Au Cameroun, la Commission nationale anti-corruption…s’en remet à Dieu

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Le Pasteur Dieudonné Massi Gams, directeur général de la Conac
Le pasteur Dieudonné Massi Gams, directeur général de la commission nationale anti corruption a réuni musulmans et chrétiens  dimanche dernier au palais des congrès de Yaoundé à la faveur de la journée internationale de lutte contre la corruption.
La foi en Dieu peut être un facteur important de correction de la mentalité de corruption chez les camerounais. Telle est la thèse qui a milité pour l’organisation de ce service oeucumenique pour la priere contre la corruption.
Le Cameroun compte près de 90% de sa population parmi les adeptes des religions révélées, notamment le christianisme et l’islam. En d’autres termes, ils sont plus de 20 millions de citoyens qui vont chaque vendredi et chaque dimanche dans un lieu de prière manifester sa foi en le Dieu Très Haut. Comment comprendre que le mal soit aussi rempant ? La Bible et le Coran condamnent fermement dans leurs lignes les actes de corruption ou même des actes s’assimilant à la corruption. Or ce sont ces même disciples de ces religions qui sont dans les administrations et autres lieux de services où le phénomène a fait son lit. Qu’est ce qui n’a pas marché ? Qu’est ce qui peut justifier ce gap aussi grand entre le comportement attendu des hommes et femmes de foi et la situation critique dans laquelle se trouve le Cameroun en ce moment du fait de la corruption et des actes assimilés ?
La corruption est un péché. Mais les pratiquants du christianisme ou de l’islam semblent ne pas s’en rendre compte. L’acte de corruption qui consiste à imposer sournoisement ou ouvertement un paiement contre un service qu’on devrait rendre gratuitement est un vol. Car l’agent corrupteur use de sa position pour extorquer de l’argent à l’usager. Les hommes d’églises l’ont martelés, c’est un péché. C’est illicite. Celui qui commet ce péché, de même que celui qui consomme les fruits de la corruption sont coupables devant Dieu et s’exposent aux punitions de l’Éternel. Punitions qui peuvent conduire jusqu’à la condamnation pour l’enfer. Une prise de conscience est nécessaire.
Le conseil musulman, le conseil épiscopal, la confédération des églises protestantes ont uni leurs voix pour fustiger la corruption. Les gardiens des valeurs morales devraient davantage sensibiliser leurs ouailles. Si par leur prédication et leur comportement les leaders des communautés de foi s’engagent veritablement dans la lutte contre ce fléau, il va de soi que la corruption reculera considérablement dans notre pays. Imaginons un seul instant que chaque weekend des messages anti corruption sont proférer à plus de 20 millions de camerounais, les conséquences seront plus que visibles.
Au delà des mots, il faut aujourd’hui que des actes concrets soient posés. Bien que celà n’ait pas été ouvertement signifié au cours de cette cérémonie, il est enfin temps que la conac mette en pratique l’ensemble des dispositions de la stratégie nationale anti corruption. Un document qui prévoit que des actes de corruption au sein des communautés du pilier religieux soient également dénoncés et condamnés.
On le rappelle pour le déplorer, ils sont nombreux les pasteurs et anciens de l’église incarcérés aujourd’hui pour des actes de corruption et de détournement de deniers publics. C’est dire que le vers est très profondément encré dans le fruit. Mais le travail ainsi démarré par la conac auprès des communautés de foi devrait se poursuivre et s’intensifier. Car le lieu où se forme la corruption c’est bien les coeurs des hommes. Et seule une foi honnête et sincère peut déloger ce vice des âmes des Camerounais.

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