Ingérence ? La France trouve Trump  »irresponsable » de refuser la défaite

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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian « partage » les propos du président américain élu Joe Biden, qui a dénoncé jeudi l’« incroyable irresponsabilité » de Donald Trump face à son refus d’accepter sa défaite aux élections du 3 novembre.

« Nous sommes dans une phase que Joe Biden dit être d’une « incroyable irresponsabilité », et je partage ce propos de Joe Biden. Je constate que la déclaration de Joe Biden correspond à la réalité », a affirmé dimanche le chef de la diplomatie française dans l’émission « Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI », dans un rare commentaire sur les affaires intérieures américaines.

Le ministre français a néanmoins dit croire en la « solidité de la démocratie américaine, qui sera au rendez-vous ».

Evoquant les « recours engagés par l’équipe de Donald Trump pour s’assurer, dans des Etats où les scores étaient un peu justes, s’il n’y avait pas eu mauvais comptage », M. Le Drian a rappelé que ce type de démarche avait « déjà eu lieu », en Floride lors de l’élection américaine de 2000.

Mais « là où ça va devenir plus compliqué, c’est autour du 8 décembre, au moment où les Etats vont désigner les grands électeurs (…) et là on apprend qu’il y aurait des pressions pour ne pas reconnaître le résultat tel qu’il avait été acté », a souligné M. Le Drian.

« Je n’ai pas à m’insérer dans la politique américaine », a-t-il tempéré, en estimant que « les Américains sont suffisamment majeurs pour prendre leurs responsabilités à cet égard et je constate que Joe Biden l’a fait ».

Le président américain élu a fustigé jeudi « l’incroyable irresponsabilité » de Donald Trump et ses « messages incroyablement préjudiciables envoyés au reste du monde sur le fonctionnement de la démocratie » en refusant de s’avouer battu.

Sur le plan des affaires étrangères, « je n’ai pas constaté de volonté de politique de terre brûlée » de la part de l’administration Trump, a par ailleurs souligné dimanche M. Le Drian, après avoir rencontré il y a une semaine à Paris le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

« Il n’empêche que sur quelque sujets il faut faire preuve d’une grande précaution », a-t-il prévenu, en évoquant notamment l’Irak, où Washington mène une coalition internationale contre le groupe Etat Islamique, et dont Washington menace de se retirer.

« Ce qui serait difficile, c’est de constater dans les deux mois qui viennent que des postures de politique internationale soient prises par les Etats-Unis qui remettraient en cause des engagements collectifs », a-t-il conclu.

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