On aura tout entendu, même les explications les plus fantaisistes vantant la capacité de résistance des Africains – vivant en zone intertropicale – face au Coronavirus. Sans compter les shows des charlatans plaisantins qui surfent sur l’imaginaire mystico-religieux des populations, pendant que des imposteurs – comme du temps de Ébola – déclarent à tout vent que le Coronavirus n’existe pas.

 

Si le compteur africain de l’OMS ne s’est pas encore affolé (435 cas et 10 décès enregistrés au 17 mars), il montre bien que le coronavirus gagne du terrain chaque jour sur le continent. La liste des pays atteints par la pandémie ne cesse de s’allonger. Des voix s’élèvent désormais pour dénoncer les informations fantaisistes qui ont circulé sur les réseaux sociaux à propos d’une supposée « invulnérabilité » des Africains face au coronavirus. Il est grand temps de mettre un terme à « ces âneries », lance le journal Le Pays du Burkina Faso.

Le quotidien de Ouagadougou met en garde « certains scientifiques ou prétendus tels » qui rassurent les populations en avançant la thèse du climat de l’Afrique qui ne serait pas favorable au coronavirus. Ce genre de discours, dépourvu de tout fondement scientifique, est dangereux, s’exclame le journal.

« A les entendre en effet, au-delà de 20 degrés, le virus ne peut pas tenir. Ce genre de discours peut faire du mal à l’Afrique » – Le Pays (Burkina Faso)

A force d’entendre des discours pseudo-scientifiques rassurants, mais faux au final, les populations risquent de s’installer dans la certitude qu’elles ne sont pas effectivement concernées par le coronavirus, met en garde le journal Le Pays.

Le Covid-19 serait-il moins à l’aise avec l’air très sec et chaud ? Ce virus vivrait-il moins longtemps en Afrique que dans des zones humides ? Interrogé à ce sujet, le docteur Massamba Diop, directeur de SOS Médecins à Dakar (Sénégal), est formel : « Il s’agit d’une simple hypothèse. On n’en sait strictement rien aujourd’hui », a-t-il confié à Rfi. En effet, aucune étude ne l’a encore prouvé à ce jour.

Il n’y a pas que le climat qui a fait fleurir diverses affirmations gratuites sur les réseaux sociaux. Des rumeurs ont aussi circulé sur une supposée invulnérabilité des Africains face au coronavirus, parce que les anticorps d’un Noir seraient trois fois plus puissants et plus résistants que ceux d’un Blanc. Tout cela n’est que du vent, assure le docteur Diop.
« Je n’ai jamais vu un virus qui choisissait tel ou tel groupe humain. Bien évidemment, ça touche tout le monde », ajoute-t-il.

Des appels au civisme et à la vigilance

Au-delà des discours pseudo-scientifiques qui sèment la confusion dans les esprits des populations, une autre difficulté de taille est pointée par la presse africaine. Il s’agit du non-respect des mesures mises en place par les autorités dans différents pays du continent pour tenter de stopper la propagation du coronavirus. C’est le cas en Tunisie où les prières collectives, pourtant suspendues par les autorités, se poursuivraient dans certaines régions, comme si de rien n’était.

« Dans plusieurs régions du pays, des fidèles ont été filmés et photographiés, collés les uns contre les autres devant des mosquées fermées, pour prier », rapporte le site d’information Tunis Webdo.

Un peu partout en Afrique, les autorités appellent les populations à respecter les consignes données pour se protéger contre le virus. Certains gouvernements ont même mis en garde ceux qui propagent de fausses informations sur le coronavirus. Ils risquent d’être poursuivis en justice.

C’est le cas au Sénégal où certains n’hésitent pas à nier la présence même du virus sur le territoire national. Outre le Sénégal, le Maroc a lancé un appel à la vigilance face à la multiplication de telles informations. Le Royaume a assuré que « toutes les dispositions légales seront prises » contre ceux qui les diffusent, rapporte Apanews,

Tract.sn (avec média)

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