La restitution des œuvres d’art à l’Afrique à connu un épisode fort inédit. Cinq militants de cette cause ont voulu user de méthodes musclées pour reprendre de force des objets au Musée Quai Branly. Ils ont été coincés par la police, puis inculpés. Ils seront juges en septembre prochain.

Cinq militants, arrêtés vendredi, au Musée du Quai Branly où ils avaient arraché un poteau funéraire pour dénoncer la « dépossession de l’Afrique de ses richesses », seront jugés fin septembre au tribunal de Paris, a-t-on appris auprès du parquet dimanche 14 juin.
A l’issue de leur garde à vue, ces cinq hommes ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire après avoir été présentés au parquet, qui a décidé de les faire juger devant le tribunal correctionnel pour « tentative de vol en réunion d’un objet mobilier classé ».
Le groupe avait filmé puis publié en ligne la vidéo de leur action vendredi. On y voit l’un des cinq hommes, qui se présente comme un ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), desceller un poteau funéraire Bari du XIXe siècle, aidé par un autre, avant de l’emporter dans les couloirs.
Pendant qu’il est filmé, l’homme hurle ses critiques à l’encontre la France : « Nous avons décidé de récupérer ce qui nous appartient ! » « Ces biens nous ont été volés sous la colonisation. On part avec notre bien, on le ramène à la maison », répète-t-il aux gardiens qui les apostrophent et tentent de les retenir, avant leur interpellation par la police.
« Atteinte au patrimoine »
Le ministre français de la culture, Frank Riester, a condamné vendredi dans un communiqué « avec la plus grande fermeté » ces actes « qui portent atteinte au patrimoine ». Il relève que ces hommes « ont formulé des messages à caractère politique et contesté la présence de cette œuvre, et d’autres, dans les collections françaises ».
« Si le débat sur les restitutions d’œuvres issues du continent africain est parfaitement légitime, il ne saurait en aucun cas justifier ce type d’actions », a ajouté M. Riester. « L’œuvre ne semble avoir subi aucune dégradation importante et le musée va prendre sans délai toute mesure pour mener à bien les éventuelles restaurations requises », a indiqué le ministre.
La question des restitutions d’œuvres africaines qui sont arrivées dans les musées publics français pendant la colonisation est particulièrement sensible et controversée. Le Musée du Quai Branly dispose de la principale collection d’arts premiers africains.

Tract.sn (avec média)

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