Sixties ! Youssou Ndour entre dans le 3ème âge

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Ce mardi 1er octobre 2019, Youssou Ndour, star musicale iconique de notre pays, entre officiellemement dans les rangs des « sexagénaires » ! Tract a naturellement enquêté pour savoir si c’était une chose grave. Après investigations approfondies, nous pouvons rassurer nos lecteurs, en manque de lettres, de Guinaw Rails et Rebeuss: sexagénaire, selon nos sources bien informées et très à cheval sur la langue, ne signifie pas que notre You national va changer de sexe; ni non plus qu’il va décider en 2019 de se livrer à des pratiques amoureuses échevelées. Sexagénaire signifie tout simplement, ouf, que Youssou Ndour a soixante ans. On touche du bois pour lui ! Lui qui a chanté dans Batay que le Général de Gaulle était venu faire son discours à Dakar l’année de sa naissance. En 1959. Alors que De Gaulle est venu sur la future place de l’indépendance discourir devant les porteurs de pancartes en 1958. Obligeant Youssou à réenregistrer son morceau BaTay.

Nous le félicitons pour ce bel anniversaire, en lui souhaitant une entrée en fanfare dans le troisième âge. Swinging sixties pour You? Il continuera sans doute à animer pendant longtemps encore les scènes musicales du monde et les pistes de danse du Sénégal Inch Allah. Insensible aux bodios-bodios et toujours content de dispenser du bonheur aux fans et mélomanes.

Youssou est et demeure, depuis 45 ans qu’il chante de sa voix de 8 octaves, le symbole de notre culture dans l’inconscient collectif des Sénégalais. Merci et bravo.

L’année 2018  aura été grave pour You, avec le décès de son ami, bassiste et arrangeur Habib Faye . L’année 2019 qui s’achève bientôt aura été plus souriante pour Youssou, avec la sortie de son album History, dans un beau morceau duquel il rend hommage à Habib Faye et avec lequel il aura chauffé les scènes du monde : France, USA, Belgique…. Plus joyeuse aussi pour lui avec la victoire de celui qu’il soutient en politique : le président Macky Sall, de deux ans son cadet.

En juin 2019, Youssou répondait ainsi à quelques questions durant la tournée de promotion de « History »:

Question: La foi et notamment l’islam sont très présents dans votre vie et musique…

Youssou Ndour : La foi est très importante pour moi. C’est sacré. On ne se pose pas de questions. Je ne crois pas les gens qui n’ont pas de valeurs. Nous avons aussi un devoir de transmission aux enfants. L’islam est une religion de paix et de tolérance. Le premier mot qu’on prononce, c’est « assalamu alaykum » qui signifie « paix pour tout le monde », et pas seulement pour les musulmans ! Arrêtons d’associer l’islam au terrorisme. Dans toutes les religions, il y a des extrémistes.

Question : Votre chanson « Confession » évoque la vie d’un immigré qui va soutenir sa famille et le titre « Makoumba » parle d’un jeune prié d’aller bosser…

Youssou Ndour : Oui, car à travers mes chansons, outre le fait de faire plaisir, j’essaie de faire passer des messages aux jeunes qui ont perdu certaines valeurs ou aux parents qui ont démissionné de l’éducation de leurs enfants. C’est important, la valeur du travail.

Question : Comment l’Afrique peut-elle aujourd’hui éviter de voir ses jeunes quitter le continent ?

Youssou Ndour : Ce n’est pas un problème simple à résoudre. Je crois qu’on ne propose pas assez d’options aux jeunes. L’éducation, c’est d’abord les parents. Ensuite, il y a l’école. Si les jeunes ne réussissent pas à l’école, il faut leur proposer une formation pour s’en sortir. À l’instar des pays de l’Occident, il faut développer plus la formation professionnelle, qui devrait être obligatoire. En Afrique, nous avons des besoins dans des domaines où nous n’avons pas assez de main-d’œuvre qualifiée. Au Sénégal, il y a des réformes en cours, mais ce n’est pas encore assez, il faut accélérer.

Si les jeunes ne trouvent pas de boulot et voient les familles de ceux qui sont partis en Occident avec une meilleure vie matérielle grâce à l’argent envoyé, ils vont regarder l’Occident comme l’eldorado et vouloir y aller à tout prix. Aujourd’hui, plus de 60 % des Africains ont moins de 25 ans. Il faut des réponses, sinon, cela va toujours être ces images terribles de migrations, ces va-et-vient.

Une Afrique faible, c’est une Europe faible.

Question : Trouvez-vous les Européens intolérants ou condescendants vis-à-vis des Africains, notamment quand on parle de migrations ?

Youssou Ndour : En Europe, quand les politiques n’ont pas de réponses pour les citoyens, notamment sur le plan économique, la première chose qu’ils font est de parler d’immigration en disant : « Il y a trop d’immigrés. » C’est comme un réflexe. Et ils arrivent à séduire des gens qui votent pour eux, car ils ont peur de perdre leur travail. Cette attitude est déplorable. La montée du racisme est inquiétante.

C’est surréaliste de voir un sommet européen juste parce qu’il y a un bateau de migrants qui veut accoster en Espagne ou en Italie. Les Européens ne doivent pas sombrer dans des accusations faciles envers les migrants africains. Ils ont une responsabilité vis-à-vis des jeunes Africains. Il faut des politiques en amont et la coopération entre l’Europe et l’Afrique doit être du « win-win » (gagnant-gagnant). L’Europe doit comprendre qu’une Afrique forte est forcément une Europe forte. Une Afrique faible, c’est une Europe faible, et donc une France faible vu nos liens historiques. Sur le plan économique, l’Europe doit aussi ouvrir ses marchés pour l’Afrique. En France, on compte, hélas, sur les doigts de la main les entreprises sénégalaises.

Question : Pourquoi êtes-vous resté domicilié au Sénégal ?

Youssou Ndour : Je suis très attaché à mon pays et je pense que ma musique a besoin de mon pays. La musique, ce n’est pas que de « l’entertainment ». C’est une force qu’on peut utiliser pour faire avancer les choses. Très jeune, je me suis engagé dans les droits de l’homme. À Washington, j’ai lutté avec d’autres pour avoir plus de moyens contre le paludisme et effacer la dette du pays. Au Sénégal, j’ai toujours mon Groupe Futurs Médias, qui détient le quotidien L’Observateur, la radio RFM et la chaîne TFM et où cinq cents personnes travaillent. Mais je ne m’en occupe pas, je ne suis pas journaliste. Ces investissements ne sont pas pour gagner de l’argent, mais d’abord pour partager, donner du travail aux Sénégalais. Comme j’ai eu la chance d’être célèbre, je reçois et je donne. Et ce groupe permet de tendre le micro à tout le monde, d’aider au pluralisme des idées et à la démocratisation du pays.

Voila! Comme on le voit,  des réponses engageantes et solidement argumentées du roi du mbalakh. Aussi, pour ce 1er octobre 2019, Tract.sn ne peut entonner qu’une seule ritournelle pour conclure, au son entêtant de la kora électrique de Sidiki Diabaté : « Hey You, Happy Birthday ! »

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