Avec 174 employés pour produire un seul journal, on « comprend » qu’il démange au directeur du Soleil de licencier et Yakham Mbaye vient de le faire encore

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Après l’épisode « Madame Croquette », cette dame licenciée pour une histoire «d’éternuement » dans un contexte de Covid-19, un autre feuilleton s’ouvre au quotidien national « Le Soleil ».  Mbaye Sarr Diakhaté, correspondant du journal à Matam a été licencié par le directeur général Yakham Mbaye. Dans la lettre de licenciement, Yakham Mbaye dit reprocher au journaliste les griefs suivants : « déplacement hors du territoire départemental du milieu d’affectation sans autorisation de sa hiérarchie, abandon de poste, refus d’exécuter une mise en demeure, refus de répondre à la demande d’explication, insubordination ». Les licenciements sont une rubrique habituelle à la SSPP Le Soleil. Si nous trouvons cela inacceptable, Tract le comprend : avec 174 employés dans l’entreprise publique vieille de 50 ans, pour produire un seul support, Le Soleil, on « comprend » que le potentat Yakham Mbaye soit prompt à vouloir couper des têtes dans cette cour pléthorique. 174 employé dont même pas 60 sont des journalistes, bref un ratio incompréhensible pour une entreprise de presse. Les plus de 100 employés sont composés d’administratifs, souvent sans diplôme, embauchés complaisamment par le directeur.
Dans la décision portant licenciement de Mbaye Sarr Diakhaté, il est mentionné que le correspondant de Matam est licencié pour fautes lourdes pour les motifs précités.
« Il m’a affecté, j’ai contesté l’affectation en lui disant que cette affectation est irrégulière », indique Mbaye Sarr Diakhaté.
Par la suite, dit-il, des gens sont venus pour des négociations, mais il a catégoriquement refusé. « Au début de l’affectation, j’ai pas voulu saisir la justice car je pensais qu’il allait revenir à la raison. Mais apparemment, il s’entête et refuse de me rétablir. Mon contrat de travail ne prévoit pas une affectation. Il faut d’abord me notifier l’intention d’affectation au préalable sinon, je ne peux partir. Et c’est pourquoi j’ai campé sur ma position », dénonce Mbaye Sarr.
Non sans ajouter qu’ «en matière de travail, il y a ce qu’on appelle les modifications substantielles du contrat ».  « Dans mon contrat, il est stipulé que mon lieu de travail est le SSPP Le Soleil qui se trouve à Dakar », souligne la victime.
S’il veut modifier, les termes du contrat, ajoute Diakhaté, la direction doit au préalable prévenir l’employé pour lui dire les raisons d’un tel changement.
« Ce que Yakham Mbaye n’a pas fait en ce qui me concerne. Il m’a envoyé une mise en demeure et une demande d’explication. Je lui ai répondu que je ne peux pas partir dans ces conditions. C’est par la suite qu’il a brandi une menace de licenciement, avant d’écrire aux secrétaires généraux des syndicats. Et je pense être la septième personne licenciée par Yakham depuis qu’il est au Soleil. »
Ainsi, l’ancien correspondant de Matam ne compte pas laisser cette affaire. Il a décidé de saisir la justice:  « J’ai commis des avocats. Mais à cause de la grève du Sytjust, le dossier est toujours en cours. On attend le redémarrage du fonctionnement de la Justice pour continuer notre procédure. »
Pour ce qui est d’une médiation entre lui et son ancien directeur, le reporter révèle : « Personne n’a été mandaté pour une médiation. Mais avant le licenciement, des collègues syndicats et de bonnes volontés sont venus vers moi pour une médiation. Et même si j’ai été débouté par l’inspection du travail, cela ne veut pas dire que j’ai perdu mes droits. »
Yaxam Mbaye : J’ai attendu 17 jours avant de le licencier  
Joint le directeur général du quotidien gouverrnemental Yakham Mbaye informe que Mbaye Sarr Diakhaté a été affecté à Matam mais il refusait de rejoindre son poste sous prétexte qu’il y a une « clause  de sédentarité, alors que ce n’est pas vrai.  Il n’y a aucune clause de sédentarité dans son contrat.
D’ailleurs en 2005, avec le même contrat, il a été affecté à Saint Louis en tant que correspondant.  Et c’est pour cela qu’il est rentré à Dakar. Et on ne peut pas continuer à payer une personne chaque mois alors qu’il est chez lui», soutient Yakham Mbaye.
En outre, il dit avoir épuisé toutes les voies de recours avant de prendre une décision.
«J’ai utilisé toutes les voies de recours pour retarder la procédure. J’ai consulté les SG des syndicats, j’ai recouru à Cheikh Diop, Mody Guiro, et même Bamba Kassé. Malgré tout ça, il a refusé de travailler . Je lui ai même envoyé une mise en demeure, mais il a refusé catégoriquement de rejoindre son poste de travail. Les délégués et le Synpics sont allés le voir pour lui demander de rejoindre son poste, en vain », déballe le patron du Soleil.
Si l’on en croit Yakham Mbaye cet « abandon de poste » date du 15 juin. « Et j’ai attendu 17 jours avant de le licencier, car il a refusé catégoriquement. Mais en dépit de tout ça, il a perçu son salaire du mois de juin. Si je continue à le payer chaque mois, je finirai par rendre compte pour mauvaise gestion.»
La mauvaise gestion est déjà là, avec vos nombreux employés payés à ne produire qu’un support de presse, M. Mbaye. Tel est l’audit de Tract sur votre entreprise publique. Il est à noter que l’épouse du journaliste Mbaye Sarr Diakhaté travaille à Matam come journaliste de la RTS, selon les informations de Tract.
Tract
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