« Old Bob » Mugabé : l’ancien plus vieux chef d’Etat du monde s’éteint à 95 ans

L’ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort à l’âge de 95 ans, a annoncé vendredi son successeur, Emmerson Mnangagwa, sur son compte Twitter. Robert Mugabe, malade, était hospitalisé depuis plusieurs mois à Singapour.

Son successeur Emmerson Mnangagwa, qui l’avait acculé à la démission en novembre 2017, rend hommage à Robert Mugabe, père de l’indépendance de son pays et icône de la libération de son peuple. Emmerson Mnangagwa a réagi depuis le Cap en Afrique du Sud, où il participe aux travaux du Forum économique mondial Afrique. Il est d’ailleurs rentré en urgence à Harare.

President of Zimbabwe

@edmnangagwa

It is with the utmost sadness that I announce the passing on of Zimbabwe’s founding father and former President, Cde Robert Mugabe (1/2)

President of Zimbabwe

@edmnangagwa

Cde Mugabe was an icon of liberation, a pan-Africanist who dedicated his life to the emancipation and empowerment of his people. His contribution to the history of our nation and continent will never be forgotten. May his soul rest in eternal peace (2/2)

C’est Emmerson Mnangagwa qui annonçait plus tôt ce matin officiellement la disparition de l’ancien président, confirmant les rumeurs des réseaux sociaux. « C’est avec la plus grande tristesse que j’annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l’ancien président, le commandant Robert Mugabe », déclarait Emmerson Mnangagwa dans un tweet plus tôt.

President of Zimbabwe

@edmnangagwa

It is with the utmost sadness that I announce the passing on of Zimbabwe’s founding father and former President, Cde Robert Mugabe (1/2)

Robert Mugabe est marié depuis 1995 à Grace Marufu, son ex-secrétaire, qu’il a épousée trois ans après la mort de sa première femme d’origine ghanéenne, Sally. C’est en souhaitant voir Grace lui succéder, en 2017, que Robert Mugabe déclenchera la colère des militaires et le coup d’État qui mettra fin à son règne commencé en 1980.

L’ex-président du Zimbabwe, Robert Mugabe, était hospitalisé à Singapour depuis cinq mois mais la maladie dont souffrait l’ancien chef de l’Etat n’avait pas été explicitée. Il est mort cette nuit à 2h40 TU. La rumeur le disait atteint d’un cancer, mais son entourage expliquait ses fréquents séjours à Singapour par le traitement d’une cataracte.

Le leader de l’opposition Nelson Chamisa présente ce matin ses condoléances à la famille Mugabe mais assure qu’il reviendra en longueur sur les profondes différences entre son parti et le héros de l’indépendance.

Le « champion » de la lutte contre le colonialisme

Les premières réactions internationales commencent à arriver. En Afrique du Sud, la mort de l’ex-dirigeant fait réagir, surtout pour l’ANC de Nelson Mandela, dont Mugabe était le plus fidèle allié. Le parti a exprimé sa profonde tristesse au moment d’apprendre son décès et regrette la disparition d’un ami, d’un leader et d’un « révolutionnaire ». Le président sud-africain Cyril Ramaphosa salue un « champion » de la lutte contre le colonialisme.

Quant à la Chine, elle voit en Robert Mugabe un dirigeant « exceptionnel ». Pékin fut l’un des rares partenaires du régime de Robert Mugabe. « Durant sa vie, il a fermement défendu la souveraineté de son pays, s’est opposé aux ingérences étrangères et a activement promu l’amitié et la coopération entre la Chine et le Zimbabwe et la Chine et l’Afrique », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. Beaucoup de pays se sont attristés de sa disparition. Parmi eux, les présidents kenyan, tanzanien nigérian et zambien, ainsi que l’ambassade des Etats-Unis à Harare.

Blessing Muzonzini@bmuzonzini

GUSHUNGO… Hate him or love him there will never be another

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L’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, à Harare, le 31 juillet 2013. © Siphiwe Sibeko/REUTERS