La chienlit au Mali ? Arrestations pour « déstabilisation de l’État », kidnapping de négociateur

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Au moins moins six personnes ont été arrêtées au cours de ces deux dernières semaines au Mali, dont Seyba Diarra, un ancien officier de l’armée et homme fort de la junte.

Selon cette source proche des services de renseignements du Mali (la Sécurité d’État), parmi les auteurs d’une opération de déstabilisation de l’État  « tuée dans l’oeuf » figure Seyba Diarra. Cet ancien lieutenant de l’armée malienne fut un maillon important du coup d’État de 2012 contre le président Amadou Toumani Touré.

Il est devenu assez rapidement un des hommes forts de la junte qui a pris ensuite le pouvoir. Inculpé en 2013 comme d’autres dans l’affaire de plusieurs militaires « béret rouge » retrouvés morts dans une fosse commune, le lieutenant Seyba Diarra a été récemment mis en liberté en attendant son jugement.

Cette fois, il est arrêté par les services de renseignements du Mali avec au moins cinq autres personnes pour « tentative de déstabilisation des institutions de la République ».

De source proche de l’enquête, l’opération qu’il aurait voulu mener devait se dérouler entre les deux tours des élections législatives. Repérage d’endroit, ciblage de personnalités, des moyens mobilisés, il s’agit d’« une véritable tentative de déstabilisation », insiste une source sécuritaire malienne. Les enquêtes menées par les services de renseignements du Mali se poursuivent. Plusieurs personnes recherchées sont pour le moment introuvables, « en fuite », précise l’un des enquêteurs.

Dans le même temps, plus de deux semaines après son enlèvement, Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, est toujours entre les mains de ses ravisseurs. Pour l’heure, aucune preuve de vie officielle n’a été fournie. Les négociations pour sa libération seraient toujours en cours mais l’un des négociateurs, Amadou Oumar Kalossi, a lui aussi été enlevé.

Le 25 mars, Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne, est en campagne électorale, à proximité de cette localité, lorsque le chef de l’opposition ainsi que sa délégation tombent sur une embuscade d’hommes armés.

Membre du même parti que Soumaïla Cissé, l’URD, Amadou Oumar Kalossi,  maire de la commune de Koumaïra, située au sud de Tombouctou, tente alors une négociation avec le groupe jihadiste, responsable de l’enlèvement. Mais il est à son tour kidnappé. La date précise de son rapt n’est pas connue mais déjà mardi 7 avril, le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, réclamait sa libération immédiate devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

A ce jour, il n’y a eu aucune revendication pour ces deux enlèvements. « Soumaïla Cissé et Amadou Kalossi sont -ils ensemble ? Nous n’avons pas de réponse », explique Salifou Sanogo, vice-président de l’URD. Ce nouvel enlèvement marque-t-il un coup d’arrêt dans les négociations ? « On ne sait pas ce que fait le gouvernement à ce propos », conclut Salifou Sanogo, également membre de la cellule de crise montée par les autorités.

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