Djizz Sarr, sublime mannequin toucouleur et complèt’mandingue

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[Tract] – Son cousin lui avait trouvé le surnom. Parce que toute jeune, fille douce, agréable à regarder par son monde qui, à défaut de la pouponner, lui transférait tous les beaux qualificatifs. Elle était un « condensé » d’attirance, d’attraction… On lui administra ce nom magique : Djiz Sarr. 

 

Née à la Médina, en décembre 1997, d’un père Halpulaar et d’une mère Malinké, Djiz, de son vrai nom Adja Sarr, est restée cette captivante jeune fille « ethno-métisse » qui adore regarder droit et marcher sur les podiums de la destinée. Elle a laissé déchoir sa timidité de la petite enfance dans quelque ruelle de son quartier, pour dompter ainsi sa plastique en lui offrant sa totale splendeur, l’instant d’un défilé de mode dans les grands palaces du Sénégal.  

Et le monde la découvre, dans toute sa douce hargne, présentant modèles, tenues et tailleurs de plusieurs couturiers de ce pays qui l’a vue naître et grandir. Une petite revanche pour celle qui a eu une « enfance calme, alors franchement timide ». Elle l’avoue, la voix joyeuse : « J’étais tout le temps enfermée parce que ma maman n’aimait pas que je sorte sans raison dans notre quartier populaire qu’est la Médina ». Voilà pourquoi beaucoup de gens se sont étonnés de sa transformation, cet engagement à pouvoir défiler et faire des étincelles, avec son teint d’ébène rayonnant sur 1m72, sans complexe, ni panique.  

Le destin peut parfois être curieux pour Djiz qui n’osait regarder personne dans le blanc des yeux, et n’avait trouvé intéressant, sur une page de sa vie, d’user ses culottes à l’école. Après le cursus « primaire dans le privé à la Médina », elle aborde le secondaire, la tête déjà en l’air.  « Je n’étais pas nulle, j’avais de bonnes notes », elle avoue. Mais, c’est qu’elle aimait faire l’école buissonnière, la petite. « Je n’aimais pas l’école, c’est plutôt l’école qui m’aimait », philosophe-t-elle pour nous dire que dans sa tête, elle se voyageait déjà propulser dans le monde des mannequins fourmillant dans les défilés de mode, par la magie de la télévision.  

« J’ai toujours adoré le mannequinat et je le disais à ma mère qui, contre mon option, me rétorquait toujours que jamais je ne ferai ce métier », révèle Adja Sarr. Aujourd’hui, elle se dit, dès fois, que ce rêve de devenir mannequin lui a fait dévier du chemin de l’école.  

Alors, elle a quand même réalisé son… rêve, « même si au départ c’était difficile pour faire le accepter à mes parents ». Surtout à sa mère, son père étant décédé quand elle avait juste deux ans.  

L’ambiance familiale, « très agréable », ne lui a pas trop fait sentir l’absence de ce papa qu’elle n’a pas connu. « On était que quatre personnes dans la maisonnée : ma mère, ma tante, ma grand-mère. Je n’ai pas vécu dans une grande famille. Mes autres parents, frères et sœurs de même père, étaient aux Hlm…», fait noter la charmante fille restée l’unique enfant de sa mère. 

 

Pourtant, cette solitude la poussait à aller souvent passer des jours aux HLM, retrouver d’autres gamins de son âge, parce qu’à la maison de la Médina, chez sa mère, elle était la seule adolescente. Et les liens de sang sont plus forts que tout. « Mes frères et sœurs sont tout pour moi. C’est mon monde, c’est ma fierté. Oui, on n’a que sa famille », fait-elle retenir. Chut, elle nous murmure, en passant, que parmi ses plus grands souhaits figure celui « de faire repartir sa grand-mère à la Mecque avec ses propres moyens, mais aussi construire pour chacune d’elle, une belle villa »

Aujourd’hui, elle a grandi, Djizz. Et, le regard coquet, la démarche chaloupée, elle peut se permettre de verser dans une « bonne ambiance professionnelle » de l’image, des séances de shooting photographique dans une espace kaléidoscopique, au bord d’une plage où la brise mijote, par moment, le tableau féérique d’une sirène jaillissant des eaux, le corps ruisselant… On arrête, pour la laisser exulter : « Ah, l’image parle ». Elle trouve que les expressions données par les prises de photos sont « magiques » et reflètent, un décor insoupçonné autour de nous. 

Ces sensations, elle aimerait les retrouver ailleurs, au-delà de la ville. « J’adorerai vivre à la campagne. Oui, on est née en ville, on est en ville, on y vit.  Alors, je suis pour la découverte d’autre chose, retrouver la tranquillité d’autres espaces de vie », envisage Djiz Sarr.    

Quand elle ne travaille pas, le joli corps agréablement confiné dans les contours d’un pantalon jean, la texture d’un tee-shirt et la souplesse des baskets, elle opte rester à la maison pour savourer la tranquillité qui l’a toujours magnifiquement façonnée. Si, également, elle ne pratique pas du sport, en faisant tressauter quelque popotin sur la Corniche, pour brûler des graisses et garder la forme. C’est pourquoi, elle adore l’été pour suer à grande eau et, le soir, s’habiller, à l’occasion, d’une robe class faisant ressortir sa séduisante petite taille. Ça, c’est bien Djiz, avec un bon Coca Cola suintant de fraicheur comme drogue douce. « Je sais que trop de Coca Cola, ce n’est pas bon. Mais moi, j’adore », affirme-t-elle, en avouant son autre péché mignon, gastronomique celui-là, le « thiébou diène ». Elle en raffole. 

Alors, à ce cours de la vie – qu’elle veut combler en décrochant des contrats en Europe, ou encore en se tenant devant le micro comme animatrice à la télévision -, si on lui permettait de revenir en arrière, Adja Sarr alias Djiz n’en changerait  rien. C’est sa destinée.

 

Adèle Djitoma Diédhiou

Tract