Kolda : les meurtriers mineurs de l’élève tué lors d’un concert de rap, libres après 2 ans de prison

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Le tribunal pour enfants de Kolda a condamné S. S., S. N. B. et A. S. à deux ans d’emprisonnement ferme. Ils ont été reconnus coupables du meurtre de Mamadou Woury Diallo, élève en classe de 3e. Ils ont été jugés le mardi 24 juillet dernier. Le verdict a été rendu ce mardi 7 août.

Devant la barre, ce mardi, S. S., S. N. B. et A. S. ont dû passer par toutes les émotions, en attendant le prononcé du verdict de leur procès pour meurtre sur la personne de Mamadou Woury Diallo, élève en classe de 3e au moment des faits. Les trois jeunes sont restés têtes baissées, visages tristes, jusqu’au moment où, à 9 h passées de 45 minutes, assis au milieu de ses assesseurs, le président du tribunal pour enfants, Ousseynou Diop, a prononcé le verdict. ‘’Vous êtes condamnés à 2 ans de prison ferme’’, a-t-il déclaré, de manière sentencieuse, aux trois jeunes désormais âgés de 18 ans. Car ils sont tous nés en 2000.

‘’Cela veut dire que vous avaient purgé vos deux ans déjà, car vous étiez arrêtés le 12 juillet 2016. Aujourd’hui, on est le 7 août 2018. Donc, vous sortez de la prison aujourd’hui. Mais sachez que vous n’êtes plus des mineurs. Vous êtes désormais des adultes. Vous devrez faire très attention à ne pas commettre d’autres crimes, ni des délits. Il vous appartient désormais de montrer un bon exemple pour être utiles à vos parents et à la société’’, a-t-il dit, avant d’exhorter aux parents de s’occuper d’eux, afin qu’ils évitent d’errer dans les rues.

‘’Quand on a un enfant, on doit veiller sur son éducation, son comportement, ses sorties et surtout le mettre à l’école, afin qu’il soit utile à ses parents ou à la société. Donc, il vous appartient désormais de veiller sur vos enfants afin qu’ils ne reviennent pas en prison’’, a-t-il conclu.

Les faits remontent à la nuit du vendredi 8 juillet 2016, au quartier Bouna Kane, commune de Kolda. Il faisait 23 h, lorsqu’une bagarre a éclaté au quartier Bouna Kane où se déroulait un concert de rap non autorisé. Deux groupes de rappeurs issus des quartiers de Sinthiang Idrissa et Sinthiang Tountouroung se sont lancés dans une castagne très violente. Puis, il y a eu des jets de pierres. Selon les conclusions de l’enquête, l’un des membres du groupe de Sinthiang, Idrissa, a asséné un puissant coup de brique à la tête du nommé Mamadou Woury Diallo, élève en classe de 3e au Cem II de la commune de Kolda. Ibrahima Baldé, témoin oculaire, racontait : ‘’A. S. a fauché Mamadou Woury Diallo qui est tombé. S. S. lui a lancé une brique l’atteignant à la nuque.’’ Cela a refroidi automatiquement les ardeurs des protagonistes.

Gravement blessé, Mamadou Woury Diallo a été transporté au camp militaire où il a reçu les premiers soins, avant d’être remis à sa famille. Mais, malheureusement, le lendemain, tôt le matin, son état de santé a empiré. La victime a été transportée à l’hôpital régional de Kolda dans un état grave. L’élève a rendu l’âme, quelques minutes après avoir été conduit au bloc opératoire. Il est mort d’une hémorragie intracrânienne compressive. Alertés, les éléments du commissariat urbain, sur les instructions du procureur, ont ouvert une enquête. Les investigations ont conduit à l’arrestation de six jeunes élèves, le samedi 9 juillet, pour homicide involontaire sur la personne de Mamadou Woury Diallo. Déférés au parquet, ils ont été conduits en prison.

Devant la barre, les trois mineurs, accompagnés de leurs parents, avaient nié les faits. A. S., né en Guinée, a balayé d’un revers de la main toutes les accusations. Il affirme qu’il n’était pas sur les lieux du drame et qu’il n’a pas participé à la bagarre. Mais il a été démenti par ses deux co-prévenus. ‘’A. S. était bel et bien sur les lieux et a bel et bien pris part à la bagarre’’, ont-ils affirmé, avant de reconnaitre leur participation à la rixe. ‘’Notre groupe et celui du défunt se lançaient des pierres. Mais on ignorait que Mamadou Woury Diallo a été touché par l’un des projectiles. C’est le lendemain que nous avons su qu’il est décédé, suite à un coup qu’il avait reçu’’, ont expliqué S. S. et S. N. B.

Ces déclarations n’avaient pas convaincu le ministère public qui avait requis 10 ans de prison ferme.