« Fraudes » : Soumaïla Cissé concède de fait sa défaite avant les résultats

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L’ET DIT TÔT D’O.N.G – Il n’y aura donc pas de suspense de plusieurs jours dans l’attente des résultats officiels, sinon provisoires, du second tour de la présidentielle malienne. En contestant publiquement hier lundi d’ores et déjà les résultats, dès le lendemain du vote de dimanche,  Soumaïla Cissé concède de fait sa défaite. S’il a eu, comme de normal, un représentant dans chaque bureau de vote, il est dans le secret des dieux dogons et connait déjà son score à ce grand oral de la présidentielle. Dans la foulée, Cissé appelle les Maliens « à ses lever » et  à ne pas accepter un Président « élu par la fraude ». L’ancien Président de la Commission de l’UEMOA est donc clairement dans un troisième tour, aussi bien pour se préserver des résultats honorables aux futures élections législatives qui suivront que pour peser dans la gouvernance publique du Mali, y compris éventuellement en forçant IBK a l’associer à son nouveau mandat.  «J’en appelle à tous les Maliens à se lever […] Nous n’accepterons pas la dictature de la fraude», a lancé à ses partisans l’ancien ministre des Finances âgé 68 ans, du balcon de son siège de campagne, ce lundi. «La fraude, elle est avérée, c’est pour ça qu’il y a des résultats que nous n’accepterons pas. Ceux qui ont fraudé, c’est ceux qui embrasent le pays», a ensuite dit à un groupe de journaliste M. Cissé, qui a été crédité de 17,78% des voix lors du premier tour le 29 juillet, contre près de 42% au président sortant.

Embrasement : Soumaïla Cissé a dit le mot qui fâche. Il veut manifestement un troisième tour dans la rue, qui rendrait le Mali ingouvernable jusqu’à un hypothétique accord de gouvernement entre IBK et Soumaïla, au profit de ce dernier qui a tout intérêt à cornériser Modibo Diarra dans l’opposition. Le dauphinat d’IBK est en effet désormais ouvert pour 2024. Pourquoi Soumaila Cissé n’y postulerait pas ? Après avoir échoué à maintenir au second tour IBK à ce score de 41% au premier tour, qui rappelons –le, avait été funeste à Abdou Diouf en 2000 au Sénégal face à Abdoulaye Wade, Cissé n’a plus beaucoup d’options s’il veut conserver un avenir politique.

Car la voie est étroite pour Cissé. Il est notamment menacé dans le leadership prochain de l’opposition malienne par l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, qui aura sans nul doute contribué à le faire battre, à l’unisson du milliardaire arrivé troisième Aliou Diallo, tous les deux étant restés aphones en ce qui concerne une consigne de vote au second tour. Diarra étant allé jusqu’à comparer le choix entre IBK et Cissé entre celui entre la peste et le choléra. Le troisième de la présidentielle Diallo retournera certainement à ses prospères affaires. Soumaila a donc perdu la présidentielle et il lui faut âprement disputer le leadership de la future opposition avec Modibo Diarra. Tabou des élections présidentielles africaines, le vote ethnique doit aussi être pris en considération : plusieurs interlocuteurs maliens de l’auteur de ces lignes laissent entendre que le Peulh Aliou Diallo tout comme le Bambara Modibo Diarra (comme IBK l’est) ne voulait pas du casting Cissé, Sonrhaï né à Tombouctou, d’une ethnie très minoritaire au Mali donc. Si cela est avéré, c’est triste pour le Mali.  

L’oraison funèbre de cette défaite anticipée de Soumaila Cissé est dite par les 45 observateurs de l’Union africaine (UA), qui ont estimé que «cette élection s’est déroulée dans des conditions acceptables», selon leur rapport préliminaire déposé hier lundi. La mission électorale de l’UA a félicité «le gouvernement malien pour les efforts supplémentaires d’amélioration et de sécurisation du processus», avec une baisse notable des incidents au deuxième tour par rapport au premier.

Ousseynou Nar GUEYE

 

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