Roman traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, 2017, 490 pages

Littér’ataya : La Nostalgie, Mircea Cartarescu

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Pour la première fois traduit en français, ce livre culte fut tout d’abord publié en version allégée, sous le titre Le Rêve, en 1989, juste avant la chute de Causescu, puis intégralement en 1993. L’auteur a moins de 30 ans, il n’a alors écrit que de la poésie, et cet ensemble de cinq nouvelles est entièrement rédigé et lu à haute voix dans la clandestinité, sans la moindre intention de publication. Depuis, Cartarescu a édité une trentaine d’ouvrages…La Nostalgie est le coeur du livre, comme l’araignée, motif principale du roman, l’est de sa toile, et est composée de trois longues nouvelles, toutes plus fantasmagoriques les unes que les autres : histoires d’un adolescent visionnaire, d’un amour follement destructeur et de petites filles fantasmatiques. Une nouvelle sert de prologue, histoire d’un «Roulettiste » qui gagne sa vie en ratant ses suicides, et une autre d’épilogue, le personnage en étant un architecte  monstrueux qui finit pas happer l’Univers. Mais outre celui de l’araignée, le fil qui réunit ces récits et en fait un roman est celui de l’écrivain, raté, génial, dément, dont la figure ultime est celle d’Égor, jeune géant filiforme qui noircit des milliers de pages avec le mot : non. Cartarescu touche au plus intime de nous mêmes, écrivant rêves, fantasmes, fantasmagories, hallucinations  insensées en une explosion lexicale hypnotisante. Bucarest devient un corps vivant, avec ses rues, ses immeubles, ses souterrains, ses lieux secrets, ses fantômes…Les personnages se métamorphosent, les récits s’enchâssent, et le seul Réel qui subsiste ici est celui de chaque mot sur chaque page.

 

Véronique Petetin ©Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

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