La montagne a-t-elle pas accouché une souris ? Une interrogation qui mérite d’être posée. Depuis l’éclatement du litige foncier qui l’oppose aux habitants de Ndengler, qui fustigent l’accaparement de leur terres agricoles d’une superficie de 300 hectares, par l’homme d’affaire Babacar Ngom SEDIMA, le débat est intense.

Son nom était sur toutes les lèvres, avec une dose de polémique, chacun y allant de son propre commentaire. Le père Anta Babacar Ngom qui était resté motus et bouche cousue, jusqu’à jeudi dernier, a décidé de briser le silence pour livrer sa part de vérité. Mais on dirait que l’homme d’affaire a raté sa communication.

«Il était dans le show qui a duré plus d’une heure pour ne rien dire. En tout cas, il n’a pas convaincu son monde». C’est du moins de l’avis des spécialistes de la communication, mais aussi d’internautes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux : twitter, facebook, etc.

Selon Moustapha Diop, «cette rencontre n’était pas une conférence de presse, mais plutôt un show». Un autre internaute du nom de Souleymane Diagne de dire que «c’était laconique». «Parler plus d’une heure et aucun élément convainquant. C’est triste, tu n’as fait qu’une démonstration de force en montrant que tu as de l’argent. Pauvre paysans qui n’ont pas certainement pas assez d’argent, mais au moins leur dignité», tonne-t-il.

En ce qui concerne Alpha Diop, lui il se pose la question à savoir : «Mais est-ce que Babacar Ndgom a été bien conseillé. Son discours était comme le ciel et la terre. Je m’attendais à des explications précises. Mais rien».

Ndéye Maguette Diop enfonce le clou : «Je suis très déçues de la sortie du patron de SEDIMA. J’ai vu un homme qui n’est pas simple, qui toise les populations de ladite commune. J’était choqué quand il a dit : ‘qui connaissez Ndengler ?’». «C’est trop de sa part», dénonce la dame.

Donc, on peut dire sans risque de se tromper que la sortie Babacar Ngom a eu l’effet contraire de ce qui était visé. Les communicants qui ont décrypté le discours de M. Ngom en conviennent bien, autant sur la forme que sur le fond. «Il a beaucoup péché sur sa communication. L’homme a produit du show, du stroy sterling à l’américaine, il a raconté une histoire, sa propre histoire. Puisqu’il y a eu des billets liés à des éléments de langage condescendant du genre ‘je viens faire pour vous ce que vous ne pouvez pas faire pour vous-même, regardez d’où je viens’», décortique-t-il, sous le couvert de l’anonymat.

Et de poursuivre en notant que «ce type de discours heurte proprement. Car, il trace deux mondes fort différents. Celui du fort, du puissant. Et celui du faible, c’est-à-dire les petits gens, donc les paysans. Et la tendance, c’est que les populations ont tendance à se ranger du coté des faibles. C’est la charge émotionnelle liée à la symbolique du monde paysan dépossédé de son meilleur bien qu’est la terre. Car la terre est un lieu de production, l’économie rurale, mère nourricière chargée de légende d’histoire et de mémoire, etc».

Aidara KARARA

Tract

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