Par Thomas AYISSI ٭

On ne naît pas femme, on le devient disait Simone de Beauvoir.

Sous certaines latitudes, on ne naît pas homme non plus, on le devient !

A tort ou à raison, nous estimons que cette fête du 8 mars pose des questions qui vont au-delà de la femme.

Brin (de) storm in:

1/C’est quoi être une femme en 2018?

2/Quels sont les combats actuels des femmes?

3/Comment contribuer à l’aboutissement de ces combats?

Commençons par la première interrogation.

Répondons sans réfléchir en conservant la douillette sécurité de pouvoir dire en cas de plantage monumental « normal que je n’aie rien compris! Je suis un homme… du moins … je me plais à le croire! »

Notre doute fait apparaître un aspect qu’il est intéressant de considérer pour répondre à la question :   1/C’est quoi être une femme en 2018?

Ce doute peut être formulé en une question : en 2018, les rôles sociaux se superposent-ils à l’anatomie des gonades? (honni soit qui pense à la forme et à la taille !!!)

Manifestement non! Les femmes sont… pardon ! Peuvent… oups ! Pourraient aujourd’hui occuper toutes les fonctions et exercer tous les métiers si seulement elles avaient l’appui des hommes et … celui des femmes!

Si tout est possible alors  2/Quels sont les combats contemporains des femmes?

  • L’égalité salariale? Absolument!
  • Une présence plus importante dans les gouvernements les parlements et les rectorats ? Certainement !

 

Mais ces questions ne peuvent occulter une plus profonde, celle qui, de notre point de vue est le véritable obstacle majeur à l’acquisition des droits : c’est l’acception du « glissement » des rôles sociaux.

Autrement dit, que chacun d’entre nous (Si ! Si ! En commençant par celui qui écrit ces lignes!) parvienne à accepter quelques vérités élémentaires fort dérangeantes:

  • Non, les femmes ne naissent pas en sachant faire la cuisine, elles apprennent parce qu’elles sont souvent mises aux fourneaux dès leur plus jeune âge.
  • Oui, être femme ne signifie pas avoir une «obligation de faire des enfants »! Si l’on paraphrase la chanson qui dit « les hommes sont des femmes comme les autres » alors acceptons AUSSI que les femmes soient … des hommes comme les autres : pouvant décider de faire des enfants ou pas. Elles doivent aussi pouvoir décider de mettre une tenue ample ou sexy sans être accusées de déclencher des incendies ou plus prosaïquement de « provoquer!»

En fait, le paragraphe précédent a déjà entamé la réponse à la question  3/Comment contribuer à l’aboutissement des combats féminins ayant cours en 2018?

Tout simplement en commençant à dire des femmes qu’elles sont des hommes comme les autres!

Oui, plusieurs sont tendres et aimantes, mais certaines sont revanchardes et brutales !

A la question : quel cadeau offrir à celles qui fêtent et à celles qui disent s’en foutre?

Nous répondons clairement : offrez le droit d’être plurielles (comme les hommes), parfois folles (comme les hommes), aussi bien payées (que les hommes), parfois casse-cou et casse-couilles (comme les hommes)!

Et si pour ce 8 mars 2018 les hommes et les femmes avaient offert aux individus de sexe féminin juste le droit d’être humaines dans toute la diversité et la complexité du terme ? La société s’en porterait-elle plus mâle ? Certainement pas !

           Journaliste, Communicant, Dakar٭

Copyright : Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

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