En Conseil des ministres, mercredi dernier, le président Sall, a demandé au ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop de diligenter la mise en œuvre de la Convention collective du secteur de la presse. Ce qui est certes une avancée, considèrent le SYNPICS et le CDEPS. Mais pour les deux organisations, syndicales et patronales de la presse, le gouvernement doit faire beaucoup plus, pour plus d’efficacité. C’est d’appliquer d’abord le Code de la presse, qui est la plus grande urgence.

Selon le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal (SYNPICS) Bamba Kassé, « il y a plus urgent. C’est l’application du Code de la presse. Car, nous avons besoin de plus d’efficacité.  Parce que, si aujourd’hui, il y a un décret qui est dans le circuit, un décret qui va déterminer qui est entreprise de presse et qui ne l’est pas, et si on part du principe que la Convention, elle lie les entreprises de presse aux employés, donc vous comprendrez aisément que ça ne servirait presque pas à grande chose d’appliquer la Convention collective maintenant, sans savoir si demain les critères qui déterminent une entreprise de presse vont changer où pas ».

Bamba Kassé de noter que « le préalable pour que la Convention collective puisse être appliquée correctement, comme l’a demandé le chef de l’Etat, c’est que les décrets d’applications du Code de la presse soient d’abord pris ».

Dans la même veine, Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), soutient que « malheureusement, ce Code de la presse qui devait créer un nouvel environnement juridique, un nouvel environnement économique et social dans le secteur de la presse, ce nouveau Code de la presse est une coquille vide ».

« Jusqu’à ce jour où nous parlons, aucun texte d’application n’a été pris pour donner un contenu au Code de la presse », se désole-t-il en indexant par la même occasion le président de la République qui doit signer les décrets.

A en croire le patron du journal « Stade », « la situation est déplorable, en ce sens qu’il y a des textes fondamentaux qui devaient être prit, tel que le décret sur le statut de l’entreprise de presse, la loi sur la publicité, la loi sur la ARCA qui va remplacer le CNRA. Et donc, un certain nombre de textes qui n’ont pas été pris ».

« Il y a aussi ce texte très important qui est la création d’un Fonds d’appui et de développement de la presse, qui est une sorte de banque pour les entreprises de presse. Donc, en l’absence de tous ces textes, demander l’application de la Convention collective est une sorte de non-sens », pointe-t-il.

Dans tous les cas, les professionnels des médias attendent « un meilleur traitement et des conditions de travail irréprochable ». Du coup, pour ces acteurs des médias « l’impératif, c’est les décrets d’application du Code la presse qui sont le préalable, avant de poser la question de la Convention collective ».

Aidara KARARA

Tract

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