Le médecin congolais découvreur du protocole Covid-Artemisia invité à rentrer d’exil par le président Tshisekedi

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Il a été invité à rentrer à Kinshasa. Il devrait y être accueilli en héros, lui qui a dû fuir son pays pour se réfugier en France. Aujourd’hui, c’est à la demande du président de la République Félix Tshisekedi, que le jeune  Dr Jerôme Munyangi, celui qui a trouvé la combinaison anti-coronavirus par la plante artémisia, va bientôt regagner le Congo, s’il répond positivement à l’offre du chef de l’État congolais. Retour sur les péripéties du combat du jeune chercheur depuis un an.

Un documentaire (en janvier 2019) sur le « business » et la guerre des laboratoires contre la médecine naturelle, une phrase du Dr Jérôme Munyangi et tout bascula. En effet, dans le documentaire Malaria business, il déclare qu’une étude sur 1 000 patients avait prouvé que les tisanes d’Artemisia étaient plus efficaces que les médicaments conventionnels contre le paludisme, les ACT (combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine), recommandés par l’OMS.

Dès lors, sa vie était en danger. Comme cela est arrivé au moins une fois pour ce qui a été fortement médiatisé quand un chercheur africain a annoncé une découverte dans le domaine de la santé. Notamment, le triste souvenir de la mort du Ghanéen Nanan Koffi Drobo II, qui disait qu’il avait trouvé un remède contre le SIDA.

Et ça n’a pas raté : un mois seulement après cette affirmation, alors qu’il revenait d’une session de l’Union africaine à laquelle il a participé en tant que chercheur, Dr Jérome Munyangi est arrêté à Kinshasa. Il subit deux jours de garde à vue « sans savoir les motifs de son arrestation ». Il racontera après qu’il a été torturé. « J’ai été fouetté, frappé avec des crosses de fusil par mes gardiens et mes avocats ont été chassés par la force.»

Environ un mois plus tard, il est de nouveau arrêté, le 16 mars. Mais le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police nationale, expliquera à Jeune Afriqueque « le registre d’écrou du sous-commissariat le plus proche de son hôtel ne mentionne rien sur cette affaire à cette date ». Grâce à l’intervention de Paul Nsapu, secrétaire général de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Jérome Munyangi parviendra à fuir son pays.

Il ira d’abord se réfugier quelque temps en Centrafrique. Et là, grâce au soutien de l’association La maison de l’Artemisia avec laquelle il collabore depuis 2016 et avec l’appui du député français Stéphane Demilly, il obtient, à l’ambassade de France en Centrafrique, un visa qui lui permettra de faire une demande d’asile en territoire français. C’est le 18 juin 2019, quelques mois après, qu’il arrive en région parisienne. Aussitôt, il introduit sa demande.

La Maison de l’Artemisia, une association humanitaire française de lutte contre le paludisme par les plantes Artemisia annuaet afra, possède des représentations dans plusieurs pays africains dont la RDC, le Cameroun, le Bénin, la Côte d’Ivoire, Madagascar. Et c’est la grande île qui sollicite le Dr Jérome Munyangi pour mettre au point son protocole Covid-artémisia. C’est ce qu’il fait. Et le résultat, on le connaît avec l’annonce faite par les Malgaches à propos de la tisane ‘’miracle’’, le Covid-organics.

Aussitôt après, le président congolais Félix Tshisekedi invite le Dr Munyangi à venir au pays pour poursuivre la lutte contre le coronavirus. Les négociations sont en cours, car le jeune chercheur veut des garanties pour sa sécurité. Tout comme le FIDH qui est monté au créneau également vu les conditions dans lesquelles Munyangi a quitté le pays l’année dernière.