Auto-incitation au viol, légende sénégalaise promue par Songué Diouf

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L’ET DIT TÔT D’O.N.G – Wakh bou ègg, dof a ko moom ? Mais on sait bien que la vérité sort de la bouche des enfants. Et des fous.  Jakaarlo est une émission qu’on peut se passer de regarder et vaquer à d’autres occupations, car au détour d’une conversation ou d’une navigation sur Internet, on vous  rapportera toujours les dernières fadaises qui y ont été proférées . C’est notre café du commerce : celui où on reconnait les cons à ce qu’ils osent tout (dire).

Dans sa dernière édition, le Professeur (de lycée ? ) Songué a donc déclaré que nos compatriotes du beau sexe à qui ils arrivaient de se faire violer étaient coupables de la turpitude d’incitation au viol. Non seulement du fait de leur tenues présumées viologènes, mais également du fait des « formes généreuses » dont le Créateur les a dotés à l’insu de leur plein gré, mais qu’elles seraient bien inspirées de cacher au satyre qui ne sommeille que d’un œil en tout Sénégalais mâle qui se respecte. Selon le professeur fesseur.

Les mâles et pas pâles propos de Songué surviennent alors qu’un mouvement underground promeut le ‘Noupiwouma’, et appelle à la dénonciation sans détours ni culpabilité des tontons saï-saï, mouvement d’amazones auxquelles le jakaarlologue Songué a donné bien du grain à moudre avec sa saillie testostéronée. Et erronée.

Soigner le mâle Sonqué en le désignant comme le mal ? C’est donc ce à quoi se sont attelé  sur les plateformes numériques tous les hérauts de la bien-pensance, autre nom des intellos de service prompts à réprouver tout sévice sur Twitter, Facebook et autres blogs, dans un entre-soi confortable. Mais jamais à se résoudre à aller le faire sur les places publiques et dans les médias publics où ils auraient une chance de se faire entendre par tous les Sénégalais de la rue.

Ce que l’on devrait surtout noter dans cette affaire pour s’en indigner, c’est d’abord et à la fin de la journée,  le silence tintinnabulant de tous ceux dont ce serait le rôle de condamner ces propos condamnables, en leur qualité de régulateurs sociaux : les imams du coin, les guides religieux de toutes les confessions et confréries, les artistes de renommée, les hommes politiques qui nous dirigent ou aspirent à le faire, les juges qui ont la latitude de s’autosaisir devant ce trouble manifeste à l’ordre public….Aucun d’entre eux n’a pipé mot.

Cela renseigne bien sur le fait que cette pensée-songuesque-qui-ne-pense-pas est partagée par le plus grand nombre à Ndoumbéland : ‘quand on se fait violer, c’est qu’on n’est pas resté€ bien sagement assis dans le giron de sa mère. Et qu’on l’a un peu cherché même’. Les pères font tinter les oreilles de leurs propres filles dès que celles-ci pénètrent l’âge adolescent si ellesc pensent pouvoir continuer à se vêtir de pantacourt et autres culottes ras-des-fesses ; et ils refusent derechef de les laisser s’asseoir sur leurs jambes. Les mères (poules ?) ne sont pas en reste dans cette guerre aux hormones mâles présumées incontrôlables.

Éloigner la femme du mâle : combat culturel de la société sénégalaise. Tout le discours de la société sénégalaise sur la préservation de la virginité tient dans la culpabilisation perpétuelle de la jeune fille et de la femme non-mariée, avec force rappels à elles de s’éloigner du mâle.

A propos du topo Songué, voici le type de réaction qu’on peut lire aujourd’hui sur les forums des sites d’information : ‘Ce que beaucoup de fanatisés ne comprennent pas, c’est que ce combat contre ces dires du professeur est un combat indirect contre les dires de nos guides religieux. Ils ont toujours expliqué que l’habillement indécent, l’habillement sexy, “day yée fitna” (Cela réveille le désordre). Voilà qu’une dictature de la pensée veut nous imposer que dire que “cela réveille le désordre” c’est faire l’apologie du désordre’. Sic. Sick.

Épilogue : Le trop fesseur Songué a dit hier que ses propos ont été mal interprétés et a présenté ses excuses. Qui seront acceptés, jusqu’à ce qu’un autre péquin moyen affublé d’un titre ronflant ne nous refasse le coup de pied de l’âne, en tenant des dires similaires. Songué s’est surtout d’ailleurs excusé auprès de ses amis et admirateurs, et non auprès de la gente féminine.

Que cela soit dit : le délit d’incitation au viol n’existe dans aucune législation admise de ce pays.

Pour soigner les maux, changeons les mots que nous employons pour en désigner les (prétendues) causes.

Copyright : Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

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