|Environnement] Cameroun: exploitation forestière illégale

Tract – En marge de la Cop 27, du 06 novembre au 18 novembre 2022 en Égypte, l’association Camerounaise « For Greening » a lancé au Cameroun une campagne, appuyée par une pétition, pour dire « stop à l’exploitation forestière et le trafic illicite des espèces sauvages. »

 

Carton rouge contre l’exploitation et le trafic illicite des espèces sauvages et forestières au Cameroun. Tel est le leitmotiv de la campagne lancée, il y a quelques jours, par « For Greening ». Pour atteindre une cible élargie, cette association, qui a à sa tête l’écrivain et activiste environnemental Baltazar Atangana, a décidé de faire entendre son cri d’alerte à travers la mise sur pieds d’une pétition à l’attention du gouvernement camerounais et de l’ensemble des sociétés d’exploitation forestières sur le territoire camerounais. « Nous pensons que cette exploitation forestière illégale entraînera une dégradation du milieu de vie des populations autochtones et locales favorisant ainsi une insécurité alimentaire tout en accélérant la résurgence des zoonoses », explique le directeur de l’association camerounaise For Greening.

C’est une campagne qui rejoint l’action menée par plusieurs organisations de la société civile au Cameroun non seulement pour renforcer la justice environnementale en milieu rural, mais aussi pour lutter contre les activités illégales d’exploitation forestière par des sociétés d’exploitation dans certaines zones, à l’instar de Campo-Ma’an dont les populations locales et autochtones sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire et à l’expropriation de leurs domaines fonciers, causée par le non-respect des normes d’intervention en milieu forestier par les exploitants forestiers.

A date, de nombreuses personnes sensibles aux questions environnementales ont déjà apposé leurs signatures pour porter plus haut ce combat contre l’usage illégale du patrimoine forestier du pays. « Soutenir cette campagne représente l’expression d’une citoyenneté responsable à travers la justice environnementale », a écrit un signataire.

 

Îlots de chaleur

Toujours dans le même registre, « il s’agit de penser à la génération future, leur léguer un monde comme celui qu’on a connu. Avec un climat et des saisons imperturbables », peut-on lire dans cette pétition dont les initiateurs ont reçu les soutien et les encouragements du pôle Afrique de l’Organisation non gouvernementale (Ong) de renommée internationale Greenpeace. Outre ces dénonciations, le respect du cadre juridique relatif aux activités forestières au Cameroun est majoritairement encouragé. D’autant plus qu’un éventail de textes encadre le domaine au Cameroun.

En dépit de cette sécurisation juridique qui semble être bafouée sur le terrain par les exploitants aux dires de nombres experts dans le domaine de la régulation- voir l’étude : problématique  de l’exploitation illégale dans les forêts du domaine national (SAILD :2022)- les populations locales en particulier sont à la merci des îlots de chaleurs entre autres.

« Depuis quelques années, nous constatons un bouleversement des saisons, des îlots de chaleur, des extrémités aux niveaux des températures et bien d’autres. Le respect de la réglementation en ce qui concerne l’exploitation forestière pourrait diminuer ces effets des changements climatiques que nous ressentons actuellement », suggère un autre signataire de la pétition.

Globalement, à travers cette campagne, For Greening compte mettre sur pieds au Cameroun des initiatives visant à soutenir et à renforcer la justice environnementale en milieu rural en faveur des populations locales et autochtones, les principales victimes de l’exploitation forestière illégale.

Par Crescence Yolande AKABA