[ DOSSIER DE LA SEMAINE ] Sandaga, un avenir, cent dégâts ?

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Sandaga. C’est ce vendredi qu’on leur a demandé de plier bagage, de partir… Mais les commerçants de Sandaga, en tout cas ceux qui officient autour du marché sont encore là, ce jeudi 2 juillet, dans une ambiance et une atmosphère de tous les jours.

Et pourtant, ils savent que l’Etat a pris la décision de faire cesser toute activité de commerce en ces lieux en vue de la réhabilitation du « marsé » symbolique qui passe par sa « démolition ».

Alors, les commerçants, tiraillés entre la pensée d’un présent en démolition et l’idée d’un avenir en reconstruction, veulent encore vivre les émotions – les dernières ? – d’un Sandaga encore intact, sans dégâts.

 

Dame Niang, porte-parole de l’association Ánd Taxaw Sandaga.

Dame Niang, porte-parole de l’association And Taxaw Sandaga ( ATS), dit que la mesure les a surpris. Il rappelle l’histoire pour étayer son propos. C’est le 30 août 2919, il se rappelle, qu’ils ont pris langue avec le préfet. « C’est jour là qu’on a parlé de Sandaga, mais également du site de recasement et autres problèmes non encore maîtrisés. Alors, cest compte tenu de tout cela, que préfet nous a demandé d’en parler autour d’une table (…) On nous a proposé le champ de Courses et on leur a dit que le site était enclavé. Ensuite, ils ont parlé du centre Djily  Mbaye qui n’a que 68 places, donc trop petit pour contenir plus de 200 places« , à expliqué Dame Niang. Pour lui, les autorités on fait du « forcing » pour les « déloger » et leur imposer le le site du Champ des courses. Et pourtant, la dialogue avait continué jusqu’à ce qu’ils entendent, eux les commerçants, que Sandaga sera démoli. « Nous n’avons reçu aucune sommation dans  ce sens », affirme D. Niang.

Voici l’intervention en audio de Dame Niang :

 

Cheikh Gningue, Cantine B30, Av. Emile Badiane Sandaga.

Cheikh Gning (commerçant, Cantine B30, Av Emile Badiane), déplore la communication de l’état sur cette affaire, le non recensement des cantines autour du marché et donc l’avenir incertain des marchands comme lui… Mais, « on ne peut lutter contre l’État », est son constat.

 

Un vieux de plus de presque 79 ans, tient également à parler, mais sous le fameux sceau de l’anonymat. Il dit être là, à Sandaga, depuis l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il travaille avec ses enfants dans sa cantine où il y’a une valeur, en marchandise, de plus de 30 millions. « Les autorités nous avaient dit que Sandaga pouvait être démoli sans nous faire déplacer. Alors, pourquoi aujourd’hui, elles veulent nous faire partir sans nous avoir notifié cela bien à l’avance », fulmine le vieux. Qui menace : « Si j’arrive le lendemain et que je trouve que des gens ont détruit ma cantine, je me verse de l’essence et me tue ». Et on comprend toute la tragédie de son témoignage « anonyme ».

Autres réactions en audio, et images d’ambiance à Sandaga, ci-dessous :

Propos de Cheikh Niang :

 

Propos de Ndongo Sarr :

 

Premier plan architectural proposé de Sandaga.

 

Tract.sn

Photos : Tidiane Diallo

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