Décès à 56 ans d’Okwui Enwezor, mentor africain de l’art contemporain

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Il est décédé hier vendredi 15 mars. Vaincu par le cancer qu’il combattait depuis trois ans. Il était de nationalité nigériane et américaine. Okwui Enwezor était né en 1963 à Awkuzu au Nigéria, plus jeune fils d’une famille aisée d’Igbos, qui avait dû fuir le Nigéria pendant la guerre du Biafra. En 1982, après un semestre à l’Université du Nigéria, Enwezor déménagea dans le Bronx, à New-York. En 1987, il a obtenu un baccalauréat ès arts en sciences politiques de la New Jersey City University.

Quand Enwezor a obtenu son diplôme, il a déménagé dans le centre-ville et s’est mis à la poésie. Il s’est produit à la Knitting Factory et au Nuyorican Poets Café, dans le East Village. L’étude de la poésie d’Enwezor l’a mené à travers des formes artistiques basées sur le langage, comme l’art conceptuel, à la critique d’art. Faisant équipe en 1993 avec Chika Okeke-Agulu et Salah Hassan, critiques africains, il a lancé le journal triennal Nka: Journal d’art contemporain africain depuis son appartement de Brooklyn; « Nka » est un mot igbo qui signifie art mais signifie aussi faire, créer. Il a recruté des érudits et des artistes tels que Olu Oguibe pour éditer le premier numéro et écrire pour lui.

Après avoir monté quelques petites expositions dans des musées, Enwezor a fait sa percée en 1996 en tant que conservateur d’In / sight, une exposition de 30 photographes africains au musée Guggenheim. In / sight a été l’un des premiers spectacles au monde à placer l’art contemporain africain dans le contexte historique et politique du retrait colonial et de l’émergence d’États africains indépendant.

D’après la galeriste Kerstin Hengevoss-Dürkop, Okwui Enwezor participe à un mouvement qui juge l’art « à l’aune des catastrophes climatiques, des politiques migratoires et du conflit entre les sexes »dans les années 1990[4].

Okwui Enwezor a été le directeur artistique de la Biennale de Gwangju en Corée du Sud, ainsi que de plusieurs expositions internationales, notamment la Documenta 11 de Cassel en 2002. Il modifie la forme traditionnelle de cette manifestation, en lui donnant un caractère nomade : des expositions avec des artistes également présents à Cassel étaient montrées dans différents lieux de la planète, avec une thématique en lien avec chaque région, comme la justice en Inde.

En 2012, il est commissaire d’exposition général de la 3e édition de la triennale d’art contemporain, intitulée Intense Proximité[5], au Palais de Tokyo et dans plusieurs autres lieux à Paris et de la région parisienne. Okwui Enwezor et les quatre commissaires associés (Mélanie Bouteloup, Abdellah Karroum, Émilie Renard et Claire Steabler) ont été en charge d’imaginer ensemble le programme d’expositions, de publications et de rencontres. Les choix artistiques y explorent des espaces où l’art et l’ethnographie convergent. Selon le commissaire général Okwui Enwezor, « la proximité est un des syptômes de la mondialisation »[6].

En 2015, Okwui Enwezor est commissaire de la 56e Biennale de Venise, All the World’s Futures (Tous les futurs du monde), au cours de laquelle le Lion d’Or de la Meilleure artiste a été décerné à l’américaine Adrian Piper, et à l’artiste ghanéen El Anatsui. All the World’s Futures a rassemblé également des œuvres de Tiffany Chung The Syria Project, de Barthélémy Toguo, de l’artiste chinois Qiu Zhijie, de l’artiste nigérien Emeka Ogboh, de Lorna Simpson, de Katharina Grosse Day-Glo wasteland, et de Sarah Lucas I Scream Daddio, pour le Pavillon britannique, entre autres.

 

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