[ÉDITO, ET DIT TÔT] « Nouveau couvre-feu possible » ? Les menaces en l’air du ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr

Le ministre de la Santé et de l'Action ociale Abdoulaye Diouf Sarr fait du "kheubeul"

[ET DIT TÔT ] – La communication de crise dans laquelle il est engagé avec son département ministériel depuis mars, exprimée par des points quotidien sur la situation Covid-19 (malades, guéris, décès,, en réanimation) a manifestement pris sa (grosse) part sur son état de forme et amené désormais le ministre de la Santé et de l’Action sociale Abdoulaye Diouf Sarr au bord de la crise de nerfs Cette semaine dont nous sortons, devant la recrudescence des cas de Covid-19, Diouf Sarr est tout de suite monté sur ses grands chevaux pour menacer d’un reconfinement avec retour d’un couvre – feu : « le retour d’un couvre-feu est possible ! » n’a – t-il pas hésité à proclamer, péremptoire et le torse bombé.

« Chiche ! », lui répondons-nous. On ne demande qu’à voir. Mais on y croira quand on le verra, ce reconfinement et ce nouveau couvre-feu au Sénégal. Couvre-feu qui avait fini en eau de boudin et eau dans le gaz avec des émeutes, y compris celles marquantes des transporteurs routiers inter-régionaux, privés de leur gagne-pain pendant trois mois. Non, ministre Diouf Sarr : il n’y aura plus ni reconfinement par couvre-feu et prohibition des déplacements entre régions. Vos paroles sont des menaces en l’air. Comme l’a dit le président Sall, nous devons apprendre à vibre avec le virus : nous ne pouvons pas laisser l’économie mourir à petit feu. Et incidemment, nous ne pouvons par refermer les écoles, depuis  celles de notre petites têtes crépues des écoles élementaires, en passant par ceux des collèges et lycées, jusqu’à celles des jeunes adultes dans les garderies que sont devenues, entre autres, l’UCAD. Nous apprenons à cet égard que la business school BEM, sise à Sacré-Couer à Dakar, vient de décider de faire passer tous ses cours en mode distanciel.

A ce combat don quichottesque contre des moulins à vents et perdu d’avance que son collaborateur a engagé, Macky Sall, magnanime, est venu à la rescousse de son ministre de la Santé en mettant un bandage de plâtre sur la jambe de bois claudicante de ce dernier: « le défaut de port de masques dans les transports publics ne sera plus toléré », a dit le président Sall. Même là, on demande à voir : à titre d’exemple, le port du casque pour conducteurs de motos est obligatoire dans ce pays de Ndoumbélane. Or, on n’en voit pas beaucoup, des conducteurs de cyclomoteurs qui se conforment à cette obligation. Sans encourir de quelconques sanctions policières ou judiciaires, sauf, parfois, de brusques éruptions de zèle des forces de l’ordre, qui décident pendant trois jours de suite, d’arraisonner tous les motoristes sans casque et de mettre leurs engins en fourrière. Après paiement de l’amende, les choses repartent comme en l’an quarante. Et vogue la galère.

Imposer une mesure passe par la répétition, dont on dit qu’elle est pédagogique. Eh bien elle est pédagogique à double titre : pour celui à qui on applique la mesure et qui doit retenir la leçon, une fois pour toutes (l’usager contrevenant). Mais, pédagogique aussi pour celui chargé d’appliquer la mesure (le policier ou le gendarme), qui doit bien se rendre compte que sa mission est de répéter, chaque jour, jour après jours, les mêmes interdictions, les mêmes avertissements, les mêmes sanctions. Mais cela est-il humain au Sénégal ? Cette lutte anti-Covid-19 qui s’apparente au « travail du Blanc qui ne finit jamais » ? Il faut avouer que non. Cela, seul une machine le peut, et comme on dit au Sénégal : « Nit dou machine ».

Ministre Abdoulaye Diouf Sarr, après examen minutieux de votre cas fébrile, Tract déclare que vous êtes donc coupable es qualités. Mais le grand jury de la rédaction de Tract vous accorde des circonstances atténuantes : vous n’êtes pas responsable du libre arbitre des citoyens qui refusent de porter des masques barrières et de respecter les gestes barrières.

Si on veut des masques portés dans les transports publics, que ne les rend-on pas disponibles à l’intérieur des véhicules collectifs ? Et pourquoi pas, gratuits ? En attendant, les receveurs de bus et contrôleurs sont désormais transformés en auxiliaires de police

Damel Mor Macoumba Seck

Tract