La note d’appréciation d’Emmanuel Macron, 25 ans, lors de son stage au Nigéria

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De janvier à juillet 2002, Emmanuel Macron a effectué un stage à l’ambassade de France au Nigéria. Dans une note d’appréciation datée d’août 2002 que Paris Match s’est procurée, l’ambassadeur Jean-Marc Simon conseille à son stagiaire Emmanuel Macron de suivre une carrière dans la diplomatie… ou le corps préfectoral.

«J’en ai vu passer des stagiaires et j’en ai eu de très mauvais !» Jean-Marc Simon affiche à son compteur quarante ans de carrière dans la diplomatie, dont plus de vingt en Afrique. Goguenard, en marge du déplacement présidentiel à Lagos au Nigeria, il dit ne pas vouloir citer les «mauvais» stagiaires. Heureusement, Emmanuel Macron n’était pas de ceux-là. «C’était un excellent stagiaire et je ne dis pas ça parce qu’il est Président de la République», poursuit Jean-Marc Simon. Se souvient-il seulement des appréciations qu’il avait écrites?

De janvier à juillet 2002, l’ancien ambassadeur de France au Nigeria a fait de Macron, 22 ans, son «très proche collaborateur», un «chef de cabinet» et un «conseiller polyvalent». Telle est la description fournie dans la notice d’appréciation que Match s’est procurée. «Brillant», «précis», «rapide», «concret», le diplomate encense le jeune Macron. «Il a su faire l’unanimité au sein de cette ambassade et bien au-delà», écrit Jean-Marc Simon qui signe la notice à Abuja le 10 août 2002.

A l’époque, l’Afrique n’est pas du tout la destination privilégiée des étudiants de l’Ena, bien au contraire. Le directeur de l’Agence française de développement (AFD) Rémy Rioux a fait son stage de l’Ena quelques années plus tôt au Bénin. Il se souvient qu’à l’époque, l’Afrique n’intéressait vraiment pas grand-monde. «Quand vous organisiez une réunion sur l’Afrique à Paris, personne ne venait.»

Si la promotion 2004 prendra le nom Léopold-Sédar-Senghor, poète, académicien et homme d’Etat sénégalais, c’est uniquement grâce à Macron. Au moment de choisir une destination pour le premier stage en ambassade, personne ne demande l’Afrique, ou presque. Deux élèves seulement formulent cette demande pour le premier semestre 2002. L’autre, c’est Gaspard Gantzer. L’ancien directeur de la communication de François Hollande, aujourd’hui candidat à la mairie de Paris, choisit Bamako, la capitale du Mali. Il se souvient des réactions sceptiques des autres élèves. 

Les deux amis sont reçus par Gérard Cros, ancien ambassadeur au Chili et en Indonésie, alors directeur Afrique et Océan indien du Quai d’Orsay. Quelques recommandations sont nécessaires, surtout pour Macron qui a choisi le Nigeria, à l’époque un vrai Far West. «Il ne voulait pas d’un stage plan-plan», se rappelle Gantzer. 

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