Germaine Acogny, chorégraphe : « le sabar ? Je n’aime pas quand on montre trop les cuisses »

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– Les danses africaines ne peuvent être considérées comme innées et peuvent être parfois « complexes » et « extrêmement difficiles », indique la chorégraphe sénégalaise d’origine béninoise Germaine Acogny, jugeant la danse sénégalaise par exemple « extraordinaire » si elle n’est pas vulgaire.

« Ce que je peux dire, c’est qu’on ne naît pas avec la danse. On apprend à danser (…) en regardant ce que les aînés font », d’autant qu’en Afrique, « chaque circonstance a une danse », a-t-elle déclaré dans un entretien paru dans l’édition du week-end du quotidien privé sénégalais L’As.

« Il y a des danses extrêmement difficiles. Vous pensez que quand on naît, on peut danser le sabar », interroge Germaine Acogny, danseuse, chorégraphe et comédienne, à l’origine de « l’Ecole des sables », le centre de formation qu’elle dirige à Toubab Dialaw, dans le département de Rufisque (Dakar).
Germaine Acogny, native du Bénin, est considérée comme la figure historique de la danse en Afrique depuis la fondation de son premier studio de danse africaine en 1968, à Dakar.
Elle dirige entre 1977 et 1982 Mudra Afrique, une école fondée à Dakar par Maurice Béjart, avec le soutien du premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor.
« Je suis née au Bénin, j’ai grandi au Sénégal, j’ai dû apprendre le sabar, j’ai dû apprendre les danses du Mali et même les danses du Bénin, j’ai dû les apprendre. J’ai dû apprendre les danses diola », une ethnie de la zone sud du Sénégal, a dit la chorégraphe, classée parmi les « 50 personnalités africaines les plus influentes dans le monde » par le magazine Jeune Afrique, en 2014.
« Nos danses sont très complexes et ce sont des danses compliquées aussi et qui nous servent de base pour la création contemporaine », a indiqué Germaine Acogny, considérée comme celle qui a contribué à hisser la danse au rang d’art noble, en la faisant sortir de son « ghetto folklorique ».
Priée de dire son avis sur la danse sénégalaise, le sabar en l’occurrence, considéré comme le genre sénégalais le plus populaire, elle juge ce style « extraordinaire, à condition que l’on ne la danse pas vulgairement ».
« J’aime beaucoup le « ndawrabine », le « sabar ». Seulement, je n’aime pas du tout ce qui est vulgaire, notamment quand on montre trop les cuisses », insiste la chorégraphe de renom.
Sur les « nouvelles danses », elle parle de « belles compositions. On danse dans les boites de nuit, c’est pour se distraire. Je n’ai rien à dire quand on s’amuse et que ce n’est pas vulgaire et que ça ne choque pas les gens ».
Avec l’APS

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