Le Bureau de Prospective Economique (BPE) du Sénégal, sous la direction de l’économiste Moubarack Lo a réalisé une étude sur l’impact économique du Magal dans un contexte de pandémie de Covid-19. Nous reproduisons in-extenso les résultats de cette enquête.

Objet :

Depuis le mois de mars 2020, la stratégie de réponse contre la maladie à virus Covid-19 au Sénégal constitue une priorité. Elle vise à prévenir et à atténuer la propagation et les effets de la maladie avec notamment les efforts de changement de comportement, l’identification rapide des cas suspects à travers les systèmes communautaires d’alerte précoce. C’est dans cette optique que le Bureau de Prospective Economique (BPE) du Sénégal a initié une série d’enquêtes d’opinion de sorte à évaluer le niveau de sensibilisation et les comportements des populations face au Covid 19, ainsi que le degré d’appréciation des politiques menées par le gouvernement en vue de maitriser la propagation du virus et de faire face à ses conséquences sur les conditions de vie des ménages.

Méthodologie

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population sénégalaise sélectionnées selon la méthode des quotas. Les variables de quotas utilisées sont : le sexe, l’âge et le niveau de formation. L’enquête a été réalisée par téléphone, en wolof ou en français, sur la base d’un questionnaire préétabli, avec une répartition en deux sous-échantillons homogènes par département (dispersion géographique et contraintes méthodologiques identiques).

Dans cette première phase de l’étude, une première enquête légère a été effectuée auprès de ménages mourides (607 individus ont été questionnés à cet effet).

Date :

Enquête téléphonique : Dimanche 4 octobre 2020

Résume des principaux résultats

Niveau de gravité de la maladie : 71% des populations enquêtées pensent que le coronavirus est grave voir très grave, contre 29%, qui pensent que la maladie n’est pas grave.

Les résultats de l’enquête montrent également que près de 98% des pèlerins interrogés ont au moins eu à prendre part une fois à l’édition du Grand Magal et que parmi ceux-ci 86% avaient fait le déplacement l’année dernière vers la ville sainte.

A la question de savoir si « malgré la crise du coronavirus vous allez partir à Touba » 69,3% des personnes interrogées confirment effectivement leur intention de se rendre à la ville sainte pour participer à la célébration du Grand Magal, contre 30,7% qui ont décidé de rester chez eux cette année.

Pour les personnes qui ont décidé de ne pas se rendre cette année à Touba, les raisons avancées sont : 29,7% du fait du coronavirus et de la peur de se faire contaminer, 23% pour des raisons de santé, 17% parlent de manque d’argent, 10% affirment qu’ils doivent garder la maison, 5,4% à cause des embouteillages et des risques d’accident, 3,6% déclarent qu’ils n’ont pas d’autorisation (conjoint /parents /etc.)…

Néanmoins, parmi les personnes interviewées qui ne vont pas faire le déplacement cette année-ci, 85,6% vont par contre le célébrer en famille, et 72,1% confirment leur volonté de s’y rendre l’année prochaine.

Pour les 69,3% des personnes interviewées qui confirment qu’ils vont se déplacer pour aller à Touba, les déterminants fondamentaux de la célébration du Magal, sont d’abord et avant tout, que le Magal est une recommandation de Cheikh Ahmadou Bamba (48,6%), la confirmation de l’appartenance à la communauté mouride (20,3%), la quête de prière et autres bénédictions de son marabout (15,1%) et le renouvellement de son pacte d’allégeance « yéssalat » (13%). Pour 2,4% des personnes interrogées, le Magal, c’est aussi la dimension festive avec le  « Berndèèl » et l’occasion de se retrouver (famille/amis…).

L’essentiel des individus interrogés, c’est-à-dire 65% de notre échantillon, utilisent les transports en commun pour se rendre à Touba. Toutefois, une proportion importante des individus enquêtés (35%) affirment utiliser leurs propres moyens de transports, 33% de cet échantillon utilisent leurs voitures personnelles ou empruntent leurs véhicules de fonction et 2% viennent à Touba en motos.

Presque la totalité des personnes interrogées, disent utiliser les masques pour se protéger du coronavirus. Parmi les masques les plus cités, nous avons dans l’ordre, les masques en tissu lavable et réutilisable (50,2%), les masques jetable (38,2%), les masques chirurgical (10,8%), les masques FFP (0,4%). Seules 0,4% des personnes interrogées disent ne pas porter de masque.

A la question de savoir si en se rendant à Touba, « Porteriez-vous le masque de protection en cours de route ? », 64% confirment qu’ils vont porter les masques puisqu’on le recommande, 30,3% déclarent qu’ils portaient le masque avant même qu’on le recommande. Par contre, 4,8 disent qu’ils ne vont pas porter de masque soit par principe de liberté individuelle, où parce qu’incapable de supporter physiquement un tel article.

Pour les personnes interviewées qui confirment utiliser les masques pour se protéger du coronavirus, 60% déclarent qu’ils vont l’utiliser souvent lorsqu’elles sont dans les lieux d’hébergement, 84% et 86% respectivement lorsqu’elles sont dans les mosquées et au niveau des mausolées, 75% lorsqu’elles sont dans la rue et 85% déclarent qu’ils vont l’utiliser souvent lorsqu’elles sont à bord des véhicules avec d’autres passagers

Aidara KARARA

Tract

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