Yémen : les séparatistes brisent l’accord de paix et déclarent l’autonomie du Sud

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Des membres des forces séparatistes sudistes au Yémen font le V de la victoire à bord d'un char sur la périphérie de la province d'Abyane, voisine de celle d'Aden, le 29 août 2019 afp.com/Saleh Al-OBEIDI

Cette déclaration intervient alors que des combats ont déjà lieu au nord du pays entre la coalition gouvernementale et d’autres rebelles, les houthistes.

Les séparatistes du Yémen ont déclaré, dimanche 26 avril, l’autonomie de la partie sud du pays déchiré par la guerre, brisant l’accord de paix avec le gouvernement et compliquant son long conflit avec les rebelles houthistes, qui contrôlent une grande partie du Nord.

27 septembre 2018 : des enfants yéménites armés avec leurs pères lors d’un rassemblement à Sanaa en soutien au mouvement chiite houthi contre l’intervention menée par les Saoudiens dans la capitale.• Crédits : Mohammed Huwais – AFP

 

Le Conseil de transition du Sud (STC) a accusé le gouvernement de ne pas avoir rempli ses obligations et d’avoir « conspiré » contre la cause du Sud et a déclaré que l’autonomie avait commencé à minuit, dans la nuit de samedi à dimanche.

« Le STC déclare l’autonomie dans le Sud à partir de minuit, le samedi 25 avril 2020, et un comité d’autonomie commencera ses travaux sur la base d’une liste de tâches assignées par la présidence du Conseil », ont déclaré les séparatistes dans un communiqué.

Aden, capitale du sud Yémen.

 

La rupture entre les ex-alliés intervient alors que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement internationalement reconnu dans sa bataille contre les houthistes, a prolongé un cessez-le-feu unilatéral visant à freiner la pandémie de Covid-19. Les houthistes ont rejeté l’accord de paix et les combats persistent dans ce pays ravagé par la guerre, qui a engendré ce que les Nations unies ont qualifié de pire catastrophe humanitaire au monde.

Des dizaines de milliers de civils ont été tués au cours des cinq dernières années dans la guerre entre le gouvernement et les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran. Plus de trois millions de personnes sont déplacées en raison du conflit, dont beaucoup dans des camps particulièrement exposés au risque de propagation de maladies comme le paludisme et le choléra.

Un accord de partage vite caduc

Colonne de chars saoudiens au Yémen.

 

Les séparatistes du sud du Yémen, mobilisés depuis longtemps pour l’indépendance, ont signé un accord de partage du pouvoir à Ryad en novembre, qui mettait fin à une bataille pour le Sud qui les avait vus prendre le contrôle de la deuxième ville du pays, Aden.

Le pacte a toutefois vite été caduc, en raison de la non-application dans les temps de mesures-clés, notamment la formation d’un nouveau gouvernement comprenant des représentants des sudistes, ainsi que la réorganisation des forces militaires.

En avril, le Yémen a signalé son premier cas de Covid-19, dans l’Hadramaout, une province du Sud contrôlée par le gouvernement, ce qui fait craindre une propagation de la maladie.

Au moins 21 personnes ont, par ailleurs, été tuées dans des inondations soudaines ce mois-ci, lorsque les rues d’Aden ont été submergées et des maisons détruites.

Tract (avec médias)