- Exilé en Guinée Équatoriale -

Notre « mboka » Yaya Jammeh veut rentrer au bercail

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On a beau être à l’aise chez les autres, on ne se sent mieux que chez soi. Yaya Jammeh le sait si pertinemment aujourd’hui qu’il veut reprendre ses baluchons pour revenir au pays de « Sir Daouda Jawara ». Mais notre  »mboka » devra prendre son mal en patience puisque le gouvernement de son successeur lui a signifié son incapacité, pour le moment, à lui assurer sa sécurité.

Il a réclamé le samedi 11 janvier le respect par l’actuel gouvernement de ce qu’il considère comme ses droits, notamment celui de revenir dans son pays. L’enregistrement d’une conversation de Yahya Jammeh, forcé à l’exil depuis 2016, avec un responsable de son parti, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), a été diffusé sur les réseaux sociaux. L’ex-président y apporte son soutien à une manifestation prévue en sa faveur par ses supporteurs ce 16 janvier. « Je ne veux aucune violence, je ne veux pas qu’on touche ou détruise quoi que ce soit », mais ils (ses partisans) doivent « signifier clairement (aux autorités) qu’il faut appliquer l’accord. Il faut appliquer l’accord, point final ». L’accord auquel Jammeh fait allusion a été négocié par l’Union africaine, la CEDEAO et les Nations-Unies pour l’inciter à quitter le pouvoir sans violence. Dans un communiqué final publié en janvier 2017, ces organisations s’engageaient à œuvrer avec le gouvernement gambien pour le respect de la sécurité et des droits de Yahya Jammeh, notamment celui de rentrer en Gambie en tant que citoyen et ancien chef de l’État.

Adama Barro, l’actuel président de la Gambie.

Le gouvernement avertit

Le porte-parole du gouvernement gambien, Ebrima Sankareh, a, sur les ondes de la BBC, averti Jammeh de ne pas tenter de rentrer chez lui après son exil en Guinée équatoriale. La sécurité de Jammeh ne pourrait pas être garantie s’il revenait sans autorisation, a-t-il déclaré. Il a en outre confié ne pas « savoir » de quel accord parle l’ex-président et assure qu’Adama Barrow, actuel chef de l’État, n’a jamais signé un tel document. Contrairement au gouvernement, plusieurs organisations, notamment celles des droits de l’Homme, souhaitent voir Jammeh retourner dans le pays pour faire face à la justice. Depuis un an, une Commission vérité entend les témoignages accablants des présumées victimes des atrocités commises sous son régime. La Commission pourra ensuite recommander des poursuites judiciaires. Sur la BBC toujours, Ousman Rabbo Jatta, chef intérimaire de l’APRC, a plaidé en faveur de Jammeh afin que ce dernier puisse être «autorisé à vivre en paix en Gambie, plutôt que d’être jugé pour des allégations de violations des droits de l’Homme». Il a prévenu que toute tentative d’arrestation entrainerait un «bain de sang».

Tract.sn (avec média)