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[INTERVIEW] Le festival de cinéma ‘Vues d’Afrique’ ouvre à Montréal, Halimatou Gadji ‘maîtresse d’un homme marié’ en est la marraine

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Ouverture du festival de cinéma africain Vues d’Afrique: «Il y a une transmission de flambeau»

Vues d’Afrique, le rendez-vous incontournable du cinéma africain en Amérique du Nord, a ouvert ce jeudi 20 avril ses portes à Montréal, au Québec. Le film d’ouverture Hommage d’une fille à son père de la Malienne Fatou Cissé donnera le « la » à une programmation affichant 109 films de 39 pays, dont quatre premières mondiales, et confirme l’avènement d’une jeune génération de cinéastes africains. Entretien avec Gérard Le Chêne, président et cofondateur du festival, sur Rfi..

Quel est pour vous le plus grand enjeu de cette 39e édition du festival Vues d’Afrique ?

Gérard Le Chêne : C’est d’atteindre la 40e édition [rires] ! C’est de donner une bonne représentation à l’ensemble de la production du continent africain. L’objectif de Vues d’Afrique a toujours été de montrer les réalités sociales et culturelles du continent africain et de ses grandes diasporas comme les Caraïbes. Aujourd’hui, il y a vraiment l’embarras du choix. Le plus grand défi était donc de faire la sélection.

Parmi les 109 films sélectionnés dans les différentes catégories, y avait-il une dominante thématique qui vous a surpris cette année ?

Oui, c’est le thème des traumatismes. Des traumatismes à la suite d’épreuves. Cette année, on présente une rétrospective de la réalisatrice franco-italienne Cécile Allegra, lauréate du prix Albert Londres. Son nouveau film Le Chant des vivants porte très exactement sur ce thème, sur cette difficulté des gens ayant subi un traumatisme de s’exprimer. Ils estiment que leur traumatisme est intransmissible, c’est-à-dire que ce n’est pas la peine d’en parler, parce que les gens ne le comprendront pas, parce que c’est trop difficile, parce qu’ils ne veulent pas infliger ça aux autres… Cette année, beaucoup de cinéastes étaient sensibles à cette problématique. Pour cela, nous avons même décidé d’organiser un colloque international abordant le thème « traumatismes et cinéma », avec la participation de plusieurs réalisateurs et réalisatrices.

Les films viennent de 39 pays : Algérie, Angola, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Guinée, Maroc, Ile Maurice, Ouganda, Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Tunisie… Dans quelle région africaine se trouve aujourd’hui la plus forte dynamique dans la production cinématographique ?

Concernant la production francophone, comme toujours, c’est le Maghreb, le Maroc au premier lieu, qui a une forte production. Mais, notre objectif est vraiment de donner un panorama de l’ensemble de la production du continent africain. Il y a vraiment des films de partout, c’est vraiment à l’échelle du continent. Par rapport à la production quantitative des pays, on pourrait faire un festival Maghreb-Afrique du Sud qui sont les plus grands producteurs.

Au-delà de présenter un panorama, vous annoncez aussi quatre films en première mondiale. Comment avez-vous découvert La Beauté irrésistible de la réalisatrice rwandaise Ines Umuhire Nyiarama ?

Je ne la connaissais pas, on va faire sa connaissance. C’est son premier long métrage. Nous avons un réseau de festivals à l’échelle du continent, avec lequel nous avons bâti ce festival. Depuis le début, c’est-à-dire depuis 39 ans, nous sommes jumelés avec le Fespaco au Burkina Faso, mais il y a aussi le Festival international de cinéma africain de Khouribga au Maroc, le FIFF de Namur en Belgique, le Festival international du film d’Amiens en France, et nous allons célébrer le jumelage avec le festival Mashariki au Rwanda que nous avons déjà célébré en 2019, à Kigali, mais ensuite, il y a eu la crise sanitaire… À l’occasion de cette édition de Vues d’Afrique, il y aura la signature à l’hôtel de ville à Montréal. Et la présence du film de la réalisatrice rwandaise Ines Umuhire Nyiarama est la suite de ce jumelage.

Lors de la présentation de la sélection du Festival de Cannes 2023, le directeur général Thierry Frémaux avait signalé la percée d’« une jeune génération de cinéastes africains, dont beaucoup de femmes ». Avez-vous fait cette année le même constat au festival Vues d’Afrique ?

Oui, mais cela fait quelques années qu’on le ressent et le découvre. Et notre responsable de la programmation veille beaucoup à ce qu’il y ait une représentation équilibrée [42 % des œuvres présentées ont été réalisées par des femmes, NDLR]. Mais c’est un fait, il y a beaucoup de femmes et il y a une relève. Notre film d’ouverture va être Hommage d’une fille à son père de Fatou Cissé qui rend hommage à son père, le cinéaste malien Souleymane Cissé. C’est donc l’exemple type d’une relève. Il y a une transmission de flambeau tout à fait emblématique.

Une des particularités de votre festival est la programmation de séries web et TV. Quelle est la relation du festival Vues d’Afrique avec des plateformes comme Apple, Amazon ou Netflix ?

Notre section « Séries » est surtout une fenêtre sur les séries africaines qui sont maintenant vraiment de très bonne qualité, très intéressantes et extrêmement populaires. D’ailleurs, Halimatou Gadji, vedette de séries africaines, est cette année la marraine du festival. Elle va animer des séances consacrées à un coup d’œil à des séries en Afrique qui sont aussi très connues au Canada.

Avez-vous déjà une idée de la fréquentation attendue du Festival ? Le public, est-il de retour dans les salles au Québec ?

La timidité du public, c’était surtout l’année dernière. Cette année, il y a un appétit à se retrouver. Tout le monde a très envie de se retrouver pour de vrai. La particularité de notre public est qu’il est vraiment extraordinairement varié. Il y a non seulement les communautés concernées, mais aussi le grand public. Il y a une curiosité, une ouverture sur le monde. Je crois qu’il va être au rendez-vous.

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