RDC: pour avoir déclamé en chanson une « Ingratitude » à l’élection de Felix Tshisekedi, la star Tshala Mwana arrêtée puis libérée

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La chanteuse congolaise Tshala Muana (au centre) avec des partisans après sa remise en liberté le 17 novembre.

L’artiste chanteuse congolaise Tshala Muana a enfin été libérée mardi après la pression du parti PPRD de Joseph Kabila. Elle a été arrêtée par les services de renseignements congolais pour avoir prétendument dénoncé le contexte de l’élection du président Felix Tshisekedi dans une chanson intitulée « Ingratitude ». C’était ce lundi à Kinshasa où dans la foulée, des activistes et des groupes de défense des droits humains ont manifesté pour demander la libération de l’artiste.

 

Agée de 62 ans, Elizabeth Tshala Muana Muidikayi est membre du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) – la formation de l’ancien Président Joseph Kabila –  depuis de longue date.  D’après les informations, le Président Tshisekedi aurait empêché l’ancien Président Kabila de prendre un vol intérieur. Alors, Tshala Muana a sorti une chanson intitulée « Ingratitude » pour dénoncer l’attitude du Président Tshisekedi!

Même si les paroles de la chanson ne mentionnent pas, d’après The East African, le Président par son nom, elle évoque bien un élève qui se retourne contre son enseignant nonobstant l’aide de ce dernier à l’apprenant pour passer en classe supérieure, alors que l’élève n’avait pas réussi aux examens. «Tu m’as déçu», dit la chanson, qui qualifie l’élève d’«ingrat» guidé par «un mauvais esprit». 

La chanson de T. Mwana réprimande un leader ingrat envers son mentor. Le mentor n’est pas mentionné dans la chanson, mais on pense qu’il s’agit d’une référence à Kabila qui a aidé Tshisekedi à former une coalition qui a conduit à la formation de son gouvernement l’année dernière.

 

 

L’arrestation de l’artiste a soulevé, selon The East African, une vague de protestation d’activistes et des groupes de défense des droits humains qui réclament sa libération. «Elle (Tshala Muana) doit être libérée immédiatement», peut-on lire sur un tweet de la Lucha, un groupe congolais de défense des droits humains. Ou encore: «Le droit à la liberté d’expression et d’opinion est garanti par notre Constitution. Sur la base de quelle disposition légale peut-on l’arrêter/la poursuivre, puisqu’elle n’a cité personne, n’a insulté personne, n’a violé aucune loi ! Elle doit être libérée immédiatement», lit-on ailleurs.

Dans une intervention, David-Jilono Makelele, Ministre de l’Information et porte-parole du Gouvernement remet en cause la version des faits relatés par les activistes. «Elle a mis sur le marché une chanson qui n’est pas passée par la commission de censure, ce qui est contraire au droit positif congolais», a recadré le Ministre. Tout en ajoutant que «Mme Tshala Mwana n’est pas la seule dans ce cas. Koffi Olimide était aussi dans cette situation et il a dû passer une nuit en prison pour cela, et a été contraint de changer des passages de sa chanson qui touchaient aux mœurs». T. Mwana a été remise en liberté ce mardi.

Tshiala Muana s’est faite connaître dans les années 1980 et 1990 grâce à sa musique, qui s’inspire de la tradition folklorique du peuple Luba, originaire des provinces du Kasaï.

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