L'Et Dit Tôt d'O.N.G :

La Coupe du Monde, unique trêve du front politique pour Macky

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Par Ousseynou Nar Gueye, directeur de la publication et de la rédaction de tract.sn

 

‘‘Footez’’-nous la paix ? Vivement le 19 juin, début de la Coupe du Monde de football en Russie, pour qu’on puisse parler d’autre chose dans ce pays, que du conflit désormais ouvert entre la minorité présidentielle Benno Bokk Yaakar (49% aux législatives) et l’opposition à géométrie variable qui postule à sortir le sortant Macky Sall.

Hier dimanche, Son Excédence a donc brandi le trophée or massif de la Coupe du Monde de football, reçu des mains de l’ancien international français Christian Karembeu, devant les grilles du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor.

Quart, kaar…de finale ? C’est, en tout cas, tout le mal que les thuriféraires et souteneurs de Macky Sall peuvent lui souhaiter, sa réélection éventuelle étant aussi grandement accrochée aux crampons des Lions de  l’atterrant gars, coach Aliou Cissé.

D’ici cette hypothétique et hypothéqué quart de final des Lions, le front politique et social continuera d’être en surchauffe. Les syndicats, notamment ceux de l’enseignement, ne cesseront pas leurs grèves perlées  actuelles et leur appel à la grève générale, devant un pouvoir singulièrement en mal de paix sociale s’il veut récolter le maximum des voix à la présidentielle du 24 février 2019. Grèves qui ne manqueront pas d’avoir pour conséquences une année presque boiteuse, en termes de respect du quantum horaire scolaire pour nos petites têtes crépues, durant ce qui reste de cette année scolaire 2017-1018. Avec le risque d’une année (presque) blanche, pour ce qui est de l’année scolaires qui débutera en septembre prochain.

L’opposition n’a non plus aucune intention de lâcher du lest avant que le ballon rond ne consigne les Sénégalais devant leurs téléviseurs à partir du 19 juin. Encore trois mois à tenir donc pour le gouvernement de Boune Abdallah et son inspirateur présidentiel, Macky Sall, avant d’espérer souffler durant les vacances d’hivernage.

La frange dite radicale de cette opposition, conduite par le PDS du candidat catarrheux et encore putatif Karim Meissa Wade, tiendra  justement le congrès d’investiture de son champion à la présidentielle en juin prochain. Comme un baroud d’honneur. Avant d’aller se reposer jusqu’à la rentrée de septembre.

Ils ont bravé l’interdit de marche par le préfet de leur manifestation u 9 mars dernier.  Ils récidiveront sans nul doute. La condamnation annoncée de l’édile présumé prévaricateur de deniers publics Khalifa Sall, sanction attendue pour le 30 mars, sera le prétexte tout trouvé pour le PDS and co pour mobiliser les foules et assaillir la rue publique.

Khalifa Sall, pour le cas duquel le procureur de la République a requis sept ans de prison ferme, n’a aucune chance de ressortir libre le 30 mars, et prendre part à  la manifestation de l’opposition  annoncée pour le 31 mars. Le précédent de Modibo Diop, DG de l’ASER condamné sous le régime Wade à 5 ans de prison, renseigne à satiété de ce point de vue. Le Sall de la mairie sera donc condamné à quelques années d’incarcération, le temps de le rendre non-partant pour la présidentielle. Avant que l’éventuel Président Macky II ne l’adoube de sa grâce présidentielle.

A prise d’otage, prise d’otage et demie ? L’opposition sénégalaise ne ratera pas l’occasion de la condamnation inéluctable de Khalifa Sall ce 30 mars, pour crier à l’arbitraire, à la justice aux ordres  et au recul démocratique. Et elle ne se privera pas de le clamer à forces marches et sit-in. Jusqu’au 19 juin.

Vive la République, vive le foot.

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