« Maty Sall » ou le putsch électoral en continu

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Ma mère ne sait pas dire « Macky », elle dit « Maty ». Comme il est toujours sage de suivre l’auteur de ses jours, je l’appelerai donc Maty Sall, pour que toutes nos braves mères comprennent de quoi il en retourne.
Le candidat sortant a fini de parachever tout le dispositif présumé lui garantir une reconduction au premier tour par le « ceint » esprit des urnes :
– une loi disqualifiante de candidats sérieux, loi sur les parrainages, dans un pays où la Constitution consacre pourtant que les partis politiques concourent librement aux suffrages des citoyens. Loi consubstantiellement anticonstitutionnelle.
– une loi qui oblige à être électeur pour être éligible, dans un pays où le vote n’est pas obligatoire.
– une loi autorisant la restriction de l’internet par l’ARTP, dont le DG est connu pour son caractère partisan enthousiaste et virulent. Les communications électroniques (sms, réseaux sociaux, applications gratuites de messagerie) seront coupés dès 12h le 24 février.
– un gendarme de l’audiovisuel et des médias, le CNRA, placé entre les mains de « l’expert en réélection de présidents sortants » qu’est Babacar Diagne et qui vient de nous interdire « la propagande » pendant que les médias d’État que sont le Soleil et la RTS sont dirigés par des militants et responsables politiques encartés du parti au pouvoir.
– une Caisse des dépôts et consignations, qui gère sans contrôle tous les bijoux de famille de l’Etat, mis entre les mains de son frère qui aura en charge le trésor de guerre de la campagne.
– la police, la gendarmerie et l’armée sous contrôle après des nominations millimétrées de leurs chefs et avec un ravitaillement conséquent en arsenal de répression de manifestations publiques. Les chars de combats seront postés dans la capitale dès 17 h le 24 février.
– un ministre de l’Intérieur partisan en charge des élections qui a déclaré à la télé qu’il fera tout ce qui est en son possible pour faire réélire son patron. Dans un pays où la présidentielle était géré par un ministre des élections non partisan depuis 2000.
– liste non exhaustive : rajoutez les mentions omises.

Hélas, les Sénégalais préfèreront la « paix » à la justice.

« Alea jacta est », suis-je donc tenté de conclure.

Mais ne laissons jamais quiconque nous faire croire que parce qu’il préside à nos destinées, il est lui-même le destin.

Ousseynou Nar Gueye

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