« Mort kilométrique » : A-t-on plus rendu hommage aux 13 soldats français morts au Mali qu’aux 49 soldats maliens tués ?

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Après la mort de treize soldats français de la force Barkhane dans la collision de leurs hélicoptères, lundi soir dans le nord du Mali, les hommages aux victimes ont afflué dans les classes politiques des deux pays. Accompagnés, pour certains, d’une remise en cause de la présence de troupes françaises au Sahel.

En France, les plus hautes instances politiques et militaires – chef de l’État, ministre et chef d’état-major des armées – ont salué l’engagement des treize soldats morts dans l’accident.

À l’hexagone Balard, siège de l’état-major situé à Paris, on serre les rangs, mais l’émotion est vive ce mardi après-midi. « Nous sommes debouts, unis, résilients », affirme Florence Parly, ministre des Armées.

« Treize de nos militaires sont morts hier au Mali. Ils étaient engagés dans une opération de combat contre des terroristes. Ces treize héros n’avaient qu’un seul but : nous protéger. Je m’incline devant la douleur de leurs proches et de leurs camarades » a déclaré le président Macron.
L’émotion est vive à Pau, ville du sud-ouest où sept des militaires étaient basés, une minute de silence a été observée devant l’Hôtel de ville aux drapeaux en berne, à l’appel du maire François Bayrou. Soutenue par la majorité, la droite et les socialistes, l’opération Barkhane est actuellement la plus importante opération extérieure de l’armée française avec 4 500 hommes déployés.

C’est en particulier du côté de La France insoumise que des voix discordantes se sont élevées pour interroger la pertinence de poursuivre cette opération, en cours depuis 2014.

Pour Jean-Luc Mélenchon, les six ans de présence militaire française sont un échec : « Il faut que le peuple malien soit maître de la décision. Ce n’est pas à nous les Français de décider ce qui est bon et ce qui ne l’est pas pour le Mali. »

Le parti d’extrême gauche demande donc un débat.

Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta a rendu hommage aux militaires français morts en rappelant les raisons profondes de leur présence.

« Aujourd’hui encore, nous avons à déplorer la mort de treize jeunes Français venus au Sahel pour y défendre les valeurs qui nous sont communes, de paix, de tolérance, de vivre ensemble, pacifiques. Le Mali est un pays reconnaissant, le Mali sait ce qu’il coûte à ce pays-là d’envoyer ses enfants au Sahel pour la défense de ces causes-là : la cause de la paix, l’anti-terrorisme, et également la promotion du développement et de la démocratie dans nos espaces. C’est tout cela que ces jeunes gens-là étaient venus défendre. Donc leur mort ne saurait jamais nous laisser indifférents. Mieux : nous sommes en empathie totale avec la France et les familles de ces jeunes gens disparus », a déclaré le président malien.

«le Mali sait ce qu’il coûte à ce pays-là d’envoyer ses enfants au Sahel» a rajouté IBK.

Réaction également chez le voisin burkinabè, lui aussi en proie au terrorisme, en forte recrudescence ces derniers mois. Sur Twitter, le président  Roch Marc Christian Kaboré  a « salué » hier la « mémoire » des soldats disparus et « adresse (ses) sincères condoléances à leurs familles ainsi qu’à l’ensemble du peuple français ».

Dans la soirée, Alpha Barry le ministre des Affaires étrangères burkinabè s’est dit rassuré par les propos de la ministre française des Armées estimant que l’heure n’est pas « au questionnement sur le bien-fondé » de l’engagement militaire au Sahel car selon lui l’engagement de Paris aux côtés des armées du Sahel dans la lutte contre le terrorisme est essentiel.

En tout cas, la pluie d’hommage aux 13 soldats français tués au Mali, même s’ils sont bien sûr mérités, posent immanquablement la question du « mort kilométriqu »e : car de tels hommages n’ont pas été rendus aux 49 soldats maliens tués par les djihadistes, il y a juste quelques jours.

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