Tout le monde lui a reproché son mutisme durant le déroulement du procès à Paris de son père, Lamine Diack, ancien président de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui s’est tenu au mois de juin dernier. Un procès dont le verdict est attendu le 16 septembre prochain. Aphone jusqu’ici, Papa Massata Diack a enfin décidé de sortir de son mutisme. Il a brisé le silence et donné sa version des faits pour tenter de convaincre les sénégalais.

Et c’est la première chaîne de télévision privée la 2STV qui a eu l’exclusivité dans l’émission « Sport 2S », animé par notre confrère, Adama Kandé. Et pour plus de peps dans l’émission, il y avait deux invités de premier rang : Harouna Dème Rédacteur en chef du journal « Vox Populi », qui connait bien le dossier, et Latif Diop Administrateur du site « Challengesports info », témoin oculaire du procès.

Face à ces éminents journalistes sportifs, l’ancien consultant marketing de l’IAAF a livré sa part de vérité tout en brandissant un tas de documents pour se laver à grande eau et innocenter son père. A la question de savoir pourquoi attendre tout ce temps pour enfin parler, le directeur de Pamodzi évoque trois raisons.

« Parce que le procès s’est tenu après 4 ans et demi d’enquête, l’ordonnance de renvoi a été signée en juin 2019. Et ça été renvoyé au mois de février à cause des documents que j’avais transmis à la justice française, à la suite de la commission rogatoire internationale. Le deuxième aspect, c’est que je n’ai pas pu avoir accès au dossier pénal à temps, parce que pendant 5 mois, ils ont refusé de me le donner. Et mes avocats ne l’ont reçu que 5 jours avant le procès, donc c’était pour nous permettre de ne pas nous défendre pour comme il le fallait. Troisième chose, j’ai vu beaucoup de choses qui ont été dit lors de ce procès qui étaient tout à fait fausses. Et le manque de présence de mes avocats, Me Aly Fall et Me Moussa Sarr, qui ont très bien préparé le dossier et qui avaient demandé le renvoi qu’on leur a refusé. Ils ont refusé en disant que Massata pouvait se faire représenter par ses avocats Français. Donc, j’ai dû commettre à deux jours du procès Me Antoine Beauquier qui n’était pas très inspiré du fond dossier à me défendre, avec Me Marie Sophie Goldschmidt, se sont débrouillés, en collaboration avec Me Moussa Sarr et Me Aly Fall, par des appels téléphoniques, à transmettre le maximum d’informations pour leurs plaidoiries. Mais ils n’avaient pas tous les éléments. Donc, il y a des éléments factuels que je suis le seul à pouvoir apporter et il est grand temps de le faire », explique-t-il d’emblée.

« Il y a tellement d’intoxications, de lynchage médiatique… »

Très à l’aise et bien emmitouflé dans son boubou « Baye Lakhat », en bon talibé mouride, Diack fils poursuit : « Parce qu’il y a tellement d’intoxications, de lynchage médiatique, un acharnement avec des faits qui sont récurrents, alors qu’il n’y a aucun fait nouveau. Et surtout, j’ai été très révolté de voir que tous les éléments que j’ai fournis dans la commission rogatoire internationale n’ont pas été prises en considération. Je vois que l’ordonnance de renvoi du 22 mai 2019 signé par le nouveau juge d’instruction ne prend pas en considération dans ses analyses ou dans ses orientations pour le procès de mes éléments d’information ».

Avant de préciser que cela cassait l’accusation sur beaucoup d’aspects. « Je prends juste un cas de figure, c’est les droits des télévisions. Je vois dans l’ordonnance de renvoi qu’on met que c’est 6 millions d’Euros qui est négocié, alors que (il brandit des documents), j’ai par devers de moi un document que j’ai mis dans la commission rogatoire qui est le contrat signé par Essart Gabriel qui le Secrétaire général de IAAF et la lettre officielle de la télévision Russe disant que les droits qui ont été payés par la fédération Russe sont de 1 million 200 mille dollars. Alors bien que je leur ait transmis cela en janvier, ils avaient 6 mois pour rectifier, ils ne l’ont pas pris en considération et ils continuent à insister que c’était 6 millions d’euros » se désole-t-il.

« Il est grand temps que je parle »

A l’en croire, toute la presse s’est penchée sur cela. « Je me suis dit, bon il est grand temps que je parle. Par la suite, j’ai demandé une autorisation à mes avocats, qui m’ont qu’il est nécessaire que ce document fasse l’objet d’un truc. Contrairement à ce qu’on dit, oui Habib Cissé et Massata Diack qui ont négocié ça, c’est archi faux. Les contrats TV des championnats du monde ont été négociés par Essart Gabriel. Toutes les correspondances sont signées par Issa Gabriel Secrétaire général de l’IAAF. Même le PV de réunion qu’on a eu avec Valentin le 12 juin 2012 est signé par Essart Gabriel. Mais je ne vois nulle part le nom d’Essart Gabriel dans l’ordonnance de renvoi, ni dans l’enquête. Donc, je me dis que la justice française peut trancher le débat d’une manière injuste pour les prévenus, mon père inclus. Et moi, en ce qui me concerne, dans le domaine de compétence qui était les miens, il n’y a absolument rien de criminel, rien d’opaque. Tout est documenté et ces documents qui sont dans les archives de Monaco. Heureusement que j’en avais aussi par devers moi. Ces sont les points saillants qui m’ont amené à parler », a-t-il mis en avant pour justifier sa sortie médiatique.

Aidara KARARA

Tract

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