Julian Assange souffre d’une « dépression sévère » et « entend des voix et de la musique imaginaires » en prison

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DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à la fenêtre d'un fourgon de prisonniers, lors de son transfert à la cour de justice de Londres en mai 2019, pour son procès qui le verra condamné à 50 semaines de prison pour avoir échappé à la justice en se réfugiant à l'ambassade équatorienne.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, s’est plaint d’entendre des voix et de la musique imaginaires en détention et présente des pulsions suicidaires, a déclaré mardi 22 septembre un psychiatre l’ayant examiné lors d’une audience dans un tribunal de Londres à la suite de la demande d’extradition américaine.

L’Australien de 49 ans présente un risque de suicide “très élevé” s’il devait être extradé vers les États-Unis qui souhaitent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels, a déclaré le docteur Michael Kopelman, devant la cour criminelle d’Old Bailey à Londres. Ce psychiatre s’est entretenu une vingtaine de fois avec Julian Assange.

“Dépression sévère”

Il a mentionné la “dépression sévère” et les “symptômes psychotiques” de Julian Assange, dont des hallucinations auditives, perçues dans sa cellule de la prison de haute sécurité de Belmarsh, près de Londres.

Julian Assange a raconté au psychiatre avoir entendu des voix lui dire “tu es poussière, tu es mort, nous venons te chercher”.

Les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks avaient été dénoncées par le rapporteur de l’Onu sur la torture. Les pulsions suicidaires de Julian Assange “proviennent de facteurs cliniques (…) mais c’est l’imminence de l’extradition qui déclenchera la tentative”, a déclaré le psychiatre, estimant que son état “se détériorera considérablement” s’il est extradé.

Sa compagne craint un suicide

La compagne de Julian Assange, Stella Moris, également son avocate lorsqu’il était réfugié à l’ambassade, a elle aussi exprimé ses craintes qu’il ne se suicide, laissant leurs deux jeunes fils sans père. James Lewis, représentant le gouvernement américain, a interrogé le docteur Kopelman sur la véracité de certaines des affirmations de Julian Assange, suggérant que le fondateur de WikiLeaks les avait peut-être inventées.

Rappelons que l’ex-informatrice de WikiLeaks, Chelsea Manning, a elle aussi eu des tentatives suicidaires.

Julian Assange avait été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis, qui lui reprochent d’avoir mis en danger des sources des services américains.

175 ans de prison s’il est extradé

Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits de l’Homme.

Julian Assange est poursuivi notamment pour espionnage aux États-Unis, où il risque 175 ans de prison, pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Avec AFP et HuffPost

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