Foot : La Zambie cache-t-elle des « hommes » dans son équipe féminine ?

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Des femmes aux prouesses d’hommes sur le terrain de foot ! C’est la sensation qu’en a amèrement l’entraîneur de l’équipe féminine de football du Cameroun, après sa défaite face à celles de la Zambie. Qualifiées « d’éléments irréguliers », elles ont causé le malheur des lionnes indomptables hier à Lusaka. De quoi relancer la polémique à la Caster Semenya.

Des femmes jugées trop masculines… L’hyperandrogénie est au cœur d’une nouvelle polémique dans le sport, cette fois dans le monde du football féminin.

Selon le site d’information Cameroon-info.net, la sélection camerounaise soupçonne la Zambie d’avoir « deux hommes » dans son effectif. Les Lionnes indomptables s’étaient imposées sur le fil 3-2 au stade Omnisport de Yaoundé et savaient que la tâche s’annoncerait difficile en Zambie. Et finalement en match retour, ce mardi 10 mars, les Zambiennes se sont qualifiées, à domicile, pour leurs premiers Jeux olympiques en venant à bout de leurs adversaires Camerounaises sur le score de 2 bus à 1.

« Les garçons qui sont dans cette équipe »

Aparavant, selon Cameroon-info, la fédération de football a émis des réserves quant à la sélection des deux femmes au sein de l’équipe zambienne. Selon le site internet Le Jour, à l’issue du match, l’entraîneur des Lionnes, Alain Djeumfa, a accusé l’adversaire « d’avoir utilisé des éléments irréguliers ».

« La différence s’est faite aussi avec les garçons qui sont dans cette équipe, il ne faut pas se le cacher », a déclaré l’entraîneur. Et le coach de citer les noms de Barbara Banda et Rachel Nachula, auteure d’un doublé ce soir-là. Et d’enfoncer le clou : « Ils nous ont créés beaucoup de problèmes, parce qu’ils sont plus garçons que femmes. »

Des propos d’une rare inélégance qui ne semblent choquer personne, et surtout pas les responsables du football camerounais. Sans apporter le moindre élément de preuve, ne s’appuyant que sur son impression, l’entraîneur des Lionnes indomptables laisse ainsi planer un soupçon d’hyperandrogénie, en espérant sans doute que les instances internationales s’intéressent à ces deux femmes. « Eléments irréguliers », dit Alain Djeumfa, cela sous-entend à ses yeux, triche et donc sanctions.

L’ombre de Caster Semenya

Et l’on se remémore là le cas d’une autre sportive, la Sud-africaine Caster Semenya, double championne olympique et triple championne du monde du 800 m. La Fédération internationale d’athlétisme lui impose désormais d’abaisser son taux de testostérone pour participer aux épreuves. L’athlète a fait appel de cette décision, qui, après l’avoir privée du Championnat du monde à Doha en 2019, lui barre la route des J.O. de Tokyo.

Le débat sur l’hyperandrogénie et l’attitude à adopter ne sont pas tranchés. Certains, comme Sebastian Coe, le patron de l’athlétisme mondial, parlent d’éthique sportive. « Les règlements que nous introduisons sont là pour protéger le caractère sacré d’une concurrence loyale et ouverte ». D’autres parlent de sexisme, « son don génétique devrait être célébré, pas faire l’objet de discrimination », estiment les avocats de Caster Semenya.

8 buts en un match

Un débat qui désormais semble pointer son nez dans le football. Pourtant, les deux femmes stigmatisées par l’entraîneur camerounais n’étaient jusque-là citées que pour leur talent. « Nachula a le potentiel pour devenir la meilleure footballeuse d’Afrique », explique le site Zambian Football. Elle venait de marquer 8 des 15 buts des Copper Queens contre la modeste équipe de l’île Maurice. Quant à Barbara Banda, elle évolue en Espagne, ou personne, pour le moment, ne s’interroge sur ses capacités.

A croire que l’entraîneur camerounais craint tellement la défaite, qu’il prépare des circonstances atténuantes. Finalement, les Zambiennes sont passées…

Tract (avec média)