Grosse et belle Bénino- Sénégalaise stigmatisée en Patabi, Puffy, Biggy, elle devient créatrice de vêtements et publie un livre

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Tract – Longtemps, le poids a été une obsession pour Gaëlle Prudencio. Jusqu’au jour où cette jeune femme souriante et battante a décidé de s’assumer telle qu’elle est ! Closer Mag, lu par Tract, a rencontré cette blogueuse qui vient de sortir le livre « Fière d’être moi-même ».

Gaëlle Prudencio n’est pas femme à se voiler la face et elle n’a pas supprimé certains mots de son vocabulaire. Dynamique et pleine de vie, elle utilise ainsi régulièrement le terme « gros »« Ce n’est pas un gros mot. Ce n’est qu’un adjectif », lance cette dynamique créatrice de 38 ans, née au Sénégal, et qui n’a pas toujours été ronde. Les kilos ont commencé à s’installer alors qu’elle avait 7 ans, ainsi qu’elle le raconte dans son livre.

« Je n’ai pas grandi avec mon père qui vivait au Bénin. Je me souviens de sa première visite quand j’avais 7 ans, à Noël. Il y a eu une énorme dispute et je ne l’ai plus revu pendant deux ans. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre du poids », explique Gaëlle.

Cinq ans plus tard, sa sœur meurt brutalement et la préado de 12 ans se réfugie dans la nourriture. « C’est à cette période que j’ai commencé mon premier régime. Quand j’y repense, je me dis que c’était insensé, car je n’avais pas fini ma croissance et j’étais en pleine puberté… »

Sa nouvelle vie étudiante est rude et Gaëlle sombre dans l’hyperphagie boulimique

Au fur et à mesure des années, le poids devient d’autant plus une obsession pour la jeune fille qu’elle est stigmatisée à l’école. Ses camarades la surnomment Mama Africa, Puffy, Biggy ou encore Patabi. « En seconde, j’étais particulièrement mal dans ma peau en raison d’un groupe de garçons qui étaient méchants avec moi, confie-t-elle.

J’étais victime de moqueries quand j’allais au tableau ou quand j’avais une bonne note. Mes résultats scolaires ont commencé à chuter, car j’étais en souffrance. »

Jusqu’à la terminale, Gaëlle enchaîne plusieurs régimes, de Weight Watchers au régime hyperprotéiné, et expérimente le fameux phénomène du yo-yo. Elle perd des kilos, mais les reprend toujours, avec quelques autres en plus … En 2001, la jeune fille quitte le Sénégal et intègre la faculté de droit de Douai. A l’époque, elle est parvenue à descendre sous la barre des 100 kg. Mais l’acclimatation à sa nouvelle vie étudiante est rude et Gaëlle sombre dans l’hyperphagie boulimique, qui consiste à manger de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

« J’ai besoin de vivre. Et pour vivre, je ne dois pas attendre que les choses viennent à moi »

Les régimes vains – et la culpabilisation qu’ils entraînent – s’enchaînent. C’est la découverte des forums comme « Vive les rondes », « Rondes et jolies » ou « Pulpeclub » et la rencontre de la photographe et mannequin grande taille Velvet d’Amour qui vont tout changer« Je suis allée chez elle lors d’un vide- dressing et j’ai eu une révélation, se souvient Gaëlle. Elle est très belle et elle a une aura particulière.

Quand je lui ai demandé ce qu’elle faisait, elle m’a répondu « mannequin grande taille ». Je ne savais même pas que ça existait ! J’ai alors réalisé qu’on pouvait être grosse et belle.« 

Peu de temps après, elle découvre qu’elle souffre de la maladie de Basedow, un dérèglement de la thyroïde qui a des conséquences sur le poids. Les années qui suivent, Gaëlle remonte peu à peu la pente et accepte ses rondeurs en se fixant des objectifs. « J’ai besoin de vivre. Et pour vivre, je ne dois pas attendre que les choses viennent à moi. J’ai presque l’impression d’avoir une mission », insiste-t-elle. C’est ainsi que Gaëlle devient blogueuse mode (sur gaelleprudencio.com) en 2007 et fonde sa marque de vêtements baptisée Ibilola.

Elle veut être l’une des porte-voix du mouvement body positive en France

« Au début, je voulais juste créer des jupes en wax. J’ai décidé de donner à la marque le prénom yoruba de ma sœur : Ibilola. Au fil des mois, j’ai réalisé que ce n’était pas que des jupes en wax que je créais, mais tout un mouvement et qu’ainsi j’apportais ma pierre à l’édifice », raconte la créatrice du collectif #FrenchCurvesFashion, sur Instagram, qui réunit les modeuses francophones taille 42 et plus.

Désormais en paix avec elle-même et ses rondeurs, Gaëlle, qui fêtera ses 40 ans dans deux ans, veut être l’une des porte-voix du mouvement body positive en France.

Farouchement opposée à des émissions comme Opération Renaissance sur M6 qui « fait du divertissement autour du parcours de personnes obèses qui vont subir une opération de chirurgie bariatrique », elle n’a qu’un message à faire passer : « Il n’est pas nécessaire de perdre du poids pour être en paix avec son corps. » Ni d’être mince pour réussir sa vie.

Tract

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