qui part samedi soir, également à 23 heures, mais il faut débourser 158 000 FCFA ou alors attendre dimanche soir pour rentrer par un report de billet », confie A. K.

Son cadet de dire : «Je n’ai pas de choix je dois aller travailler. Du coup, je suis obligé de payer cette somme supplémentaire sur le prix initial de mon billet pour repartir samedi soir. En espérant aussi que la situation se calme et qu’on ne soit pas bloqué. Mais je suis prêt à aller dès l’après-midi à l’aéroport pour éviter de connaître la même mésaventure ».

Revenant à la charge, A. K. de relever que « c’est compliqué, parce que mon test de PCR Covid fini demain. Très certainement que si je dois attendre encore, je serais obligé de refaire un autre test et payer encore 40 000 FCFA, samedi matin. Car le délai de 72 heures sera dépassé à mon arriver à Paris, dimanche. Et c’est à mes risques et périls ».

Source : Voxpop

Adama Aïdara KANTE