Nicolas Sarkozy vient de publier le premier tome de ses Mémoires d’ancien président, intitulé Le Temps des Tempêtes.

Sarkozy y distribue les bons et mauvais points aux personnages politiques qu’il a eu à fréquenter dans le cadre de sa charge de président. Voici ce qu’il écrit sur Abdoulaye Wade, réélu président du Sénégal en 2007, la même année où Sarkozy devient chef d’Etat :
« À l’époque, le Sénégal était présidé par une aussi étrange qu’intéressante personnalité, Abdoulaye Wade. Plus qu’étrange, en fait, l’homme était surtout paradoxal. Érudit, titulaire d’une agrégation d’économie obtenue sur les bancs de l’université française, et en même temps assez désorganisé dans sa pensée. Suivre une conversation avec lui exigeait un très grand effort de concentration. Gros travailleur, il pouvait être impressionnant lorsqu’il décrivait ses projets de développement, et en même temps complètement cyclothymique. Il lui arrivait de se renfrogner dans un mutisme complet comme de partir dans des colères homériques. Incontestable démocrate pour 90 % de son activité, il pouvait céder à une des pulsions de son tempérament et envoyer un de ses opposants en prison. En résumé, le calme n’était pas son point fort et son imprévisibilité notoire nous faisait toujours redouter le pire. Je l’aimais bien cependant, car j’admirais ce très long parcours au service de son pays, et l’aspect ascétique de sa personnalité. Au fond, il n’aimait et ne vibrait que
pour son travail. En cela, il était très loin du portrait caricatural du président africain aimant à jouir de toutes les bonnes choses de la vie. « 

Portrait somme toute flatteur de Wade en même temps que coup de griffe aux autres présidents africains « jouisseurs ». Sur le discours de Dakar où il avait notamment dit que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », Sarkozy dit regretter la brutalité mais maintient le fond de sa pensée : l’Afrique ne peut clamer à juste titre son indépendance et en même temps imputer la responsabilité de son sous-développement aux autres. Sarkozy condamne notamment la fécondité des femmes africaines, plus forte que le taux de croissance économique. L’ancien président français indique que la traite négrière est bien un crime contre l’humanité, mais que ce n’est pas le cas de la colonisation, « système certes injuste mais où des hommes et des femmes ont soigné, protégé et dispensé une instruction aux populations colonisées « .

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