La méthode Ouattara : le président ivoirien remplace son ministre limogé par le rival direct de celui-ci dans son parti

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L ’événement politique de la semaine en Côte d’Ivoire est le limogeage du ministre de l’Enseignement supérieur Albert Toikeusse Mabri. Le président de l’UDPCI et 2e vice-président du RHDP avait publiquement émis des réserves lors de la désignation d’Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir le 12 mars dernier. Il était depuis sur un siège éjectable.

Plusieurs semaines de discussions et deux réunions en présence d’Alassane Ouattara n’auront pas permis de faire rentrer dans le rang le réfractaire ministre de l’Enseignement supérieur. Albert Toikeusse Mabri à qui l’on prête des velléités de candidature à la présidentielle a refusé d’apporter un soutien clair à celle du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Refus également de dissoudre son parti, l’UDPCI, dans le RHDP.

La radio française RFI indique qu’en faisant entrer au gouvernement Albert Flindé, le rival de Mabri au sein de l’UDPCI, Alassane Ouattara applique sa tactique favorite : isoler un adversaire en menaçant son parti de scission. L’UDPCI est en pleine crise de leadership. Mabri s’est d’ailleurs proclamé la semaine dernière porte-parole « exclusif » du parti  pour « préserver la cohésion interne ». Ouattara fait également le pari que Mabri ne mobilise plus autant dans sa région de l’Ouest montagneux et que ses électeurs pourraient suivre les ministres UDPCI Flindé et Tchagba.

« L’enjeu c’est aussi de lui couper les vivres. Il sera difficile à Mabri de contrer son rival Flindé qui lui aura des moyens », commente le politologue Sylvain N’Guessan. De plus, en vertu du nouveau Code électoral, s’il souhaite être candidat à la présidentielle, Mabri devra réunir les parrainages de 1% des électeurs inscrits dans 50% des régions. « Ca aussi ça demande des moyens. C’est quasiment une campagne en soi », ajoute Sylvain N’Guessan.

Quoi qu’il en soit, depuis son départ du gouvernement, Albert Toikeusse Mabri qui est toujours 2e vice-président du RHDP, se fait discret, se gardant d’apparaître comme un adversaire déclaré d’Alassane Ouattara. En 2010, le candidat Mabri  n’avait récolté que 2,6% des voix à la présidentielle.

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