Quand Sadio Ousmane Diédhiou se raconte : «J’arrive à tenir le coup, mais c’est très difficile»

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(Tract)- SOD est devenu célèbre, malgré lui, mais à cause de sa maladie et de la noble quête de ses camarades étudiants pour le sauver. Enfance, études, maladie, la vie au jour le jour… Sadio Ousmane Diédhiou se raconte dans un entretien avec le site seneweb, repris par Vox.

«Je suis né à Thiaroye-Diamaguène-Sicap-Mbao, dans le quartier de Nassouroulaye 2 de Sam-Sam 1. J’ai fait mon cycle primaire à l’école privée Tété Dièye, au quartier Aïnoumady. Après mon entrée en 6e, je suis allé au CME de Thiaroye 2 où j’ai obtenu mon BFEM. Après, je suis parti au lycée de Thiaroye où j’ai eu mon BAC en 2011.

Par la suite, j’ai eu une bourse pour aller étudier au Maroc. C’était pour faire des études en Science des matières physiques. J’ai juste fait un mois et les listes d’orientation en médecine de Dakar sont sorties et je suis revenu pour suivre des études en médecine en 2011 à l’Université de Dakar.

C’est l’année dernière que je devais présenter mon mémoire de Thèse de Doctorat, mais je n’ai pas pu encore soutenir. Mais en spécialité, j’aimerai être un chirurgien pédiatrique.

Moment maladie

Cela fait un an que je sens que je m’essouffle très vite sur des distances courtes. Par la suite, je ne pouvais plus faire 100 mètres. Même quand je fais des gestes courants comme porter mes habits, aller aux toilettes, je suis lessivé, j’ai des palpitations au niveau du cœur, j’ai des migraines et je m’étouffe, j’ai des difficultés pour respirer.

Mais c’est à Saraya où j’étais parti prendre mon ordre de mission que j’ai commencé à saigner du nez. Mais je m’étais dit que c’était juste une irritation. Et les saignements ont continué pendant 10 jours, c’est là que je me suis dit que ça devient grave, je vais faire des analyses.

Lorsque les résultats des analyses sont sorties, on m’a fait savoir que c’était le pancytopénie, c’est-à-dire que toutes les cellules du sang ont lâché. Et c’est ainsi que j’ai été hospitalisé. En ce moment, je pensais au Doctorat, je ne m’inquiétais pas pour la maladie ni pour le traitement.

Je vis cette maladie et je fais régulièrement une transfusion sanguine. Et avec ça, je peux faire mes activités le temps d’avoir une autre transfusion sanguine. La situation, c’est le risque de saignement. A tout moment, tu peux saigner ou avoir une infection, c’est ça qui me pèse. Pour les transfusions, ça dépend du taux du sang. Parfois, c’est chaque deux semaines ou trois.

Espoir d’un avenir incertain

Bon, ma situation, je la vis positivement. C’est vrai que je n’ai jamais imaginé vivre avec une telle maladie. Je croyais que j’allais poursuivre mes études et par la suite faire ma spécialisation et trouver du travail sans problème. Du coup, c’est une déception, mais j’essaie de vivre au jour le jour. Et, heureusement, avec le soutien des uns et des autres, j’arrive à tenir le coup, mais c’est très difficile.

Par contre, ma famille est souvent stressée. Et surtout au moment où je prenais du poids. Mais là, c’est le soulagement un peu. Tous ces gens qui m’appellent, je les remercie. Merci à mes amis, mes profs et tous ces Sénégalais qui ont eu un élan de sympathie à mon égard. J’ai vu comment ils m’assistent et se mobilisent. Et j’avoue que ça m’a un peu surpris. Je demande aux autorités de m’aider si c’est possible, avant que ce ne soit trop tard, afin que j’aille me soigner et que je puisse rentrer en bonne santé et reprendre une vie normale, Incha Allah».

Tract